Le couvre-feu pour les mineurs non accompagnés en vigueur depuis une semaine dans certains secteurs de Lille, également appliqué dans cinq autres villes du Nord, a été prolongé lundi, et jusqu'à jeudi matin, par la préfecture du département.
"À la suite des événements des 17 et 18 octobre et 24 octobre derniers, les mineurs non accompagnés ne pourront pas circuler dans certains secteurs des villes de Lille, Denain, Douai, Wattignies, Marly et Valenciennes" de 21 heures à 6 heures du matin lors des trois prochaines nuits, a écrit la préfecture du Nord sur X.
Ces couvre-feux, en vigueur depuis le 19 octobre à Lille, Denain, Douai et Wattignies, ont été étendus à Marly et Valenciennes samedi.
A Lille, la zone concernée comprend une grande partie du centre-ville, dont l'hôtel de Ville et les principales rues commerçantes.
Comme d'autres métropoles du pays, Lille a été particulièrement touchée par les débordements violents et les pillages de commerces le week-end du 17 octobre, en marge d'une mobilisation pacifique contre la vie chère ayant réuni plusieurs dizaines de milliers de manifestants.
La préfecture a recensé 88 établissements dégradés à Lille le 17 octobre, dont 25 pillés et deux incendiés.
La manifestation du 24 octobre a été plus calme, malgré des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants au moment de la dispersion du cortège, composé de 15.000 personnes selon la préfecture et de 60.000 selon l'union départementale de la CGT.
La Fage, l'Union étudiante, l'Unef et l'Union syndicale lycéenne ont appelé lundi à poursuivre la mobilisation après leur entrevue avec le Premier ministre et l'annonce de mesures pour faire face à la crise lycéenne, comme le remplacement progressif de Parcoursup et la création de places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.
"On arrive à avoir des gains avec la mobilisation, mais ça reste des miettes", a déploré auprès de l'AFP Sabrine Karbach, porte-parole de l'Union étudiante. "Que ce soit les lycéens et les étudiants (...) on continuera à se mobiliser", notamment le 5 novembre, journée d'appel à la grève des syndicats de travailleurs, a-t-elle poursuivi.
Une manifestation annoncée sur les réseaux sociaux pour se tenir mardi à Lyon a été interdite lundi par la préfecture du Rhône, qui n'a pas reconduit le couvre-feu instauré chaque nuit depuis une semaine dans l'hyper-centre ville.
L'appel à un rassemblement devant l'hôtel de région puis une manifestation vers une place de la ville, "diffusé de manière anonyme" sur les réseaux sociaux, "ne permet d'identifier aucun organisateur ni aucun interlocuteur", écrit la préfecture dans son arrêté d'interdiction.
L'appel a été relayé "sous l'intitulé +La lutte continue à Lyon+ et +La mobilisation continue !", avec un visuel représentant "un véhicule en flammes et des fumées sur la voie publique", est-il précisé.
Pour le préfet du Rhône, Étienne Guyot, cette manifestation "présente des risques sérieux de troubles graves à l'ordre public", notamment en "l'absence de déclaration et d'organisateur", au regard des "violences graves commises" lors des journées de mobilisation des 17 et 24 octobre, et du "caractère explicitement revendiqué de la continuité avec celles-ci".
Samedi, alors que la préfecture avait interdit tout rassemblement dans un périmètre élargi au centre de Lyon, quelque 10.000 personnes ont tenté de manifester hors de cette zone, se regroupant de façon erratique au fil de la journée en différents points de la ville. A chaque fois, la police a fait usage de grenades lacrymogènes pour les disperser.
Le 17 octobre, la journée de mobilisation "contre la vie chère" a rassemblé 20.000 personnes à Lyon. Des violences ont éclaté en marge du rassemblement, un bâtiment de l'office du tourisme a été incendié et détruit, et plus de 150 commerces ont été dégradés, dont de nombreux pillés, dans la zone commerçante de la Presqu'île dans le centre-ville.
Un couvre-feu nocturne instauré depuis le 19 octobre dans le périmètre de la Presqu'île touché par les pillages n'a pas été reconduit ce lundi soir par la préfecture, qui dit néanmoins avoir prévu "un dispositif renforcé" dans la zone.
