Au moins 145 gardes à vue sont en cours lundi à Paris, après "diverses actions de dégradations, de pillages et de prise à partie des forces de l'ordre" dimanche et dans la nuit, a indiqué le parquet de la capitale.
Le bilan provisoire, établi à 08H00 du matin, fait état de 145 gardes à vue. De son côté, une source policière évaluait à 184 le nombre de gardes à vue, notamment pour 36 magasins dégradés, dont 33 pillés, et de 176 feux de voie publique, sur des poubelles ou encore des Vélib.
Jordan Bardella a demandé lundi que la coopération soit accrue entre l'Etat et les plateformes de revente en ligne afin "d'identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées" lors des pillages de commerces ce week-end.
"Les Français ne toléreront pas que des prédateurs s'enrichissent sur le dos de la communauté nationale avec les fruits de leurs razzias", a dénoncé le président du RN lors d'une conférence de presse en citant "les plateformes de type Vinted, Ebay, Leboncoin et autres". Gabriel Attal a également fait la même demande.
La coordination de gilets jaunes à l'origine des manifestations samedi dernier en France contre le coût de la vie, qui ont viré au chaos dans plusieurs villes, annonce lundi matin un "acte II" avec de nouvelles actions pour samedi ainsi que pour le 31 octobre.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées.
Dimanche soir, "ce qu'on disait c'est qu'on essayait de se donner le temps et de construire (la mobilisation pour) le 5 novembre", jour où une intersyndicale appelle secteur public privé à manifester, "mais il y a clairement une énorme poussée pour qu'il y ait un Acte II", a expliqué à l'AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site.
Le compte officiel de la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône a fait savoir sur X que tout rassemblement est interdit ce lundi 19 octobre sur l'ensemble de la commune de Marseille, de 12h à 20h.
🚨 MARSEILLE | ARRÊTÉ PRÉFECTORAL Interdiction de tout rassemblement et manifestation sur l’ensemble de la commune de 12h à 20h ce jour, lundi 19 octobre 2026. https://t.co/9R6KdsGTvs
— Préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône (@prefpolice13) October 19, 2026
L'accès au Louvre est bloqué lundi matin par des étudiants mobilisés pour exprimer leur "soutien" au mouvement des lycéens et dénoncer "la répression policière", a appris l'AFP auprès de la direction et de deux syndicats.
"Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde", clame un tract consulté par l'AFP et affiché aux abords du Louvre.
Devant la pyramide du Louvre, des étudiants d’écoles d’art et de culture manifestent et bloquent l’entrée du musée. «Les touristes qui attendent sont agressifs avec nous car ils ont payé leur billet», dit une des manifestantes qui distribuent des tracts en français et en anglais. https://t.co/s3nqIhAA2y
— Jean-Baptiste Semerdjian (@JBSemerdjian) October 19, 2026
Selon la direction, ce mouvement mené par les étudiants de l'École du Louvre est sans lien direct avec le musée, qui est simplement utilisé "comme une chambre d'écho" et qui n'a pu ouvrir ses portes normalement à 9h.
Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a qualifié lundi "de forme d'insurrection" les violences en France et dénoncé une délinquance "nourrie par le narcotrafic" sur Sud Radio.
Le ministre, lui-même victime d'une attaque à son domicile en 2023 en tant que maire de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) lors des émeutes liées à la mort de Nahel, a jugé qu'il s'agissait d'un "phénomène insurrectionnel" avec une "volonté de s'attaquer à nos institutions".
"Notre pays a été blessé collectivement (...), blessé mais pas mort, notre pays tient debout", a-t-il ajouté. "Il faut avoir l'humilité de reconnaître que ce qui s'est passé samedi est nouveau", avec une conjonction de "manifestations" qui peuvent dégénérer en fin de cortège, de "pillages" et de "violences urbaines type guérilla".
