EN VIDÉOS - "Gilets jaunes" : véhicules en feu, mobilier urbain dégradé, banque incendiée .... scènes de chaos à Paris

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Au cours de la troisième journée de mobilisation nationale des "gilets jaunes", des manifestants violents ont investi les rues et avenues du centre et nord-ouest de Paris, et se sont opposés aux forces de l'ordre, donnant parfois lieu à des scènes de guérilla urbaine. 
EN IMAGES

Après des échauffourées près des Champs-Élysées, des heurts s'étendaient samedi après-midi à plusieurs autres quartiers de Paris dans une grande confusion, en marge de la mobilisation des "gilets jaunes" qui rassemblait quelque 40.000 personnes à travers la France. 

En milieu d'après-midi, des manifestants violents ont investi plusieurs rues et avenues du centre et nord-ouest de la capitale, incendiant parfois des mobiliers urbains, croisant le fer avec les forces de l'ordre et donnant parfois lieu à des scènes de guérilla urbaine.

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Photo AFP. 

 

Des pompiers pris à partie lors d'une intervention boulevard Haussmann

Boulevard Haussmann, non loin des grands magasins, où quelque 300 manifestants étaient rassemblés, des personnes cagoulées ont pris à partie des pompiers venus éteindre des poubelles et véhicules incendiées, arrachaient des vélib' et érigeaient des barricades de fortune. "C'est la guerre", lâche, en pleurs, Sélim, un salarié d'une galerie d'art pris dans les échauffourées. 

Place de l'Opéra, ou surtout rue de Rivoli, qui relie la place de la Bastille à la Concorde en passant par Le Louvre, des centaines de personnes étaient elles aussi rassemblées dans un climat de très grande tension, essuyant les tirs de gaz lacrymogènes des forces de l'ordre et refluant au gré des interventions des policiers.

Le magasin Haussmann et les Galeries Lafayette évacuées

Dans ce contexte, le grand magasin, situé boulevard Haussmann, dans le 9ème arrondissement a été évacué, "par mesure de sécurité". Les Galeries Lafayette en ont fait de même. 

Boulevard Haussmann, une banque LCL a été incendiée. Des "gilets jaunes" ont aidé des riverains, qui habitent au dessus de la banque, à sortir de chez eux. Les pompiers sont intervenus. 

 

Échauffourées et tag à l'Arc de Triomphe

C'est sur les Champs-Élysées, sur le rond-point de l'Étoile, que les premiers heurts de la journée ont éclaté, vers 8h45, quand des manifestants ont, selon une source policière, tenté de forcer un barrage. Les forces de l'ordre ont alors répliqué par des tirs de lacrymogène.

Les échauffourées se sont d'abord concentrées autour de l'Arc de Triomphe, et notamment près de la flamme du Soldat inconnu, où des manifestants ont entonné une "Marseillaise". Un tag "les gilets jaunes triompheront" a été peint sur le monument.

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Photo AFP. 

 

 

Avenue Kléber, des manifestants aux commandes d'un camion-grue

Après ces premiers heurts, les manifestants ont reflué vers d'autres quartiers et dans des avenues adjacentes, notamment la prestigieuse avenue Foch où un tractopelle a été incendié et une remorque de chantier renversée. Sur cette avenue, les journalistes zigzaguaient aussi entre les carcasses de voitures incendiées. 

Avenue Kléber, d'autres manifestants ont pris possession d'un camion-grue et se sont dirigés vers les forces de l'ordre, selon un journaliste présent sur place : 

Toujours sur l'avenue Kléber, une banque a également été la cible de caillassage, ainsi qu'un magasin Chanel, dont les vitrines étaient protégées par des plaques. 

Aéroport bloqué à Nantes, préfecture assiégée au Puy-en-Velay

Samedi, le mouvement des "gilets jaunes" se poursuivait également en dehors de Paris, le plus souvent dans le calme. Mais pas partout... À Nantes, une cinquantaine de "gilets jaunes" ont fait irruption à deux reprises samedi matin sur le tarmac de l'aéroport de Nantes Atlantique, tandis que de brèves échauffourées ont éclaté à Strasbourg.

À Lorient, des manifestants bloquent un dépôt pétrolier depuis mardi dans le but d'assécher les réserves d'essence. Au Puy-en-Velay, en Auvergne, de nombreux "gilets jaunes" font le siège devant la préfecture de Haute-Loire depuis le début de l'après-midi. Le préfet s'est réfugié dans ses bureaux, selon le média local L'Éveil.  

À Charleville-Mézières, dans les Ardennes, de nombreuses dégradations ont été commises sur le mobilier urbain par 40 casseurs, alors que 500 à 600 personnes manifestaient. Quatre personnes ont été interpellées selon l'AFP, et six personnes ont été blessées dont quatre membres des forces de l'ordre. 

 A Toulouse, un face-à-face tendu opposait "gilets jaunes" et forces de l'ordre dans le centre ville.

Plus de 190 personnes interpellées à Paris

• Au total, 194 personnes ont été interpellées à Paris soit davantage que lors de la précédente action dans la capitale le 24 novembre, selon le bilan officiel. 80 personnes ont été blessées, dont 16 parmi les forces de l'ordre.

• 75.000 manifestants ont officiellement été recensés en France à 15 heures, dont 5.500 à Paris