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé lundi qu'il y aurait une "évolution forte" de Parcoursup en 2027, avant "un remplacement en 2028" de la plateforme d'orientation pour les études supérieures très critiquée depuis le début de la crise lycéenne.
Cette évolution "en deux temps" a été justifiée par le ministre, lors d'une conférence de presse, par le fait que Parcoursup "est adossé à la loi". "Donc, il y a un certain nombre de paramètres de Parcoursup qui ne peuvent être changés que si la loi elle-même évolue", a déclaré Philippe Baptiste, après des rencontres, lundi après-midi à Matignon, avec les organisations lycéennes et étudiantes.
Raphaël Glucksmann a salué lundi soir sur RTL les pistes proposées par le gouvernement aux lycéens pour sortir de la crise qui dure depuis un mois, affirmant qu'elles allaient "dans le bon sens".
"Moi, je le cache pas, elles vont dans le bon sens", a affirmé le candidat social-démocrate à l'élection présidentielle, alors que l'exécutif a notamment mis sur la table un remplacement de Parcoursup, des prêts pour rénover le bâti scolaire ou encore des places supplémentaires à l'université.
Raphaël Glucksmann s'est notamment satisfait de retrouver "certains" des "points" qu'il a proposés jeudi dernier lors de la réunion des partis organisée à Matignon, parmi lesquels "la revalorisation des bourses".
"Il y a des avancées. Ces avancées ne permettront pas de mettre fin au mouvement, mais déjà elles feront descendre la pression", a affirmé l'eurodéputé Place publique. "C'est comme ça qu'il faut répondre à un mouvement, au lieu de le traiter par le mépris depuis des semaines", a-t-il ajouté.
Les pistes dévoilées lundi par le gouvernement n'ont pas pour autant désamorcé les appels à la mobilisation : deux organisations lycéennes ont appelé à poursuivre le mouvement.
En quête du vote jeune pour l'instant largement acquis à gauche à Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann a concédé lundi que le candidat Insoumis avait "mis en place un écosystème sur les réseaux sociaux extrêmement puissant" et "qu'effectivement nous, la sociale-démocratie, il faut qu'on sorte de notre mollesse".
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a affirmé lundi que "aucune des décisions" prises pour répondre à la crise lycéenne "n'est une promesse en l'air".
"Tout ce que nous disons sera fait et sera respecté dans des délais précis et de manière chiffrée", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse, après avoir rencontré lundi les organisations lycéennes et étudiantes avec le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Le couvre-feu instauré depuis une semaine après les violences du 17 octobre, a été reconduit pour la nuit de lundi à mardi mais ne concerne désormais que la place de la République, selon un arrêté de la préfecture de police lundi.
Un autre arrêté, relatif à l'interdiction de "tout rassemblement non déclaré dans certains secteurs de Paris" et également en vigueur depuis lundi dernier, a été reconduit jusqu'à jeudi matin.
Le couvre-feu, qui concernait jusque-là aussi le quartier des Halles, est applicable aux majeurs et aux mineurs, de lundi 23H00 à mardi 06H00.
Quant à l'interdiction de se rassembler sans déclaration au préalable, elle vise les alentours de l'Élysée, de l'Assemblée nationale, du Sénat, de l'avenue des Champs-Élysées ou encore des gares, toutes les nuits de 20H00 à 06H00.
De plus, il est "interdit à toute personne mineure, non accompagnée par au moins l'un de ses représentants légaux, de circuler ou de stationner sur la voie publique" dans ces mêmes secteurs, et chaque nuit jusqu'à jeudi, de 21H00 à 06H00, est-il précisé dans l'arrêté.
La préfecture de police a par ailleurs interdit l'un des deux rassemblements prévus lundi soir à Paris en hommage aux victimes "de l'attentat terroriste raciste" commis vendredi par un homme de 39 ans qui a tiré dans les rues à Trappes et La Verrière (Yvelines), tuant un homme de 26 ans et en blessant cinq autres.
L'un des rassemblements est organisé place de Stalingrad, dans le 19e arrondissement, et le deuxième place de la République, ce dernier ayant été interdit par la préfecture de police (PP).