Interrogé sur le fait de savoir si "une fraction délinquante de la banlieue" avait "mis à sac une partie de la France", M. Jeanbrun a répondu qu'il "y avait une petite partie de nos quartiers populaires qui abritent une forme de délinquance notamment nourrie par les narcotrafiquants".
Gabriel Attal a plaidé lundi pour que la police et la justice fassent "très vite des exemples" en allant interpeller les auteurs d'acte de violence identifiés et a plaidé pour une suspension temporaire des réseaux sociaux en cas d'émeutes.
"Il faut que les Français voient, 48 heures après le début de ces événements, que vous avez des personnes qu'on va chercher chez elles parce qu'elles ont été identifiées", a estimé le candidat Renaissance sur RTL.
"Il faut des exemples, il faut des images, et il y a la possibilité aujourd'hui d'aller chercher des personnes qui sont identifiées. Quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s'affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre", a-t-il jugé.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu lundi que les autorités avaient "failli incontestablement" face aux violences qui ont secoué le pays pendant tout le week-end, jugeant qu'il y avait eu "un défaut dans les renseignements".
"Nous avons failli incontestablement ce week-end", a déclaré M. Darmanin sur France 2 au lendemain des scènes de chaos et de pillages dans tout le pays. "Il y a eu un défaut dans les renseignements et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement", a-t-il ajouté, estimant que les services français ne savaient "pas lutter correctement contre l'ultra gauche".
Des dizaines de personnes ont été placées en détention provisoire en France à la suite des violences du week-end, a annoncé lundi le garde des Sceaux Gérald Darmanin sur France 2.
"Il y a eu 2.331 gardes à vue pendant le week-end, 70 % sont des majeurs, très souvent connus des services de police", dont "plus de 80 %" font l'objet de poursuites, et "il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille", particulièrement touchée par les violences, a déclaré M. Darmanin sur France 2.
Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) a estimé lundi que l'on "dépassera les 2.000" commerces directement touchés par les violences du week-end dans le pays, évaluant les dégâts à "des centaines de millions d'euros".
Dimanche à 20H00, "on avait un premier pointage à 1.500 (commerces touchés, NDLR), mais sachant que (n'étaient) pas comptées certaines villes (...), on sera au moins à 10-20% de plus", a expliqué Alain Di Crescenzo sur RTL.
En outre, les violences "ont continué au moins dans quatre villes de France pendant la nuit", à "Paris, Marseille, Lyon et Nantes", a-t-il souligné, "donc on dépassera les 2.000, ça c'est quasiment sûr, pour des centaines de millions d'euros de casse".
Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), avait estimé dimanche à 1.500 le nombre de commerces touchés par les violences en France, pour une facture de centaines de millions d'euros.
Près de 350 personnes ont été interpellées ce dimanche et dans la nuit rien qu'à Paris, ont souligné les autorités ce lundi matin.
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Interviewé ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu un "manque d'anticipation" dans la mobilisation des forces de l'ordre lors des émeutes de ce week-end. Le locataire de la place Beauvau a remis sa démission dimanche soir au président de la République, qui l'a refusée. "J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe", a-t-il expliqué.
"Oui, il y a eu une perte de contrôle" de la police dans certaines villes, a par ailleurs admis Laurent Nunez.
"Nous ne lâcherons rien" pour retrouver les personnes ayant commis des violences et pillages dans la capitale depuis samedi, en marge de la mobilisation massive du 17 octobre, a assuré lundi la procureure de Paris.
"Nous allons rester mobilisés autant de temps qu'il faudra" pour répondre à ces "actes odieux", a poursuivi Laure Beccuau au micro de TF1, notamment grâce à des investigations approfondies, sous la forme d'enquêtes préliminaires concernant "les faits les plus graves".
Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.
Bâtiments publics incendiés, magasins pillés, vitrines brisées, poubelles incendiées… le pays se réveille après un véritable cauchemar de violences. Ce lundi matin, à Paris, les traces des dégradations sont encore bien visibles. Dans les rues de la capitale, habitants et commerçants découvrent, impuissants, l’ampleur des dégâts notamment dans le quartier des Halles.
