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Actuellement à l'antenne

En directViolences urbaines : Sébastien Lecornu annonce avoir demandé aux préfets de «déclencher un certain nombre de couvre-feux»

Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi. Suivez notre direct.
L'UE dit que le droit à manifester pacifiquement "doit être protégé" et dénonce les pillages

L'Union européenne a appelé lundi la France à "protéger" le droit à manifester pacifiquement, tout en qualifiant d'"inacceptables" les pillages et incendies qui ont eu lieu au cours du week-end.

"Il ne faut pas assimiler les personnes qui manifestent pacifiquement à celles qui commettent des actes de violence", a souligné un porte-parole de la Commission, Markus Lammert.

"Les incendies volontaires, les pillages et les attaques contre les individus ou des bâtiments publics sont inacceptables", a-t-il ajouté.

Laurent Nuñez exclut une remise en cause de la tenue des prochains matchs de football

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a exclu lundi une remise en cause de la tenue des prochains matchs de football, alors que les forces de l'ordre sont fortement mobilisées face aux violences et aux pillages.

S'exprimant à Matignon lors d'un point de presse avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez a affirmé que "la question ne se pose pas pour le match de (mardi) soir entre le Paris-Saint-Germain et le Barcelone Football Club" à Paris "et pour d'autres matchs qui peuvent avoir lieu en Coupe d'Europe", notamment "à Lille". "Les matchs ne sont pas remis en cause", a-t-il insisté.

Sébastien Lecornu accuse "l'ultragauche" de vouloir "un désordre profond" jusqu'à la présidentielle

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a accusé lundi le "mouvement de l'ultragauche" de vouloir "organiser un désordre (...) profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle", après les violences du week-end en marge des mobilisations.

"Il y a toute une nébuleuse qui peut s'activer pour même remettre en cause le calendrier de l'élection présidentielle et la tenue de l'élection présidentielle", a-t-il assuré à l'issue d'une cellule interministérielle de crise. Il a affirmé qu'il tiendrait "un point spécifique" avec le ministre de l'Intérieur et les services de renseignement sur cette question.

"Sans doute 3.000 commerces au moins" ont été touchés, selon Serge Papin

Le gouvernement a annoncé lundi "qu'au moins 3.000 commerces" avaient été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end et qu'ils pourraient bénéficier de mesures de chômage partiel dès mardi ainsi que d'un "fonds de soutien spécifique".

"On a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain, on le fait tout de suite à 100% (...) Il n'est  pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a déclaré Sébastien Lecornu à l'issue de la cellule interministérielle de crise. "Nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces", a ajouté le Premier ministre car "bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël" et "il y a "un besoin de trésorerie". 

Les maires dénoncent des "actes prémédités" et veulent un changement dans le maintien de l'ordre

"Ecoeurés" et "révoltés", les maires de France ont dénoncé lundi des "actes très graves prémédités" après les violences qui ont touché samedi des mairies et ont appelé à "changer la doctrine d'intervention des forces de l'ordre".

"Ces actes très graves ont été prémédités et leurs auteurs, qu'ils soient des 'ultras' politisés ou des casseurs venus s'en prendre aux commerces, sont dangereux, organisés, armés, déterminés", écrit l'Association des maires de France (AMF) dans une déclaration transmise à la presse.

"Maires, conseillers municipaux, agents du service public, nous nous engageons tous les jours pour faire vivre nos communes dans la paix et l'unité. Nous sommes aujourd'hui écœurés et révoltés", écrit l'AMF.

"Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des actes qui vont bien au-delà du symbole. C'est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux: la paix civile et nos libertés publiques fondamentales", ajoute l'association, qui a appelé à des rassemblements ce lundi midi devant les mairies. Ils mettent en cause le maintien de l'ordre. 

Violences : des "mesures" mises en place "dès ce soir pour endiguer les casseurs", assure Laurent Nuñez

"Un certain nombre de mesures pour endiguer, empêcher d'agir les casseurs pilleurs" vont être mises en place "dès ce soir", a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

"On va encore renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain et notamment ce week-end", a expliqué Laurent Nuñez, lors d'un point presse aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu alors qu'une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi prochain. "Déjà hier (dimanche) soir, ça a un peu bougé dans Paris, dans certaines agglomérations régionales. Beaucoup de mobilité, beaucoup de réactivité. Tout ça, on va le mettre en place", a-t-il ajouté.