La PP a indiqué avoir proposé aux deux organisateurs de se rassembler au même endroit, place de Stalingrad pour "assurer une sécurité optimale". "Face au refus du déclarant du rassemblement statique place de la République, le préfet de Police a pris un arrêté d'interdiction partiel place de la République", a souligné la PP.
L'exécutif a annoncé ce lundi aux syndicats lycéens la refonte puis suppression de Parcoursup. La plateforme d'orientation et de vœux pour l'enseignement supérieur sera réformée dès cette année avant la mise en place d'un nouveau système en 2027.
Pour aider les départements et les régions à rénover les collèges et les lycées, le gouvernement a annoncé aux syndicats 4 milliards d'euros de prêts à taux réduits dans les quatre ans à venir. En ce qui concerne les universités, 1 milliard d'euros supplémentaire va être débloqué dans les cinq prochaines années.
Le gouvernement promet la création de 15.000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, en priorité dans les filières techniques. 10.000 places en BTS, 4.000 en IUT et 1.000 dans les formations dans le domaine de la santé.
Le gouvernement envisage également de limiter à 28 le nombre d'élèves par classe en seconde, année charnière de passage au lycée. La mesure devrait s'appliquer dès la rentrée 2027 pour les établissements les moins favorisés avant une généralisation prévue en 2028. Cela devrait concerner dans un premier temps la moitié des établissements.
Par ailleurs, les organisations lycéennes ont appelé à poursuivre la mobilisation après leur rencontre avec Sébastien Lecornu, dans l'attente de la mise en place de ces mesures.
Sur Parcoursup, le gouvernement prévoit une refonte en 2027 et un remplacement en 2028 avec "plus de clarté et plus de visibilité", se félicitent les représentants de lycéens à la sortie de Matignon.
D'autres mesures "concrètes" ont été annoncées, concernant notamment le bâti scolaire : "Quatre milliards d'euros vont être prêtés à taux préférentiel aux régions". "Le Premier ministre va réunir les acteurs régionaux, avec des représentants lycéens et des ministres, afin de travailler autour de cela. Un milliard d'euros seront répartis pour rénover les universités", ajoutent-t-ils.
Un débat sans vote sur "l'avenir du processus d'orientation" des lycéens se tiendra mercredi à 17H00 à l'Assemblée nationale à la demande du gouvernement, a indiqué à l'AFP le ministère des Relations avec le Parlement, confirmant une information de plusieurs médias.
Alors que le président Emmanuel Macron a promis ces derniers jours aux représentants des lycées une "refonte" de Parcoursup, le gouvernement a décidé de mettre ce dossier sur le bureau des députés. Le débat sans vote, organisé sur la base de l'article 50-1 de la Constitution, portera sur "l'avenir du processus d'orientation et d'affectation des lycéens dans l'enseignement supérieur".
Le gouvernement prévoit le remplacement de Parcoursup en deux temps, cette année et l'année scolaire prochaine, ainsi que quatre autres mesures, selon des influenceuses dans le domaine de l'éducation reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu avant les organisations de jeunesse.
Une source au sein de l'exécutif a confirmé à l'AFP la mesure visant Parcoursup, la plateforme d'orientation pour les études supérieures très critiquée par les lycéens depuis le début du mouvement.
En déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a remercié "du fond du cœur" les forces de l'ordre pour leur mobilisation lors des manifestations des 17 et 24 octobre. Reconnaissant "clairement un défaut d'anticipation" lors du "samedi terrible" du 17 octobre, le chef de l'État a admis que les effectifs déployés avaient été insuffisants : "Vous avez tenu, et vous n'étiez pas assez de forces ce jour-là", a-t-il déclaré, assurant que les "leçons ont été tirées". Il a salué le "dispositif exceptionnel" du 24 octobre, qui a permis le maintien des manifestations sur des parcours modifiés, "tout en protégeant les centres-villes, les commerces et les bâtiments publics". "Plus jamais le 17 octobre. Le 24 octobre est un modèle", a-t-il ajouté.