Parmi les premiers témoins de cette matinée, John, d’origine irlandaise, vit à Paris depuis plus de quarante ans. Face aux dégradations, il ne cache ni sa tristesse ni son incompréhension. Pour cet habitant, voir les rues de la capitale dans cet état est un véritable crève-cœur. "C’est vraiment désolant de voir une génération qui est capable de faire ça et de mettre la France par terre", déplore-t-il. Retrouvez notre article ici.
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 2.397 personnes ont été interpellées. La plupart est majeure, près de 90% des émeutiers arrêtés. Des jeunes hommes qui ont entre 18 ans et la trentaine d'années. Et parmi eux, deux types de profils : des jeunes issus de quartiers sensibles, mais aussi des éléments radicaux d'extrême-gauche.
""Ce qu'on a vu, c'est du pilleur d'opportunité. Et après, derrière, on a aussi des membres bien souvent d'ultra-gauche, dits blackblocs, qui eux sont des habitués de la confrontation, des professionnels qui viennent uniquement pour en découdre avec nos collègues. On n'est pas sur du lycéen ou du manifestant classique", note Hubert Gimenez, policier et délégué syndical Unité. Retrouvez notre article ici.
Fragilisé et critiqué de toutes parts, l'exécutif va tenter lundi de répondre à la colère et aux craintes soulevées par sa gestion de la mobilisation du 17 octobre, qui a viré au chaos dans de nombreuses villes et tourne à la crise politique.
Sous pression, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a chargé dimanche les préfets de "protéger nos villes", jugeant "insupportable" le saccage des rues et des magasins, et a promis "toute la transparence" sur le dispositif sécuritaire, étrillé notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.
Samedi, dans le sillage de la mobilisation nationale pour le pouvoir d'achat, de nombreuses villes ont été secouées par des pillages, destructions et émeutes dont l'ampleur a sidéré le pays.
"Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre", a affirmé Emmanuel Macron, après cette journée qui s'est soldée par près de 2.400 interpellations. Près de 1.000 membres de forces de l'ordre ont par ailleurs été blessés, selon les autorités.
"Nous ressentons tous (...) de la colère, de la honte", a poursuivi Emmanuel Macron, par ailleurs soumis au feu nourri des oppositions à six mois de la présidentielle.
Le préfet de la région Guadeloupe a instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.
Une interdiction de circuler pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d'un adulte exerçant l'autorité parentale, sera en vigueur de 20H00 dimanche (00H00 lundi GMT) à 06H00 lundi matin (10H00 GMT), selon un arrêté préfectoral.
Cette mesure vise "avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences", a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué.
Au lendemain de scènes de vandalisme contre d'innombrables commerces dans plusieurs villes de France, dont la facture pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros, les secteurs du commerce et du tourisme ont appelé les pouvoirs publics à mettre fin aux violences et à accompagner les entreprises touchées.
Confrontés ces dernières années aux manifestations de gilets jaunes, à la pandémie de Covid-19 puis à des poussées inflationnistes augmentant leurs charges et limitant leur fréquentation, professionnels du tourisme et commerçants refusent d'être les "victimes collatérales" de ces violences, ont prévenu l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) et la Confédération des commerçants de France (CDF).
Vitrines brisées, rideaux de fer arrachés, magasins pillés, parfois incendiés, de Paris à Marseille et Lyon en passant par Saint-Etienne ou Nice... Cela pourrait être "le coup de trop" pour des entreprises déjà à la peine, craint le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France).
"La République doit protéger ses commerçants!", a plaidé dans un message publié sur LinkedIn le président de la fédération de la grande distribution (FCD), Alexandre Bompard.
Selon sa première estimation, qui couvre l'ensemble des commerces français, environ 1.500 magasins ont été la cible des violences de samedi, avec une facture qui "se chiffrera en centaines de millions d'euros".