Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé lundi 2.513 gardes à vue, beaucoup toujours en cours, et 67 personnes incarcérées depuis les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end.
Lors d'une interview sur TF1, le garde des Sceaux a également indiqué avoir envoyé "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée", qui permettra de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures et "faire des géo-localisations des écoutes téléphoniques qui vont nous permettre de savoir (...) où ils étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies".
Le préfet de police de Paris Patrick Faure a pris plusieurs arrêtés pour interdire les manifestations à partir de 20h ce lundi jusqu'à 6h mardi dans certains quartiers de la capitale et instaurer un couvre-feu dans des secteurs plus restreints dont la place de République à partir de 23h, selon la préfecture de Paris.
Le couvre-feu interdit "strictement toute présence dans les périmètres plus restreints" que ceux définis pour les interdictions de manifester, "de la place de la République et du secteur des Halles". "La sécurité de tous rend ces dispositions nécessaires pour rétablir la paix publique à laquelle une minorité de délinquants a gravement porté atteinte", a ajouté la préfecture de police de Paris.
Matignon a annoncé de premiers couvre-feux pour lundi et mardi à partir de 20h et jusqu'à 06h du matin dans quatre communes du Nord, dont Lille, avec l'accord des maires concernés. Ces couvre-feux, qui concernent aussi Douai, Denain et Wattignies, sont en cours de finalisation et vont concerner des "portions" de ces communes, a précisé la préfecture du Nord.
Le gouvernement français réunit lundi plusieurs plateformes en ligne pour exiger le retrait d'annonces de revente d'articles issus de commerces pillés, a indiqué sur X la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.
"Des articles volés ce week-end" à travers la France "sont proposés à la vente sur certaines plateformes", a assuré la ministre, qui a indiqué attendre un retrait "sans délai" des annonces concernées.
Des articles volés ce week-end sont proposés à la vente sur certaines plateformes. De tels comportements ne resteront pas impunis. Nous ne laisserons pas passer. Avec @SergePapin_rf, nous réunissons dès aujourd’hui les plateformes en question, en présence de représentants des ministères de l’Interieur et de la Justice. Nous attendons de ces plateformes qu’elles retirent sans délai les annonces en question. Elles seront par ailleurs amenées à collaborer étroitement avec les services de l’Etat pour que les revendeurs soient poursuivis.
— Anne Le Hénanff (@ALehenanff) October 19, 2026
Le gouvernement de Maurice a levé lundi le couvre-feu en vigueur chaque nuit depuis mardi dernier du fait d'une "évaluation favorable de la situation", après qu'une contestation populaire avait été suivie de violences pour lesquelles 188 personnes ont été arrêtées.
Maurice, où se déroulaient des manifestations notamment contre la pénurie d'eau et l'augmentation du coût de la vie, s'était embrasée après qu'un policier avait grièvement blessé samedi 10 octobre une femme par balle.
Des faits de "pillage, possession de substances explosives, non-respect du couvre-feu" ou encore "incendie ou dommages causés à des commissariats" avaient été recensés, selon le gouvernement.
D'après des chiffres communiqués à l'AFP par la police, 188 personnes ont été arrêtées au total en raison des violences.
"Le couvre-feu en vigueur ne sera pas reconduit à compter de ce jour", a annoncé lundi le bureau du Premier ministre Navin Ramgoolam dans un communiqué. "Cette décision fait suite à l'évolution favorable de la situation."
Les cours, suspendus jeudi et vendredi dans les établissements primaires et secondaires du pays, ont repris lundi.
La Chine a appelé lundi ses ressortissants voyageant en France à être vigilants face aux risques et à "renforcer leurs mesures de sécurité", après les violences qui ont embrasé le pays.
Le ministère des Affaires étrangères et l'ambassade de Chine en France ont appelé les Chinois se trouvant en France à "renforcer leur vigilance face aux risques, suivre de près l'évolution de la situation locale, renforcer les mesures de sécurité et éviter les zones de manifestation", selon la télévision d'Etat CCTV.
Les principales organisations étudiantes ont promis lundi de rester mobilisées, dénonçant un gouvernement "à côté de la plaque" au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, sans communiquer à ce stade de date en particulier.
Plusieurs campus étaient encore fermés lundi, comme certains de l'université de Lille, de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ou encore l'université Paris 8, entre autres, ont annoncé les universités sur les réseaux sociaux.