Violences : l'état d'urgence sera instauré "si c'est utile", mais les couvre-feux "paraissent davantage adaptés", dit Sébastien Lecornu

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Sébastien Lecornu annonce un "fonds de soutien spécifique" pour les commerces touchés

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Laurent Nuñez reporte son déplacement à Marseille

Laurent Nuñez a reporté son déplacement prévu lundi après-midi à Marseille, en raison d'une réunion avec le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement, a annoncé son entourage.

Le ministre de l'Intérieur devait se rendre à Marseille pour rencontrer le maire, les acteurs économiques et les forces de l'ordre. Laurent Nuñez "formule à nouveau tout son soutien au maire de Marseille, aux commerçants victimes des pilleurs et à l'ensemble des forces de l'ordre mobilisées sur le terrain", a ajouté son entourage.

Sébastien Lecornu annonce des mesures de "chômage partiel" dès mardi dans les commerces touchés

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Le Premier ministre dit avoir demandé de "déclencher un certain nombre de couvre-feu"

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de "déclencher un certain nombre de couvre-feux" lundi soir qui seront "partiels" et "localisés" afin de protéger notamment les commerces, après un week-end marqué par des scènes de chaos dans plusieurs villes.

La carte de ces couvre-feux devrait pouvoir être communiquée dans l'après-midi, après des discussions avec les maires concernés, a affirmé Sébastien Lecornu à l'issue d'une cellule interministérielle de crise.

Berlin condamne les violences en France, appelle ses ressortissants à la prudence

L'Allemagne a condamné lundi les violences en France, se disant "inquiète" après "les images vues à Paris ou Limoges" et a appelé ses ressortissants se trouvant dans ce pays à la "prudence".

"La violence dans la rue n'a pas sa place dans nos démocraties", a déclaré la porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, lors d'une conférence régulière du gouvernement à Berlin.

Elle a rappelé la mise à jour survenue dimanche soir des conseils aux voyageurs et consignes de sécurité du ministère allemand des Affaires étrangères pour la France: "Faites preuve de prudence et évitez les manifestations dans la mesure du possible".

"Les images que nous avons tous vues, que ce soit à Paris ou à Limoges, nous remplissent d'une grande inquiétude. C'est un très bon signe que la situation semble s'être quelque peu apaisée dimanche", a-t-elle ajouté.

Interrogé sur la capacité de la France à agir à six mois de l'élection présidentielle, le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius a répondu : "Bien entendu, la France est capable d'agir".

Ce week-end, des violences d'une ampleur inédite depuis plusieurs années ont éclaté en marge des manifestations contre la vie chère, avec des pillages, des incendies et des attaques contre des bâtiments publics dans plusieurs villes de France.

La maire de Denain (Nord) instaure un couvre-feu jusqu'à dimanche

La maire socialiste de Denain (Nord) Anne-Lise Dufour-Tonini a instauré un couvre-feu nocturne pour les mineurs comme les personnes majeures jusqu'à dimanche, après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 octobre.

"Cette mesure exceptionnelle s'appliquera du dimanche 18 octobre au dimanche 25 octobre 2026 inclus, chaque nuit de 21 heures à six heures du matin", a annoncé l'édile de gauche dans un communiqué publié dimanche sur Facebook.

Cet arrêté municipal "permet de concentrer la police sur les casseurs au lieu de les envoyer contrôler des gens qui sont là... pour voir" et ne concerne pas les gens qui se déplacent pour travailler ou les urgences réelles", a précisé Anne-Lise Dufour-Tonini.

Samedi 17 octobre, à Denain, "une cinquantaine de jeunes" ont "tenté de reproduire ce qu'ils voyaient à la télévision", notamment des "feux de poubelles, tentative de barricade, vitrines attaquées, mobilier urbain saccagé, caméras brûlées", a dénoncé l'élue.

"Nos policiers municipaux et nationaux ont été caillassés et visés par des tirs de mortiers d'artifice", a-t-elle ajouté.

Ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella ne participeront à la réunion des chefs de parti autour de Sébastien Lecornu

Le président du RN Jordan Bardella a annoncé lundi que ni lui, ni Marine Le Pen, ne participeraient à la réunion des chefs de parti autour de Sébastien Lecornu organisée après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 octobre.

Le Rassemblement national sera "très certainement représenté par l'un de ses vice-présidents", a précisé Jordan Bardella à propos de cette réunion évoquée par Emmanuel Macron dimanche soir, mais dont la date n'a pas encore été annoncée.