Estimant qu'il n'est "pas normal qu'à six mois de la présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition", Emmanuel Macron a dénoncé ceux qui "se réjouissent du désordre". Il a annoncé que le dispositif serait maintenu les samedis suivants : "Si on fait bien notre travail collectivement, c'est un mouvement qui va se calmer, parce qu'on répondra aux attentes légitimes et parce que l'ordre sera tenu, mais rien n'est fait. Je vous dis ça avec beaucoup de détermination."
Avant une entrevue avec le Premier ministre, les représentants des lycéens et des étudiants commencent à s'exprimer. Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'Union syndicale lycéenne, dit attendre "d'être écouté, enfin". Il a rappelé les revendications qu'il compte porter, parmi lesquelles "l'abrogation de Parcoursup" et "un plan d'urgence pour le bâti scolaire".
"Il n'y aura aucune concession, aucun compromis sur (nos) revendications", a ajouté Marius Mesnil. Des annonces concrètes, sous-entendu, "pas juste des petites miettes", sont réclamées par Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes).
Le Premier ministre reçoit à 14h30, à Matignon, les représentants des organisations lycéennes et étudiantes, avant une conférence de presse d'Édouard Geffray et de Philippe Baptiste à 17h30.
Plusieurs pistes sont à l'étude, le remplacement des professeurs absents, la réduction des effectifs dans les classes, l'amélioration des bâtiments scolaires et l'ouverture de places dans l'enseignement supérieur. Le gouvernement pourrait aussi annoncer des modifications de Parcoursup, afin de rendre les critères de sélection plus transparents.
Emmanuel Macron juge que samedi prochain sera "à risque", les tracés des manifestations seront hors des centres-villes.
Le chef de l'État a promis des "décisions concrètes" concernant les revendications des lycéens. Emmanuel Macron a ensuite affirmé qu'il "ne va pas ici dire ce que le Premier ministre va dire dans quelques heures".
Emmanuel Macron est attendu lundi à Marseille pour une visite surprise afin de constater le "retour de l'ordre républicain" après les violences qui ont émaillé la mobilisation citoyenne du 17 octobre, a annoncé l'Élysée.
"Le chef de l'État ira à la mairie de Marseille qui a été touchée par les violences du 17 octobre", rencontrera "des commerçants" qui ont été "victimes des pilleurs et des casseurs", a dit la présidence à l'AFP. "Il saluera et remerciera enfin les forces de sécurité intérieure qui ont permis le retour de l'ordre républicain", a-t-elle ajouté après un week-end marqué par de nouvelles manifestations mais sans incident majeur.
Selon les informations d'Europe 1, Emmanuel Macron arrivera à Marseille à 11h ce lundi matin.
Le ministre de l'Intérieur a jugé que la journée du 24 octobre avait été "maîtrisée", sans "incident grave" relevé. Laurent Nuñez rappelle toutefois le "très haut niveau de violences contre les forces de sécurité intérieure", notamment de la part de la "mouvance d'ultragauche", qui s'est "greffée au sein des cortèges".
Contrairement au 17 octobre, cette mouvance a pu, selon lui, être "cantonnée" au sein des cortèges.
Laurent Nuñez assure que la situation "ne va pas vraiment changer" ces prochains jours en raison de la colère sociale. Il affirme que "bien sûr" les couvre-feux vont se poursuivre dans le pays. Le ministre de l'Intérieur précise que ces décisions seront prises en lien avec les maires et les préfets locaux.
Le bilan de ce week-end a été dressé par Laurent Nuñez, avec 267 blessés parmi les forces de l'ordre, "pour la plupart légers" mais aussi trois graves, et "plus de 250 manifestants" selon une estimation du ministère de l'Intérieur.
Le ministre de l'Intérieur a annoncé sur BFMTV que les forces de l'ordre ont procédé à "1.435 interpellations" lors des manifestations de ce week-end "sur l'ensemble du territoire national".
Après les violences du 17 octobre et la mobilisation de ce samedi 24 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit ce lundi les organisations lycéennes et étudiantes.
De leur côté, les forces de l'ordre, éprouvées après deux samedis difficiles, s'inquiètent de nouvelles journées de mobilisations.
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