Lundi matin, des étudiants ont également bloqué l'accès au Louvre pour exprimer leur "soutien" au mouvement des lycéens.
"Emmanuel Macron dit : 'Ecouter les revendications de la jeunesse avec bienveillance et sans jugement', la réalité est qu’il n’a rien compris, rien écouté et n’en a que faire des revendications de la jeunesse", a fustigé dans un communiqué l'Unef, troisième organisation étudiante, jugeant que "le gouvernement répond à côté de la plaque".
"Les discussions annoncées par le président (Emmanuel Macron) ne serviront à rien si la seule issue donnée est l’élection présidentielle de 2027. La jeunesse n’attendra pas six mois", a-t-elle ajouté, promettant que "nous continuerons à descendre dans la rue".
Même son de cloche côté Union étudiante, qui assure qu'elle "rester(a) mobilisé(e) tant que des engagements concrets ne seront pas obtenus" et appelle "tous les étudiant·es à poursuivre l’organisation sur les lieux d’études et dans la rue".
Michel Picon, le président de l'U2P (entreprises et commerces de proximité), a appelé lundi à plus de répression policière contre les "voyous", exprimant son sentiment que les autorités ne veulent pas "faire de vagues" et laissent dégrader des biens.
"Les jeunes qui disent 'ça va pas dans mon lycée, je suis inquiet pour mon avenir' (...) ils ont raison et s'ils sont obligés de descendre dans la rue, il faut accepter ça", a-t-il dit à l'AFP.
Mais "à partir du moment où la manifestation est terminée" et où "les braves gens qui revendiquent leurs droits n'étaient plus dans la rue", "ceux qui restent là doivent avoir en face d'eux des méthodes beaucoup plus radicales, nous semble-t-il, sinon je ne sais pas comment on va s'en sortir", a-t-il plaidé, sans détailler les méthodes qu'il préconise. Car "ce sont des voyous", a-t-il estimé.
"Nous on a le sentiment d'un 'pas de vague', le syndrome Malik Oussekine qui serait susceptible de se reproduire et de déstabiliser l'Etat", a-t-il dit à l'AFP.
Un homme de 19 ans a été arrêté en passant devant le commissariat de Vienne (Isère), visage dissimulé et sacs remplis de vêtements, chaussures et bijoux volés lors des pillages de commerces samedi à Lyon, en marge de la manifestation, a indiqué lundi la police.
Dimanche en fin de matinée, des policiers qui sortaient du commissariat central de Vienne, attenant à la gare, tombent sur ce jeune, "visage dissimulé et porteur de plusieurs sacs", qui prend immédiatement la fuite en courant, raconte la même source, confirmant une information de la radio ICI Isère.
Le suspect est rapidement interpellé par un équipage un peu plus loin. Dans les sacs, les fonctionnaires découvrent des bijoux, vêtements, chaussures portant encore leurs étiquettes de magasins lyonnais et leurs dispositifs antivol.
Le jeune homme était toujours en garde à vue lundi à la mi-journée, selon la police. Celle-ci n'a pas précisé s'il était l'auteur du vol de la marchandise, ni le montant du butin, évalué à plus de 5.000 euros selon la Radio Ici Isère.
Samedi en marge de la mobilisation contre "la vie chère", 150 à 200 boutiques ont été vandalisées dans le centre de Lyon, selon la mairie, dont certaines partiellement ou entièrement pillées.
Le porte-parole du Premier ministre britannique Andy Burnham a qualifié lundi d'"inacceptables" les violences commises en France en marge des manifestations ce week-end.
"Clairement, les violences que nous voyons dans les rues de France sont inacceptables et si le droit de manifester est au cœur de la démocratie, cela ne peut jamais justifier la violence", a déclaré ce porte-parole lors du point de presse quotidien.
"Nous savons que les gens au Royaume‑Uni sont eux aussi inquiets du coût de la vie", a-t-il poursuivi, assurant que le Premier ministre travailliste Andy Burnham était engagé à "agir pour offrir un peu d'oxygène" aux gens "face au coût de la vie".
Il a aussi appelé les Britanniques vivant en France à "suivre les conseils des autorités" sur place.
Des violences d'une ampleur inédite depuis plusieurs années ont éclaté ce week-end en France en marge des manifestations contre la vie chère, avec des pillages, des incendies et des attaques contre des bâtiments publics dans plusieurs villes.
Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi devant l'Hôtel de ville à Paris, en présence du maire PS Emmanuel Grégoire, à l'appel de l'Association des maires de France (AMF) après les violences, pillages et incendies de bâtiments publics en marge de la mobilisation de samedi.
"Tant qu’il n'est pas donné de réponse politique à la crise, ça ne se résoudra pas", a déclaré à la mi-journée Emmanuel Grégoire, ceint de son écharpe d'élu, devant les participants dont ses conseillers et de nombreux journalistes.
"Il faut travailler à une plateforme de revendication plus précise pour poser les conditions d’une sortie de crise", a estimé le maire de Paris, appelant le Premier ministre Sébastien Lecornu à "se saisir de ce sujet et engager une négociation avec les organisations lycéennes, étudiantes et des salariés".
Plus tôt lundi, Emmanuel Grégoire avait lié les violences commises dans la capitale depuis samedi à une "forme de pourrissement de ce mouvement social organisé par le gouvernement".
L'Union européenne a appelé lundi la France à "protéger" le droit à manifester pacifiquement, tout en qualifiant d'"inacceptables" les pillages et incendies qui ont eu lieu au cours du week-end.
"Il ne faut pas assimiler les personnes qui manifestent pacifiquement à celles qui commettent des actes de violence", a souligné un porte-parole de la Commission, Markus Lammert.
"Les incendies volontaires, les pillages et les attaques contre les individus ou des bâtiments publics sont inacceptables", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a exclu lundi une remise en cause de la tenue des prochains matchs de football, alors que les forces de l'ordre sont fortement mobilisées face aux violences et aux pillages.
S'exprimant à Matignon lors d'un point de presse avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez a affirmé que "la question ne se pose pas pour le match de (mardi) soir entre le Paris-Saint-Germain et le Barcelone Football Club" à Paris "et pour d'autres matchs qui peuvent avoir lieu en Coupe d'Europe", notamment "à Lille". "Les matchs ne sont pas remis en cause", a-t-il insisté.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a accusé lundi le "mouvement de l'ultragauche" de vouloir "organiser un désordre (...) profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle", après les violences du week-end en marge des mobilisations.
"Il y a toute une nébuleuse qui peut s'activer pour même remettre en cause le calendrier de l'élection présidentielle et la tenue de l'élection présidentielle", a-t-il assuré à l'issue d'une cellule interministérielle de crise. Il a affirmé qu'il tiendrait "un point spécifique" avec le ministre de l'Intérieur et les services de renseignement sur cette question.
Le gouvernement a annoncé lundi "qu'au moins 3.000 commerces" avaient été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end et qu'ils pourraient bénéficier de mesures de chômage partiel dès mardi ainsi que d'un "fonds de soutien spécifique".
"On a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain, on le fait tout de suite à 100% (...) Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a déclaré Sébastien Lecornu à l'issue de la cellule interministérielle de crise. "Nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces", a ajouté le Premier ministre car "bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël" et "il y a "un besoin de trésorerie".
"Ecoeurés" et "révoltés", les maires de France ont dénoncé lundi des "actes très graves prémédités" après les violences qui ont touché samedi des mairies et ont appelé à "changer la doctrine d'intervention des forces de l'ordre".
"Ces actes très graves ont été prémédités et leurs auteurs, qu'ils soient des 'ultras' politisés ou des casseurs venus s'en prendre aux commerces, sont dangereux, organisés, armés, déterminés", écrit l'Association des maires de France (AMF) dans une déclaration transmise à la presse.
"Maires, conseillers municipaux, agents du service public, nous nous engageons tous les jours pour faire vivre nos communes dans la paix et l'unité. Nous sommes aujourd'hui écœurés et révoltés", écrit l'AMF.
"Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des actes qui vont bien au-delà du symbole. C'est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux: la paix civile et nos libertés publiques fondamentales", ajoute l'association, qui a appelé à des rassemblements ce lundi midi devant les mairies. Ils mettent en cause le maintien de l'ordre.
"Un certain nombre de mesures pour endiguer, empêcher d'agir les casseurs pilleurs" vont être mises en place "dès ce soir", a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
"On va encore renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain et notamment ce week-end", a expliqué Laurent Nuñez, lors d'un point presse aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu alors qu'une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi prochain. "Déjà hier (dimanche) soir, ça a un peu bougé dans Paris, dans certaines agglomérations régionales. Beaucoup de mobilité, beaucoup de réactivité. Tout ça, on va le mettre en place", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé avoir demandé aux préfets d'instaurer des couvre-feux "partiels" et "localisés" pour lundi soir, afin de protéger notamment les commerces, après un week-end marqué par des scènes de chaos dans plusieurs villes.