Lors de cette même conférence de presse, il a appelé le gouvernement à permettre aux membres du RN de participer "dans des conditions de sécurité saines et normales" au congrès du parti qui se tient le week-end prochain à Orléans.

Jordan Bardella s'en est une nouvelle fois vivement pris à LFI dont "l'ultragauche est devenue le bras armé". "L'ultra-gauche est le cancer de notre démocratie", a-t-il martelé.

Il a appelé "Jean-Luc Mélenchon et ses élus à condamner les violences, à sortir de l'ambiguïté et à dire s'ils se trouvent ou non du côté de la République et du côté des honnêtes gens ou du côté de l'insurrection et de la guerre civile".

Pour lui, "l'objectif de Jean-Luc Mélenchon, c'est pas d'être président de la République, c'est la guerre civile en France".

Au moins 145 gardes à vue en cours suite aux violences ce dimanche à Paris

Au moins 145 gardes à vue sont en cours lundi à Paris, après "diverses actions de dégradations, de pillages et de prise à partie des forces de l'ordre" dimanche et dans la nuit, a indiqué le parquet de la capitale.

Le bilan provisoire, établi à 08H00 du matin, fait état de 145 gardes à vue. De son côté, une source policière évaluait à 184 le nombre de gardes à vue, notamment pour 36 magasins dégradés, dont 33 pillés, et de 176 feux de voie publique, sur des poubelles ou encore des Vélib.

Bardella demande que les plateformes de revente en ligne coopèrent avec les enquêteurs

Jordan Bardella a demandé lundi que la coopération soit accrue entre l'Etat et les plateformes de revente en ligne afin "d'identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées" lors des pillages de commerces ce week-end.

"Les Français ne toléreront pas que des prédateurs s'enrichissent sur le dos de la communauté nationale avec les fruits de leurs razzias", a dénoncé le président du RN lors d'une conférence de presse en citant "les plateformes de type Vinted, Ebay, Leboncoin et autres". Gabriel Attal a également fait la même demande.

La coordination des gilets jaunes du 17 octobre annonce un "acte II" pour samedi prochain

La coordination de gilets jaunes à l'origine des manifestations samedi dernier en France contre le coût de la vie, qui ont viré au chaos dans plusieurs villes, annonce lundi matin un "acte II" avec de nouvelles actions pour samedi ainsi que pour le 31 octobre.

Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées.

Dimanche soir, "ce qu'on disait c'est qu'on essayait de se donner le temps et de construire (la mobilisation pour) le 5 novembre", jour où une intersyndicale appelle secteur public privé à manifester, "mais il y a clairement une énorme poussée pour qu'il y ait un Acte II", a expliqué à l'AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site.

Rassemblement interdit à Marseille entre 12h et 20h

Le compte officiel de la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône a fait savoir sur X que tout rassemblement est interdit ce lundi 19 octobre sur l'ensemble de la commune de Marseille, de 12h à 20h.

L'accès au Louvre bloqué par des étudiants "en soutien" au mouvement lycéen

L'accès au Louvre est bloqué lundi matin par des étudiants mobilisés pour exprimer leur "soutien" au mouvement des lycéens et dénoncer "la répression policière", a appris l'AFP auprès de la direction et de deux syndicats.

"Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde", clame un tract consulté par l'AFP et affiché aux abords du Louvre.

 

 

Selon la direction, ce mouvement mené par les étudiants de l'École du Louvre est sans lien direct avec le musée, qui est simplement utilisé "comme une chambre d'écho" et qui n'a pu ouvrir ses portes normalement à 9h.

Vincent Jeanbrun qualifie les violences "d'une forme d'insurrection" et d'une délinquante "nourrie par le narcotrafic"

Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a qualifié lundi "de forme d'insurrection" les violences en France et dénoncé une délinquance "nourrie par le narcotrafic" sur Sud Radio.

Le ministre, lui-même victime d'une attaque à son domicile en 2023 en tant que maire de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) lors des émeutes liées à la mort de Nahel, a jugé qu'il s'agissait d'un "phénomène insurrectionnel" avec une "volonté de s'attaquer à nos institutions".

"Notre pays a été blessé collectivement (...), blessé mais pas mort, notre pays tient debout", a-t-il ajouté. "Il faut avoir l'humilité de reconnaître que ce qui s'est passé samedi est nouveau", avec une conjonction de "manifestations" qui peuvent dégénérer en fin de cortège, de "pillages" et de "violences urbaines type guérilla".

