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En directMouvement des lycéens : Sébastien Lecornu redit être prêt à recevoir de nouveau les lycéens «la semaine prochaine»

Sébastien Lecornu a redit lundi qu'il était prêt à recevoir de nouveau les représentants des lycéens "la semaine prochaine" alors que ces derniers ont appelé à de nouvelles journées de mobilisation notamment mardi et jeudi, a rapporté Matignon. [JULIEN DE ROSA / AFP]
La rentrée des vacances de la Toussaint s'ouvre sous tension : des lycées étaient de nouveau bloqués lundi à l'appel des organisations étudiantes et lycéennes qui veulent poursuivre le mouvement engagé depuis six semaines, malgré les concessions annoncées par le gouvernement. Suivez notre direct.
Une interpellation à Lyon

À Lyon, la situation est "relativement calme", a indiqué à l'AFP la préfecture du Rhône, qui dénombre 15 établissements avec des attroupements à l'entrée et un autre ayant décidé de faire cours en distanciel. Devant le lycée Ampère, le blocage a tourné court. Les CRS ont retiré dans le calme les poubelles, mobilier urbain et trottinette qui avaient été placés là par quelques dizaines de lycéens, a constaté un journaliste de l'AFP. "Le plan c'était de bloquer l'établissement parce qu'on a des réponses qui sont un petit peu des miettes de pain que le gouvernement nous a donné récemment", a expliqué Adam, organisateur du blocus. Les forces de l'ordre ont par ailleurs procédé à une interpellation en banlieue de Lyon pour usage de mortier.

Sébastien Lecornu redit être prêt à recevoir de nouveau les lycéens "la semaine prochaine"

Sébastien Lecornu a redit lundi qu'il était prêt à recevoir de nouveau les représentants des lycéens "la semaine prochaine" alors que ces derniers ont appelé à de nouvelles journées de mobilisation notamment mardi et jeudi, a rapporté Matignon. "Comme convenu, un créneau est prévu au niveau du Premier ministre la semaine prochaine pour à nouveau recevoir les lycéens", ont précisé les services du chef du gouvernement. Sébastien Lecornu s'était engagé lors d'un débat au Parlement la semaine dernière à revoir les représentants des lycéens et des étudiants "sous 15 jours" pour faire "le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre, et les décisions suivantes".

L'Unef lance un appel à bloquer les universités
Sur le terrain, certains élèves commencent à afficher leurs inquiétudes

Sur le terrain, certains élèves commencent à afficher leurs inquiétudes. "Franchement ça pourrait être bien de reprendre le rythme un petit peu", a notamment confié Ferdinand, élève en première à Lyon, qui s'alarme "d'un certain retard à rattraper avec des contrôles, des gros chapitres qui sont à refaire." "Je soutiens le mouvement et les revendications mais là c'est chaud, ça fait un mois qu'on n'a pas eu cours", a également témoigné un élève de seconde, 14 ans, devant le lycée des Arènes à Toulouse, bloqué par une centaine de jeunes.

L'intersyndicale réclame un investissement de 10 milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur

L'intersyndicale regroupant l'Union syndicale lycéenne (USL), l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame notamment un investissement de 10 milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur ainsi que l'abrogation de Parcoursup.

41 établissements, soit 1 % des lycées, bloqués lundi matin

41 lycées étaient bloqués lundi à 9h30, soit 1% des quelque 3.700 établissements que compte la France, a indiqué le ministère de l'Éducation, précisant qu'aucune perturbation n'était relevée dans trois quarts des départements.

Les blocus de lycées sont "a priori résiduels", "de l'ordre de quelques unités" lundi matin, avait affirmé un peu plus tôt le ministre Édouard Geffray sur France Inter, en évoquant des cas en Île-de-France, dans le Nord et à Toulouse.

"C'est a priori assez résiduel", juge Edouard Geffray

"On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c'est a priori assez résiduel, quelques-uns en Ile-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse", a assuré sur France Inter le ministre de l'Education Edouard Geffray.

"La priorité absolue... c'est que les élèves puissent aller en cours. Moi, j'ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l'année, qui pour plusieurs centaines de milliers d'entre eux n'ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines (...) et pour lesquels, par conséquent, l'année scolaire est maintenant en risque", a prévenu Edouard Geffray.

Des blocages dans plusieurs villes de France

Dans le centre de Marseille, l'entrée du lycée Montgrand était bloquée lundi matin par plusieurs bennes à ordures empilées devant les grilles.

"On a repris le mouvement parce qu'on nous a soi-disant apporté des réponses, mais qui ne conviennent pas du tout, ce n'est clairement pas suffisant ce n'est pas ce qu'on demande", a indiqué à l'AFP Meriem, 16 ans, juchée sur les bennes. Sur les quelque 75 établissements scolaires que compte Marseille, lundi matin environ sept sont bloqués d'après des lycéens militants.

A Toulouse, devant le lycée Berthelot, les élèves ont remonté "les installations de blocage", pour empêcher d'accéder à l'établissement, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Ce n'est pas deux annonces du gouvernement qui seront périmées dans quelques mois qui vont arrêter le mouvement", a déclaré à l'AFP Anton, 17 ans. "On demande des choses concrètes plutôt que de la démagogie", a renchéri Camille, 17 ans.

Devant le lycée des Arènes, les lycéens commençaient à affluer pour empêcher l'accès à l'établissement. "Je soutiens le mouvement et les revendications mais là c'est chaud, ça fait un mois qu'on n'a pas eu cours", a témoigné un élève de seconde, 14 ans.

«C'est fini la récré», à Toulouse, des habitants réclament la fin des blocages

François ne supporte plus de voir des lycéens dans la rue plutôt qu'en classe. Il aimerait que le mouvement ne se prolonge pas au cours de la semaine. "S'ils sont vraiment motivés, qu'ils défilent le dimanche, c'est leur jour off", s'indigne ce Toulousain.

Un mouvement certes légitime selon Dany, mais qui a déjà trop duré. "Moi, c'est clair, ils retournent à l'école lundi matin. Tu fais ton cartable et tu vas à l'école. C'est fini la récré. Leur revendication, on veut bien les entendre. On a compris, on le sait. Maintenant, ils ont quand même des cours à faire. Ils vont à l'école. Et à un moment donné, ils vont dire : 'J'ai pas eu mon examen, je replonge pour une année.' Ils vont pleurer", déplore-t-il. Retrouvez notre article ici.

À Lille, des lycéens divisés sur la poursuite des blocus

 Pour la rentrée de lundi, après les vacances de la Toussaint, les lycéens ne sont pas tous d'accord sur la suite à donner au mouvement. À Lille, certains sont déterminés à bloquer leur établissement, malgré les annonces faites par le gouvernement pendant les vacances, d'autres espèrent un arrêt.

Hugo, 16 ans, élève en classe de première, va ressortir sa pancarte ce matin devant son lycée. Les annonces faites par le ministre de l'Éducation nationale pendant les vacances ne lui conviennent pas, et il juge la reprise de la mobilisation indispensable. "Il faut bloquer tous les lycées, parce que la réponse du gouvernement est largement insuffisante. 28 élèves par classe, c'est pour les secondes, pas pour les premières et les terminales. Un ou deux milliards pour le bâti, c'est largement insuffisant. Bref, il faut aller dans le dur." Il insiste sur un durcissement de la contestation et refuse de retourner en cours. Retrouvez notre article ici.