La carte des couvre-feux devrait pouvoir être communiquée dans l'après-midi, après des discussions avec les maires concernés, a précisé le Premier ministre.
Le chef du gouvernement n'a pas exclu d'instaurer l'état d'urgence "si c'est utile", mais il a estimé que les couvre-feux "paraissent davantage adaptés".
"Nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces", a-t-il ajouté, car "bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël" et "il y a "un besoin de trésorerie".
"On va y répondre de manière évidemment très précise et très directe", a indiqué Sébastien Lecornu. "On n'est pas sur (...) une délinquance générale classique, on est véritablement sur une délinquance générale très précise", a-t-il dit, évoquant du "pillage" et le fait "de revendre d'ailleurs un certain nombre de ces biens pillés".
"Il faut permettre aux commerçants de redémarrer très vite. Redémarrer très vite, c'est ne pas abîmer évidemment les emplois", a indiqué le chef du gouvernement.
Laurent Nuñez a reporté son déplacement prévu lundi après-midi à Marseille, en raison d'une réunion avec le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement, a annoncé son entourage.
Le ministre de l'Intérieur devait se rendre à Marseille pour rencontrer le maire, les acteurs économiques et les forces de l'ordre. Laurent Nuñez "formule à nouveau tout son soutien au maire de Marseille, aux commerçants victimes des pilleurs et à l'ensemble des forces de l'ordre mobilisées sur le terrain", a ajouté son entourage.
"On a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain, on le fait tout de suite à 100 % (...) Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une réunion de la cellule interministérielle de crise.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de "déclencher un certain nombre de couvre-feux" lundi soir qui seront "partiels" et "localisés" afin de protéger notamment les commerces, après un week-end marqué par des scènes de chaos dans plusieurs villes.
La carte de ces couvre-feux devrait pouvoir être communiquée dans l'après-midi, après des discussions avec les maires concernés, a affirmé Sébastien Lecornu à l'issue d'une cellule interministérielle de crise.
L'Allemagne a condamné lundi les violences en France, se disant "inquiète" après "les images vues à Paris ou Limoges" et a appelé ses ressortissants se trouvant dans ce pays à la "prudence".
"La violence dans la rue n'a pas sa place dans nos démocraties", a déclaré la porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, lors d'une conférence régulière du gouvernement à Berlin.
Elle a rappelé la mise à jour survenue dimanche soir des conseils aux voyageurs et consignes de sécurité du ministère allemand des Affaires étrangères pour la France: "Faites preuve de prudence et évitez les manifestations dans la mesure du possible".
"Les images que nous avons tous vues, que ce soit à Paris ou à Limoges, nous remplissent d'une grande inquiétude. C'est un très bon signe que la situation semble s'être quelque peu apaisée dimanche", a-t-elle ajouté.
Interrogé sur la capacité de la France à agir à six mois de l'élection présidentielle, le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius a répondu : "Bien entendu, la France est capable d'agir".
Ce week-end, des violences d'une ampleur inédite depuis plusieurs années ont éclaté en marge des manifestations contre la vie chère, avec des pillages, des incendies et des attaques contre des bâtiments publics dans plusieurs villes de France.
La maire socialiste de Denain (Nord) Anne-Lise Dufour-Tonini a instauré un couvre-feu nocturne pour les mineurs comme les personnes majeures jusqu'à dimanche, après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 octobre.
"Cette mesure exceptionnelle s'appliquera du dimanche 18 octobre au dimanche 25 octobre 2026 inclus, chaque nuit de 21 heures à six heures du matin", a annoncé l'édile de gauche dans un communiqué publié dimanche sur Facebook.
Cet arrêté municipal "permet de concentrer la police sur les casseurs au lieu de les envoyer contrôler des gens qui sont là... pour voir" et ne concerne pas les gens qui se déplacent pour travailler ou les urgences réelles", a précisé Anne-Lise Dufour-Tonini.
Samedi 17 octobre, à Denain, "une cinquantaine de jeunes" ont "tenté de reproduire ce qu'ils voyaient à la télévision", notamment des "feux de poubelles, tentative de barricade, vitrines attaquées, mobilier urbain saccagé, caméras brûlées", a dénoncé l'élue.
