Emmanuel Macron a terminé son hommage à Marc Bloch et son épouse Simonne par les mots de l'historien : "La France demeurera la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur, j'y suis né. J'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé à mon tour de le défendre de mon mieux. Vive Marc Bloch. Vive Simonne Bloch. Vive la République. Vive la France".
Des applaudissements ont suivi le discours du chef de l'État avant que ne résonne La Marseillaise dans et en dehors du Panthéon.
Emmanuel Macron revient sur la production intellectuelle de Marc Bloch avec des livres de résistance : "Apologie pour l'histoire" et "Étrange défaite" : "La résistance de Marc Bloch est aussi de pensée et d'écriture puisqu'il est historien et que l'histoire est un combat".
"Marc Bloch est pour nous ce testament permanent. Testament de vie car Marc Bloch est inséparable de Simone (...) sans qui il n'aurait pu accomplir son œuvre. Une famille de devoir, de pensée et d'action. Testament de savoir et de science aussi. Pour Marc Bloch, l'Histoire sert à chercher la vérité et à trouver la liberté".
"Dans la France de la collaboration avide de prendre sa revanche sur l'affaire Dreyfus, le cas de Marc Bloch montre que dès qu'il faut s'en prendre à un juif, il se trouve toujours un préfet pour réquisitionner, un policier pour perquisitionner, un juge pour condamner un universitaire pour justifier un journaliste pour approuver, un voisin pour dénoncer, et tant d'autres pour détourner le regard. Ne l'oublions jamais", déclare le chef de l'État.
Emmanuel Macron revient sur le parcours de Marc Bloch durant la Second Guerre mondiale, lui qui a été arrêté, torturé et supplicié à Lyon : "Livré aux Nazis et assassiné au soir du 16 juin 1944. Marc Bloch est présenté par la propagande de Vichy comme terroriste parce que juif. Sa mort est revendiqué par le chef de la Milice, Joseph Darnand. Terrible aveu qui marque alors la volonté des derniers fidèles de Vichy d'entrainer le pays dans la guerre civile alors même que la défaite du nazisme et la chute du gouvernement de Vichy est inéluctable".
"Voilà où mène inévitablement l'antisémitisme dès lors que quiconque s'engage dans ce chemin de ténèbre", ajoute le président de la République.
"Authentiquement républicain, défenseur ardent et inlassable de la laïcité, Marc Bloch endure les conséquences de l'antisémitisme d'État initié par le gouvernement du maréchal Pétain", déclare Emmanuel Macron.
Le chef de l'État rappelle la carrière militaire de Marc Bloch, combattant de la Première et de la Seconde Guerre mondiale : "Il était pourtant de ceux de 14, Croix de Guerre, Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire, vétéran de la campagne de France de 39-40, réengagé à plus de 50 ans pour défendre sa patrie".
Puis, le président de la République évoque la vie civile de Marc Bloch : "Historien, normalien, professeur à l'Université de Strasbourg puis à La Sorbonne, fondateur avec Lucien Fèvre de l'École des Annales, auteur des Rois thaumaturges ou de La société féodale. Qu'importe cette vie de grandeur et de labeur, les hommes au service de l'État français ne voient en Marc Bloch que le juif".
Après la lecture de plusieurs textes sur le parcours militaire de Marc Bloch par le général Thierry Burkhard, ancien chef d'État-Major des Armées, Emmanuel Macron va prononcer son discours pour rendre hommage au résistant et à son épouse.
Après une lente remontée vers le Panthéon accompagnée par des chants, comme le "Chant des Partisans, des tableaux musicaux, de la mise en scène et des images projetées, les deux cercueils de Marc et Simonne Bloch ont fait leur entrée dans l'édifice sous les applaudissements de la foule venue assister à l'événement.
Alors que les cercueils continuent leur remontée de la rue Soufflot vers le Panthéon, des textes sont lus. Ils reviennent sur l'enfance de Marc Bloch, sa participation à la Première Guerre mondial et à la manière qu'il a eu de raconter la débâcle de la France en 1940.
Portés par des membres de la Garde républicaine, les deux cercueils cénotaphes de Marc et Simonne Bloch sont transportés jusqu'au Panthéon. Le prologue "Supplicié N°14" est prononcé pendant ce temps par le comédien Jacques Gamblin puis "Engagé pour la République".
Emmanuel Macron et son épouse se sont installés dans le Panthéon. La cérémonie peut commencer et elle débute par l'air de "La Pavane" de Gabriel Fauré, interprété par la Garde républicaine, devant les deux cercueils cénotaphes de Marc Bloch et de son épouse Simonne.
Lou de Laâge lit un extrait du "Testament spirituel", écrit par Marc Bloch en 1941. Le portrait de l'historien a été accroché sur le bâtiment. Après la lecture de cet extrait, les deux cercueils sont portés jusqu'à l'entrée du Panthéon.
Emmanuel Macron est arrivé dans le quartier du Panthéon pour présider la cérémonie de panthéonisation de Marc Bloch et de son épouse. Le chef de l'État est accompagné du Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le président de la République a ensuite passé en revue les troupes de la Garde républicaine présentes pour l'événement
Ce mardi, l'historien et résistant, Marc Bloch, et son épouse, entrent au Panthéon. Il est le premier historien à recevoir cet honneur. Il s'agit de la sixième panthéonisation depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée, en 2017.