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Les gilets jaunes ont appelé samedi à une journée de mobilisation pour "la défense des libertés publiques" le 31 octobre, avec rassemblements et sit-in devant l'Assemblée nationale et les mairies françaises pour dénoncer ce qu'ils qualifient de "dérive autoritaire" du gouvernement.
"Il y a une colère dans ce pays" qui "n'est pas entendue", selon la déclaration samedi des gilets jaunes dénonçant "le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression" du gouvernement.
"Nos libertés sont attaquées", selon les gilets jaunes, fustigeant "la dérive autoritaire" de l'exécutif qui a interdit de nombreux cortèges en France ce samedi, une semaine après les violences et pillages qui ont secoué le pays.
Selon les informations d'Europe 1, les deux premiers cars du collectif Solidarités sans-papiers en direction d'Orléans viennent d’être arrêtés. Ils ont été bloqués sur l’aire d’autoroute de Sarran par les services de la Police aux frontières (PAF) qui effectuent les contrôles en vue de prendre des arrêtés d’OQTF.
Toujours selon nos informations, "150 notifications de retenue administrative ont été notifiées en raison de leur refus de décliner leur identité".
Quelque 11.000 personnes selon la préfecture, 26.000 selon les organisateurs, participaient samedi à midi à la manifestation contre le Rassemblement national à Orléans qui accueille ce week-end un congrès du parti.
La préfecture a précisé à l'AFP que son estimation "peut encore évoluer", certaines personnes étant toujours en route pour rejoindre le cortège. Les autorités avaient indiqué vendredi attendre jusqu'à 30.000 personnes venues de toute la France. Une cinquantaine de partis politiques, syndicats et associations ont appelé à ce rassemblement contre le RN.
Les couvre-feux pour les mineurs non accompagnés en vigueur depuis lundi soir à Lille et dans trois autres villes du Nord (Denain, Douai et Wattignies) ont été prolongés et étendus à de nouvelles communes (Marly et Valenciennes) jusqu'à lundi matin.
L'arrêté préfectoral publié vendredi s'applique uniquement pour certains secteurs des villes concernées, comprenant notamment une grande partie du centre de Lille, et fixe les couvre-feux de 20H00 à 06H00 du matin, du vendredi 23 soir au lundi 26 matin.
Des milliers de personnes ont commencé à manifester samedi à Orléans contre le congrès du Rassemblement national organisé ce week-end dans la préfecture du Loiret, en lançant des slogans anti-racistes et anti-fascistes.
"Macron démission, Le Pen en prison", a scandé la foule. "Plus chauds que les fachos", "la jeunesse emmerde le Rassemblement national", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants.
Le recours contre le tracé de la préfecture pour la manifestation de ce samedi à Paris a été rejeté par le tribunal administratif ce matin. Face à cette décision, les organisateurs ont accepté le parcours imposé.
Un rassemblement d'environ 150 personnes à proximité de l'université Lyon 3, qui se trouvait dans le périmètre au sein duquel la préfecture du Rhône a interdit tout attroupement samedi, a été rapidement dispersé par les forces de l'ordre samedi matin, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ces dernières ont effectué plusieurs tirs de grenades lacrymogènes pour disperser le groupe réuni dans le cadre de l'appel à la journée d'action contre la vie chère, alors que les manifestants venaient de se mettre en travers de la rue pour bloquer la circulation.
Le tribunal administratif de Marseille a partiellement suspendu l'arrêté préfectoral interdisant toute manifestation samedi dans les Bouches-du-Rhône en autorisant finalement des rassemblements dans quelques villes du département, selon la décision consultée samedi par l'AFP.
Saisie en urgence, la justice donne ainsi en partie raison aux requérants, notamment la Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat de la magistrature ou encore la CGT, en autorisant des rassemblements sur les communes de Gardanne, Istres, Martigues, Miramas et Tarascon.
Les motifs de la décision du tribunal administratif devraient être connus plus tard dans la journée.
La préfecture avait annoncé jeudi que toutes les manifestations, déclarées ou non déclarées, seraient interdites samedi 24 octobre à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône "pour des raisons évidentes de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieure".
Le maire (DVD) d'Orléans, Serge Grouard, dont la ville accueille le congrès du Rassemblement national et des milliers de manifestants contre l'extrême droite, a annoncé samedi l'instauration d'un couvre-feu sur l'ensemble de la commune durant les deux prochaines nuits pour les mineurs de moins de 15 ans.
"Cette mesure préventive s'inscrit dans la volonté de prévenir tout trouble à l'ordre public, de limiter les risques de débordements et de garantir la sécurité des personnes dans un contexte de rassemblements annoncés", a déclaré le maire dans un communiqué.
Les dirigeants de gauche ont unanimement fustigé le changement de parcours tardif de la manifestation à Paris samedi, imposé par la préfecture de police de Paris, y voyant une manière de "jouer la désorganisation des cortèges" et de "semer la confusion donc la panique".