"Nos policiers municipaux et nationaux ont été caillassés et visés par des tirs de mortiers d'artifice", a-t-elle ajouté.
Le président du RN Jordan Bardella a annoncé lundi que ni lui, ni Marine Le Pen, ne participeraient à la réunion des chefs de parti autour de Sébastien Lecornu organisée après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 octobre.
Le Rassemblement national sera "très certainement représenté par l'un de ses vice-présidents", a précisé Jordan Bardella à propos de cette réunion évoquée par Emmanuel Macron dimanche soir, mais dont la date n'a pas encore été annoncée.
Lors de cette même conférence de presse, il a appelé le gouvernement à permettre aux membres du RN de participer "dans des conditions de sécurité saines et normales" au congrès du parti qui se tient le week-end prochain à Orléans.
Jordan Bardella s'en est une nouvelle fois vivement pris à LFI dont "l'ultragauche est devenue le bras armé". "L'ultra-gauche est le cancer de notre démocratie", a-t-il martelé.
Il a appelé "Jean-Luc Mélenchon et ses élus à condamner les violences, à sortir de l'ambiguïté et à dire s'ils se trouvent ou non du côté de la République et du côté des honnêtes gens ou du côté de l'insurrection et de la guerre civile".
Pour lui, "l'objectif de Jean-Luc Mélenchon, c'est pas d'être président de la République, c'est la guerre civile en France".
Au moins 145 gardes à vue sont en cours lundi à Paris, après "diverses actions de dégradations, de pillages et de prise à partie des forces de l'ordre" dimanche et dans la nuit, a indiqué le parquet de la capitale.
Le bilan provisoire, établi à 08H00 du matin, fait état de 145 gardes à vue. De son côté, une source policière évaluait à 184 le nombre de gardes à vue, notamment pour 36 magasins dégradés, dont 33 pillés, et de 176 feux de voie publique, sur des poubelles ou encore des Vélib.
Jordan Bardella a demandé lundi que la coopération soit accrue entre l'Etat et les plateformes de revente en ligne afin "d'identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées" lors des pillages de commerces ce week-end.
"Les Français ne toléreront pas que des prédateurs s'enrichissent sur le dos de la communauté nationale avec les fruits de leurs razzias", a dénoncé le président du RN lors d'une conférence de presse en citant "les plateformes de type Vinted, Ebay, Leboncoin et autres". Gabriel Attal a également fait la même demande.
La coordination de gilets jaunes à l'origine des manifestations samedi dernier en France contre le coût de la vie, qui ont viré au chaos dans plusieurs villes, annonce lundi matin un "acte II" avec de nouvelles actions pour samedi ainsi que pour le 31 octobre.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées.
Dimanche soir, "ce qu'on disait c'est qu'on essayait de se donner le temps et de construire (la mobilisation pour) le 5 novembre", jour où une intersyndicale appelle secteur public privé à manifester, "mais il y a clairement une énorme poussée pour qu'il y ait un Acte II", a expliqué à l'AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site.
Le compte officiel de la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône a fait savoir sur X que tout rassemblement est interdit ce lundi 19 octobre sur l'ensemble de la commune de Marseille, de 12h à 20h.
🚨 MARSEILLE | ARRÊTÉ PRÉFECTORAL Interdiction de tout rassemblement et manifestation sur l’ensemble de la commune de 12h à 20h ce jour, lundi 19 octobre 2026. https://t.co/9R6KdsGTvs
— Préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône (@prefpolice13) October 19, 2026
L'accès au Louvre est bloqué lundi matin par des étudiants mobilisés pour exprimer leur "soutien" au mouvement des lycéens et dénoncer "la répression policière", a appris l'AFP auprès de la direction et de deux syndicats.
"Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde", clame un tract consulté par l'AFP et affiché aux abords du Louvre.
Devant la pyramide du Louvre, des étudiants d’écoles d’art et de culture manifestent et bloquent l’entrée du musée. «Les touristes qui attendent sont agressifs avec nous car ils ont payé leur billet», dit une des manifestantes qui distribuent des tracts en français et en anglais. https://t.co/s3nqIhAA2y
— Jean-Baptiste Semerdjian (@JBSemerdjian) October 19, 2026
Selon la direction, ce mouvement mené par les étudiants de l'École du Louvre est sans lien direct avec le musée, qui est simplement utilisé "comme une chambre d'écho" et qui n'a pu ouvrir ses portes normalement à 9h.
Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a qualifié lundi "de forme d'insurrection" les violences en France et dénoncé une délinquance "nourrie par le narcotrafic" sur Sud Radio.
Le ministre, lui-même victime d'une attaque à son domicile en 2023 en tant que maire de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) lors des émeutes liées à la mort de Nahel, a jugé qu'il s'agissait d'un "phénomène insurrectionnel" avec une "volonté de s'attaquer à nos institutions".
"Notre pays a été blessé collectivement (...), blessé mais pas mort, notre pays tient debout", a-t-il ajouté. "Il faut avoir l'humilité de reconnaître que ce qui s'est passé samedi est nouveau", avec une conjonction de "manifestations" qui peuvent dégénérer en fin de cortège, de "pillages" et de "violences urbaines type guérilla".
Interrogé sur le fait de savoir si "une fraction délinquante de la banlieue" avait "mis à sac une partie de la France", M. Jeanbrun a répondu qu'il "y avait une petite partie de nos quartiers populaires qui abritent une forme de délinquance notamment nourrie par les narcotrafiquants".
Gabriel Attal a plaidé lundi pour que la police et la justice fassent "très vite des exemples" en allant interpeller les auteurs d'acte de violence identifiés et a plaidé pour une suspension temporaire des réseaux sociaux en cas d'émeutes.
"Il faut que les Français voient, 48 heures après le début de ces événements, que vous avez des personnes qu'on va chercher chez elles parce qu'elles ont été identifiées", a estimé le candidat Renaissance sur RTL.
"Il faut des exemples, il faut des images, et il y a la possibilité aujourd'hui d'aller chercher des personnes qui sont identifiées. Quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s'affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre", a-t-il jugé.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu lundi que les autorités avaient "failli incontestablement" face aux violences qui ont secoué le pays pendant tout le week-end, jugeant qu'il y avait eu "un défaut dans les renseignements".
"Nous avons failli incontestablement ce week-end", a déclaré M. Darmanin sur France 2 au lendemain des scènes de chaos et de pillages dans tout le pays. "Il y a eu un défaut dans les renseignements et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement", a-t-il ajouté, estimant que les services français ne savaient "pas lutter correctement contre l'ultra gauche".
Des dizaines de personnes ont été placées en détention provisoire en France à la suite des violences du week-end, a annoncé lundi le garde des Sceaux Gérald Darmanin sur France 2.
"Il y a eu 2.331 gardes à vue pendant le week-end, 70 % sont des majeurs, très souvent connus des services de police", dont "plus de 80 %" font l'objet de poursuites, et "il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille", particulièrement touchée par les violences, a déclaré M. Darmanin sur France 2.
Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) a estimé lundi que l'on "dépassera les 2.000" commerces directement touchés par les violences du week-end dans le pays, évaluant les dégâts à "des centaines de millions d'euros".
Dimanche à 20H00, "on avait un premier pointage à 1.500 (commerces touchés, NDLR), mais sachant que (n'étaient) pas comptées certaines villes (...), on sera au moins à 10-20% de plus", a expliqué Alain Di Crescenzo sur RTL.
En outre, les violences "ont continué au moins dans quatre villes de France pendant la nuit", à "Paris, Marseille, Lyon et Nantes", a-t-il souligné, "donc on dépassera les 2.000, ça c'est quasiment sûr, pour des centaines de millions d'euros de casse".
Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), avait estimé dimanche à 1.500 le nombre de commerces touchés par les violences en France, pour une facture de centaines de millions d'euros.
Près de 350 personnes ont été interpellées ce dimanche et dans la nuit rien qu'à Paris, ont souligné les autorités ce lundi matin.
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Interviewé ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu un "manque d'anticipation" dans la mobilisation des forces de l'ordre lors des émeutes de ce week-end. Le locataire de la place Beauvau a remis sa démission dimanche soir au président de la République, qui l'a refusée. "J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe", a-t-il expliqué.
"Oui, il y a eu une perte de contrôle" de la police dans certaines villes, a par ailleurs admis Laurent Nunez.
"Nous ne lâcherons rien" pour retrouver les personnes ayant commis des violences et pillages dans la capitale depuis samedi, en marge de la mobilisation massive du 17 octobre, a assuré lundi la procureure de Paris.
