Muriel Robin appelle le gouvernement à mieux agir contre les féminicides. Capture d'écran 8:02
  • Copié
Antoine Terrel , modifié à
Invitée d'Europe 1, la comédienne, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, appelle notamment à "une mobilisation d'urgence des services de police et de justice". 
INTERVIEW

Face au drame des féminicides, le gouvernement est appelé à agir. Alors que depuis le début de l'année, 70 femmes sont mortes sous les coups de leurs maris, un collectif féministe a appelé mercredi le président de la République à prendre "cinq mesures immédiates" pour lutter contre ce fléau, dans une tribune publiée dans Le Monde. Invitée d'Europe 1, la comédienne Muriel Robin, engagée dans la lutte contre les violentes faites aux femmes, regrette elle aussi le manque de moyens alloués aux associations et la mauvaise prise en charge des plaignantes dans les commissariats. "Il y a tout à faire et rien n'est fait", alerte-t-elle. 

"Ces crimes ne sont pas une fatalité, ils peuvent être évités", assure Muriel Robin, reprenant les mots du magistrat Luc Frémiot, qui a lancé mardi une pétition avec l'actrice Eva Darlan pour que l'Etat enquête sur les "manquements" qui ont conduit aux 70 morts. "Il faut faut identifier précisément les parcours et les manquements qui ont conduit aux meurtres de 70 femmes". 

"Sanctionner ceux qui n'ont pas bien fait leur travail"

Selon l'humoriste, un des manquements principaux est la mauvaise prise en charge dans les commissariats des femmes souhaitant déposer plainte. "Pourquoi on les renvoie chez elles alors qu'on sait que c'est là qu'elles sont le plus en danger", interroge-t-elle. Et d'ajouter : "encore faudrait-il que la plainte soit prise (...) quand une femme se rend dans un commissariat pour porter plainte, il lui est souvent demandé de déposer une main courante alors que c'est prohibé par la loi". Aussi, réclame Muriel Robin : "il faut une mobilisation d'urgence des services de police et de justice", et "sanctionner ceux qui n'ont pas bien fait leur travail"

Un rassemblement est prévu samedi à Paris pour demander la mise en place d'une politique de prévention des féminicides, à l'appel d'un collectif de familles et de proches de victimes. Au micro d'Europe 1, si elle concède "un mieux dans la prise de conscience" des violences faîtes aux femmes, Muriel Robin réclame des actions fortes de la part de l'exécutif. "Les autorités se trouvent dans une situation de non-assistance à personne en danger", martèle celle qui a interprétée Jacqueline Sauvage à la télévision. Avant de détailler quelques mesures concrètes : "plus d'argent pour les associations, les aider, prendre les plaintes, un Grenelle des violences faites aux femmes".