Evasion de Carlos Ghosn à bord d'un jet privé : "C'est quasi-imparable", assure un expert en sécurité aéronautique

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Photo d'illustration © FREDRIK PERSSON / TT NEWS AGENCY / AFP
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Comment Carlos Ghosn a réussi à s'échapper du Japon alors qu'il était en résidence surveillée ? Comment a-t-il déjoué les contrôles sécuritaires pour s'envoler au Liban alors qu'il était en attente d'un procès pour des soupçons d'abus de biens sociaux et de corruption active ? Un expert en sécurité aéronautique était l'invité d'Europe 1 mercredi.
INTERVIEW

Une semaine après l'évasion de Carlos Ghosn, les interrogations demeurent. L'homme d'affaires organise mercredi en début d'après-midi une conférence de presse, sa première prise de parole publique, depuis le Liban où il a trouvé refuge. L’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan est sous le coup de quatre chefs d’inculpation au Japon pour des malversations financières.

Placé sous résidence surveillée, Carlos Ghosn a réussi à s'échapper et à prendre un avion pour rallier le Liban, pays dont il a la nationalité. Le Franco-libanais a quitté le territoire à bord d'un jet privé, un choix qui ne doit rien au hasard. Qu'il s'agisse de la vérification des papiers d'identité ou de la fouille des bagages, les contrôles sont bien moins drastiques lors d'embarquement à bord de ce genre d'appareil.

Discrétion et liberté d'action

Entendu sur europe1 :
Parfois il y a une porte mais il suffit d'avoir la clef ou de fracturer le cadenas, ce n'est pas très compliqué. C'est possible et c'est quasi-imparable

Bertrand Vilmer, spécialiste en sécurité aéronautique, était invité d'Europe 1 mercredi pour livrer son expertise. Il prend en exemple l'aéroport de Toussus-le-Noble (Yvelines), proche de Paris, dont la configuration permet discrétion et liberté d'action : "Un petit avion qui se pose à Toussus-le-Noble, la nuit tombée, roule sur sa voie et s'arrête comme bien souvent pour un contrôle de procédure. La porte s'ouvre, une personne descend alors que quelqu'un d'autre l'attend de l'autre côté de la barrière de l'aéroport. La personne qui descend n'a qu'à sauter par-dessus la barrière et elle est dehors".

La manœuvre semble simple. Et une barrière élevée ou une porte cadenassée ne sont pas des obstacles sur ce genre d'aéroport : "Les barrières font un mètre, voire deux mètres. Parfois, il y a une porte mais il suffit d'avoir la clef ou de fracturer le cadenas, ce n'est pas très compliqué. C'est possible et c'est quasi-imparable".

Le commandant de bord intouchable

Quid du commandant de bord ? N'a-t-il pas des comptes à rendre ? Là encore, Bertrand Vilmer avance qu'une solution simple pour éviter tous soupçons existe : "Il n'a qu'à dire qu'il avait un doute sur un problème technique et qu'il a voulu s'arrêter pour vérifier. Personne ne lui reprochera jamais cela".

Carlos Ghosn, lors de sa conférence de presse, ne devrait pas s'attarder sur les modalités de son évasion. Il devrait plaider son innocence, se placer en victime d'un complot contre sa personne et dénoncer la justice japonaise.

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni, édité par Maxime Dewilder