"Nous allons rester mobilisés autant de temps qu'il faudra" pour répondre à ces "actes odieux", a poursuivi Laure Beccuau au micro de TF1, notamment grâce à des investigations approfondies, sous la forme d'enquêtes préliminaires concernant "les faits les plus graves".
Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.
Bâtiments publics incendiés, magasins pillés, vitrines brisées, poubelles incendiées… le pays se réveille après un véritable cauchemar de violences. Ce lundi matin, à Paris, les traces des dégradations sont encore bien visibles. Dans les rues de la capitale, habitants et commerçants découvrent, impuissants, l’ampleur des dégâts notamment dans le quartier des Halles.
Parmi les premiers témoins de cette matinée, John, d’origine irlandaise, vit à Paris depuis plus de quarante ans. Face aux dégradations, il ne cache ni sa tristesse ni son incompréhension. Pour cet habitant, voir les rues de la capitale dans cet état est un véritable crève-cœur. "C’est vraiment désolant de voir une génération qui est capable de faire ça et de mettre la France par terre", déplore-t-il. Retrouvez notre article ici.
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 2.397 personnes ont été interpellées. La plupart est majeure, près de 90% des émeutiers arrêtés. Des jeunes hommes qui ont entre 18 ans et la trentaine d'années. Et parmi eux, deux types de profils : des jeunes issus de quartiers sensibles, mais aussi des éléments radicaux d'extrême-gauche.
""Ce qu'on a vu, c'est du pilleur d'opportunité. Et après, derrière, on a aussi des membres bien souvent d'ultra-gauche, dits blackblocs, qui eux sont des habitués de la confrontation, des professionnels qui viennent uniquement pour en découdre avec nos collègues. On n'est pas sur du lycéen ou du manifestant classique", note Hubert Gimenez, policier et délégué syndical Unité. Retrouvez notre article ici.
Fragilisé et critiqué de toutes parts, l'exécutif va tenter lundi de répondre à la colère et aux craintes soulevées par sa gestion de la mobilisation du 17 octobre, qui a viré au chaos dans de nombreuses villes et tourne à la crise politique.
Sous pression, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a chargé dimanche les préfets de "protéger nos villes", jugeant "insupportable" le saccage des rues et des magasins, et a promis "toute la transparence" sur le dispositif sécuritaire, étrillé notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.
Samedi, dans le sillage de la mobilisation nationale pour le pouvoir d'achat, de nombreuses villes ont été secouées par des pillages, destructions et émeutes dont l'ampleur a sidéré le pays.
"Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre", a affirmé Emmanuel Macron, après cette journée qui s'est soldée par près de 2.400 interpellations. Près de 1.000 membres de forces de l'ordre ont par ailleurs été blessés, selon les autorités.
"Nous ressentons tous (...) de la colère, de la honte", a poursuivi Emmanuel Macron, par ailleurs soumis au feu nourri des oppositions à six mois de la présidentielle.
Le préfet de la région Guadeloupe a instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.
Une interdiction de circuler pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d'un adulte exerçant l'autorité parentale, sera en vigueur de 20H00 dimanche (00H00 lundi GMT) à 06H00 lundi matin (10H00 GMT), selon un arrêté préfectoral.
Cette mesure vise "avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences", a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué.
Au lendemain de scènes de vandalisme contre d'innombrables commerces dans plusieurs villes de France, dont la facture pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros, les secteurs du commerce et du tourisme ont appelé les pouvoirs publics à mettre fin aux violences et à accompagner les entreprises touchées.
Confrontés ces dernières années aux manifestations de gilets jaunes, à la pandémie de Covid-19 puis à des poussées inflationnistes augmentant leurs charges et limitant leur fréquentation, professionnels du tourisme et commerçants refusent d'être les "victimes collatérales" de ces violences, ont prévenu l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) et la Confédération des commerçants de France (CDF).
Vitrines brisées, rideaux de fer arrachés, magasins pillés, parfois incendiés, de Paris à Marseille et Lyon en passant par Saint-Etienne ou Nice... Cela pourrait être "le coup de trop" pour des entreprises déjà à la peine, craint le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France).
"La République doit protéger ses commerçants!", a plaidé dans un message publié sur LinkedIn le président de la fédération de la grande distribution (FCD), Alexandre Bompard.
Selon sa première estimation, qui couvre l'ensemble des commerces français, environ 1.500 magasins ont été la cible des violences de samedi, avec une facture qui "se chiffrera en centaines de millions d'euros".