Interrogé sur le fait de savoir si "une fraction délinquante de la banlieue" avait "mis à sac une partie de la France", M. Jeanbrun a répondu qu'il "y avait une petite partie de nos quartiers populaires qui abritent une forme de délinquance notamment nourrie par les narcotrafiquants".

Déclaration
Gabriel Attal demande à ce qu'on "fasse très vite des exemples"

Gabriel Attal a plaidé lundi pour que la police et la justice fassent "très vite des exemples" en allant interpeller les auteurs d'acte de violence identifiés et a plaidé pour une suspension temporaire des réseaux sociaux en cas d'émeutes.

"Il faut que les Français voient, 48 heures après le début de ces événements, que vous avez des personnes qu'on va chercher chez elles parce qu'elles ont été identifiées", a estimé le candidat Renaissance sur RTL.

"Il faut des exemples, il faut des images, et il y a la possibilité aujourd'hui d'aller chercher des personnes qui sont identifiées. Quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s'affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre", a-t-il jugé.

"Nous avons failli incontestablement", reconnaît Darmanin

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu lundi que les autorités avaient "failli incontestablement" face aux violences qui ont secoué le pays pendant tout le week-end, jugeant qu'il y avait eu "un défaut dans les renseignements".

"Nous avons failli incontestablement ce week-end", a déclaré M. Darmanin sur France 2 au lendemain des scènes de chaos et de pillages dans tout le pays. "Il y a eu un défaut dans les renseignements et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement", a-t-il ajouté, estimant que les services français ne savaient "pas lutter correctement contre l'ultra gauche".

"Des dizaines" de placements en détention provisoire, annonce Darmanin

Des dizaines de personnes ont été placées en détention provisoire en France à la suite des violences du week-end, a annoncé lundi le garde des Sceaux Gérald Darmanin sur France 2.

"Il y a eu 2.331 gardes à vue pendant le week-end, 70 % sont des majeurs, très souvent connus des services de police", dont "plus de 80 %" font l'objet de poursuites, et "il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille", particulièrement touchée par les violences, a déclaré M. Darmanin sur France 2.

"On dépassera les 2.000" commerces touchés, selon le président de CCI France

Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) a estimé lundi que l'on "dépassera les 2.000" commerces directement touchés par les violences du week-end dans le pays, évaluant les dégâts à "des centaines de millions d'euros".

Dimanche à 20H00, "on avait un premier pointage à 1.500 (commerces touchés, NDLR), mais sachant que (n'étaient) pas comptées certaines villes (...), on sera au moins à 10-20% de plus", a expliqué Alain Di Crescenzo sur RTL.

En outre, les violences "ont continué au moins dans quatre villes de France pendant la nuit", à "Paris, Marseille, Lyon et Nantes", a-t-il souligné, "donc on dépassera les 2.000, ça c'est quasiment sûr, pour des centaines de millions d'euros de casse".

Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), avait estimé dimanche à 1.500 le nombre de commerces touchés par les violences en France, pour une facture de centaines de millions d'euros.

350 interpellations dimanche et dans la nuit à Paris, annonce les autorités

Près de 350 personnes ont été interpellées ce dimanche et dans la nuit rien qu'à Paris, ont souligné les autorités ce lundi matin. 

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Laurent Nuñez reconnaît un "manque d'anticipation" dans la mobilisation des forces de l'ordre

Interviewé ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu un "manque d'anticipation" dans la mobilisation des forces de l'ordre lors des émeutes de ce week-end. Le locataire de la place Beauvau a remis sa démission dimanche soir au président de la République, qui l'a refusée.  "J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe", a-t-il expliqué. 

"Oui, il y a eu une perte de contrôle" de la police dans certaines villes, a par ailleurs admis Laurent Nunez.

"Nous ne lâcherons rien" pour retrouver les casseurs, assure la procureure de Paris

"Nous ne lâcherons rien" pour retrouver les personnes ayant commis des violences et pillages dans la capitale depuis samedi, en marge de la mobilisation massive du 17 octobre, a assuré lundi la procureure de Paris.

"Nous allons rester mobilisés autant de temps qu'il faudra" pour répondre à ces "actes odieux", a poursuivi Laure Beccuau au micro de TF1, notamment grâce à des investigations approfondies, sous la forme d'enquêtes préliminaires concernant "les faits les plus graves".

Laurent Nuñez a présenté sa démission à Emmanuel Macron qui l'a refusée

Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.

"C'est désolant" : Paris se réveille après une nuit de chaos

Bâtiments publics incendiés, magasins pillés, vitrines brisées, poubelles incendiées… le pays se réveille après un véritable cauchemar de violences. Ce lundi matin, à Paris, les traces des dégradations sont encore bien visibles. Dans les rues de la capitale, habitants et commerçants découvrent, impuissants, l’ampleur des dégâts notamment dans le quartier des Halles.

Parmi les premiers témoins de cette matinée, John, d’origine irlandaise, vit à Paris depuis plus de quarante ans. Face aux dégradations, il ne cache ni sa tristesse ni son incompréhension. Pour cet habitant, voir les rues de la capitale dans cet état est un véritable crève-cœur. "C’est vraiment désolant de voir une génération qui est capable de faire ça et de mettre la France par terre", déplore-t-il. Retrouvez notre article ici.

Quel est le profil des casseurs interpellés par les forces de l'ordre ?

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 2.397 personnes ont été interpellées. La plupart est majeure, près de 90% des émeutiers arrêtés. Des jeunes hommes qui ont entre 18 ans et la trentaine d'années. Et parmi eux, deux types de profils : des jeunes issus de quartiers sensibles, mais aussi des éléments radicaux d'extrême-gauche. 

""Ce qu'on a vu, c'est du pilleur d'opportunité. Et après, derrière, on a aussi des membres bien souvent d'ultra-gauche, dits blackblocs, qui eux sont des habitués de la confrontation, des professionnels qui viennent uniquement pour en découdre avec nos collègues. On n'est pas sur du lycéen ou du manifestant classique", note Hubert Gimenez, policier et délégué syndical Unité. Retrouvez notre article ici.

Sous pression, l'exécutif tente de reprendre la main après le chaos

Fragilisé et critiqué de toutes parts, l'exécutif va tenter lundi de répondre à la colère et aux craintes soulevées par sa gestion de la mobilisation du 17 octobre, qui a viré au chaos dans de nombreuses villes et tourne à la crise politique.

Sous pression, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a chargé dimanche les préfets de "protéger nos villes", jugeant "insupportable" le saccage des rues et des magasins, et a promis "toute la transparence" sur le dispositif sécuritaire, étrillé notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.

Samedi, dans le sillage de la mobilisation nationale pour le pouvoir d'achat, de nombreuses villes ont été secouées par des pillages, destructions et émeutes dont l'ampleur a sidéré le pays.

"Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre", a affirmé Emmanuel Macron, après cette journée qui s'est soldée par près de 2.400 interpellations. Près de 1.000 membres de forces de l'ordre ont par ailleurs été blessés, selon les autorités.

"Nous ressentons tous (...) de la colère, de la honte", a poursuivi Emmanuel Macron, par ailleurs soumis au feu nourri des oppositions à six mois de la présidentielle.

Couvre-feu pour les mineurs en Guadeloupe après des violences

Le préfet de la région Guadeloupe a instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.

Une interdiction de circuler pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d'un adulte exerçant l'autorité parentale, sera en vigueur de 20H00 dimanche (00H00 lundi GMT) à 06H00 lundi matin (10H00 GMT), selon un arrêté préfectoral.

Cette mesure vise "avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences", a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué.

Après les violences, professionnels du commerce et du tourisme en appellent aux pouvoirs publics

Au lendemain de scènes de vandalisme contre d'innombrables commerces dans plusieurs villes de France, dont la facture pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros, les secteurs du commerce et du tourisme ont appelé les pouvoirs publics à mettre fin aux violences et à accompagner les entreprises touchées.

Confrontés ces dernières années aux manifestations de gilets jaunes, à la pandémie de Covid-19 puis à des poussées inflationnistes augmentant leurs charges et limitant leur fréquentation, professionnels du tourisme et commerçants refusent d'être les "victimes collatérales" de ces violences, ont prévenu l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) et la Confédération des commerçants de France (CDF).

Vitrines brisées, rideaux de fer arrachés, magasins pillés, parfois incendiés, de Paris à Marseille et Lyon en passant par Saint-Etienne ou Nice... Cela pourrait être "le coup de trop" pour des entreprises déjà à la peine, craint le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France).

"La République doit protéger ses commerçants!", a plaidé dans un message publié sur LinkedIn le président de la fédération de la grande distribution (FCD), Alexandre Bompard.

Selon sa première estimation, qui couvre l'ensemble des commerces français, environ 1.500 magasins ont été la cible des violences de samedi, avec une facture qui "se chiffrera en centaines de millions d'euros".