"Je suis très inquiète concernant la manifestation" de samedi, initialement programmée entre Bastille et Nation, mais finalement déplacée de 13h à 19h entre la Porte d'Italie et la Porte de Vincennes, a écrit sur X la patronne des Ecologistes Marine Tondelier.
Dénonçant la "marche arrière" de la préfecture de police de Paris à moins de 24 heures de l'événement, Mme Tondelier s'est interrogée : "Comment les organisateurs et les partis peuvent-ils prévenir tout le monde (..) d'un tel changement de programme ?"
"Évidemment qu'il y aura des gens à Bastille, rendez-vous sur lequel nous avons toutes et tous communiqué très largement. Ce rassemblement sera-t-il traité par les forces de l'ordre comme un rassemblement sauvage ? C'est très problématique et dangereux vu les leçons du week-end dernier", a-t-elle insisté.
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a abondé sur le même réseau social: "Une nouvelle fois, le pouvoir joue la désorganisation des cortèges et les délais intenables de réorganisation".
"Quiconque veut la sauvegarde des libertés démocratiques et du droit à manifester doit s'en tenir strictement, dans l'ordre et avec discipline, aux consignes et points de ralliement qu'annonceront les syndicats", a-t-il exhorté, alors que l'intersyndicale qui organise la manifestation a indiqué vendredi dans un communiqué refuser cette demande "inacceptable" et se rendre tout de même à Bastille.
La CGT a également précisé vendredi soir avoir "contesté l'arrêté devant le tribunal administratif". Le premier secrétaire du PS Olivier Faure s'est indigné du "résultat prévisible": "deux manifestations dont une avec des jeunes méconnaissant le changement qui se rendront à Bastille pour une manifestation devenue interdite. Comment peut-on faire plus brouillon avec au final la mise en danger de nos enfants et renouer avec les risques de chaos", a-t-il écrit sur X.
Quant au communiste Fabien Roussel, il a estimé que changer le parcours revenait à "désorganiser les cortèges et semer la confusion et donc la panique".
"Et demain, on viendra faire la leçon aux manifestants ? Les autorités doivent garantir le droit de manifester, pas compliquer son exercice", a-t-il tempêté.
Dans de nombreuses villes comme Bordeaux, Paris ou Marseille, les commerçants, largement ciblés lors de la précédente mobilisation, vivent dans l'angoisse. Les stigmates des attaques sont encore visibles dans les centres-villes, et les images de CRS dépassés restent dans tous les esprits. Une véritable psychose gagne les commerçants.
Beaucoup décident de vider leur boutique en prévention de nouveaux heurts. C'est le choix de la sommelière Nicole Richard-Verspieren, présidente de l'association Commerces 13. "Tout ce qui est de valeur, on l'a déjà enlevé, et tout ce qui reste, on va continuer à l'enlever, il n'y aura plus rien. Après, si on est cassé, on est cassé, mais on va vider le magasin, tout est prévu", affirme-t-elle. Retrouvez notre article ici.
À Paris, où un seul cortège syndical a été autorisé, une polémique oppose la préfecture de police à l'intersyndicale après une modification de dernière minute du parcours par les autorités.
Le nouveau parcours de la manifestation intersyndicale, entre la Porte de Vincennes et la Porte d'Italie, alors que préfecture et intersyndicale s'étaient mises d'accord jeudi sur un cortège entre Bastille et Nation, est "impossible à sécuriser", a affirmé le co-secrétaire général de la CGT de Paris, Karl Ghazi.
Les organisateurs dénoncent un itinéraire "imposé" et ont annoncé qu'ils iront tout de même à Bastille comme initialement prévu.
Plusieurs musées parisiens, dont le Louvre et Orsay, seront fermés samedi, et le couvre-feu est reconduit dans les périmètres de la place de la République et des Halles de 23H00 à 06H00 jusqu'à lundi matin.
À Marseille, après avoir annoncé l'interdiction de tout rassemblement, la préfecture a finalement accordé une autorisation "à titre dérogatoire" à la manifestation intersyndicale.
Le couvre-feu pour les mineurs dans l'hyper-centre de la ville et certaines zones commerciales a été élargi aux majeurs pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi.
Les manifestations sont interdites dans une vaste partie du centre-ville de Lyon, où plus de 150 commerces ont été dégradés et l'office de tourisme incendié le 17 octobre.
Si une manifestation syndicale se tiendra à Strasbourg, des interdictions de manifester ont été prises dans de nombreuses villes dont Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre, Toulon, ainsi qu'à Limoges où la mairie a été incendiée le 17.
Les gilets jaunes prévoient plus de 700 mobilisations en France samedi, dont 500 manifestations : des actions sont prévues sur 86 ronds-points, 21 stations-service, deux dépôts pétroliers, 33 gares, trois ports, 17 ponts, 17 péages, selon une carte publiée sur leur site internet.
Le week-end dernier, 550.000 personnes avaient défilé dans le pays, selon les autorités.
Les revendications, exprimées devant les lycées et dans la rue ces dernières semaines, sont diverses mais convergent majoritairement autour du pouvoir d'achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale.