Sébastien Lecornu a déploré que la "douleur" des habitants du village du Porge soit "instrumentalisée par des complotistes" alors que certains résidents estiment que les autorités ont sacrifié leurs maisons pour protéger celles de la presqu’île du Cap-Ferret.
"Je leur réponds que c’est faux", a réagi le Premier ministre dans un entretien à la Tribune Dimanche. Leur "douleur est aujourd’hui instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux", a-t-il dénoncé, ajoutant que "les pompiers prennent leurs décisions selon un seul critère : sauver des vies humaines".
Avec 183 habitations anéanties, Le Porge concentre les trois quarts des destructions de logements (240) causées par le mégafeu en Gironde. Un collectif qui rassemble déjà plus de 700 habitants de la commune a annoncé son intention de porter plainte au pénal pour retracer les événements et obtenir des réponses sur la chaîne de responsabilité.
Aller en vacances en Gironde, où le mégafeu est désormais fixé, est "un geste de solidarité", a affirmé le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un entretien à La Tribune Dimanche.
Au grand dam des professionnels du tourisme, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, avait déconseillé dimanche dernier aux vacanciers de "rejoindre" le département et incité "les touristes présents à envisager une autre destination".
Les incendies sont globalement "aujourd'hui sous contrôle" en France, même si "tout cela reste très évolutif", a déclaré samedi Sébastien Lecornu.
"De manière générale, les incendies sont aujourd’hui sous contrôle dans notre pays" et, en Gironde, "nous sommes revenus à une situation plus stable", a relevé le Premier ministre dans un entretien à La Tribune Dimanche. "Si les conditions changeaient, nous reprendrions immédiatement les mesures de précaution qui s’imposent", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, "un coordinateur national" rattaché à Matignon va être nommé pour piloter le chantier de la reconstruction dans les zones sinistrées par les feux qui ont brûlé plus de 117.000 hectares de forêt en France depuis le début de l’année 2026.
Le nouvel incendie qui touche le Var est "stabilisé" samedi soir mais "le combat continue" en raison des vents changeants, a averti le préfet Simon Babre.
"Nous restons prudents parce que le combat continue, les vents changent, ils sont parfois tournoyants, et la vérité d'un soir n'est pas forcément la vérité des lendemains matins", a déclaré le préfet, précisant que le feu est resté dans son "enveloppe" après avoir parcouru environ 1.800 hectares.
Le dispositif mis en place samedi par les sapeurs-pompiers pour contenir le feu dans le Var "fonctionne" pour l'instant mais la situation demeure "extrêmement précaire" en raison des fortes chaleurs et du vent, a déclaré le préfet du Var, Simon Babre.
"C'est un combat âpre de l'ensemble des sapeurs-pompiers qui tiennent deux axes parallèles pour contenir cette avancée du feu. Le dispositif fonctionne, mais nous sommes très vigilants", a dit le préfet, précisant que le feu n'a pas progressé après avoir parcouru environ 1.500 hectares.
Le trafic ferroviaire au sud de Bordeaux, interrompu depuis dimanche en raison des feux de forêt en Gironde et dans les Landes, a repris samedi, a annoncé SNCF Réseau après une mission d'inspection sur les voies.
"Le trafic voyageur a repris dès les premiers trains du matin", a indiqué à l'AFP une responsable de SNCF Réseau. La gare de Marcheprime "n'est pas desservie" car elle se situe dans une zone encore évacuée, selon la même source.
Dès jeudi, la SNCF a rétabli l'électricité et a ensuite envoyé des trains de reconnaissance pour diagnostiquer l'état des voies sur les 160 kilomètres qui ont été fermés à la circulation par ordre préfectoral au sud de Bordeaux en raison des incendies. Ce tronçon est desservi aussi bien par les TGV que par les TER.
En ce week-end de chassé-croisé estival, la moitié des TGV circulera samedi entre Bordeaux et le Sud-Ouest, dans les deux sens de circulation, selon SNCF Voyageurs.
Depuis et vers la capitale girondine, le service des TGV sera normal pour Toulouse et réduit de moitié pour Arcachon. Deux TGV sur cinq relieront Bordeaux et Hendaye et trois TGV sur quatre assureront la liaison Bordeaux-Tarbes, précise la filiale de la SNCF chargée du transport de voyageurs.
Les importants incendies qui se sont succédé dans le Var depuis deux semaines, avec un nouveau sinistre en cours depuis vendredi, interviennent dans des conditions climatiques que le département a "rarement connues", a estimé samedi le patron des sapeurs-pompiers du Var, Eric Grohin.
"Cinq, six, sept jours de vent avec des situations extrêmes en termes de canicule et en termes d'hygrométrie, je n'avais jamais vu en 8 ans ici", a déclaré Eric Grohin lors d'un point presse, soulignant que ces conditions "extrêmement compliquées" rendaient d'autant plus difficile la lutte contre le feu qui a repris au pied du massif du Gros Bessillon et menace plusieurs villages.
Plus de 10.000 habitants supplémentaires évacués face au mégafeu en Gironde, désormais "fixé", vont regagner leur domicile, soit au total 208.000 déplacés autorisés à rentrer, a annoncé samedi la préfète, saluant un bilan humain sans aucun mort, ni blessé civil.
"On peut aujourd'hui permettre le retour des habitants des communes de Saumos, Le Temple, Arès et Marcheprime, c'est-à-dire 10.750 habitants", portant "le total des personnes pouvant rentrer chez elles à 208.000 personnes sur les 224.000" évacuées "au plus fort de la crise", a-t-elle détaillé.
"À notre connaissance, à ce stade, il n'y a pas de morts, il n'y a pas de blessés, sauf du côté des sapeurs-pompiers" dont "plus de 330 (sont) pris en charge" sur 3.300 pompiers mobilisés pour cette "plus grosse opération de lutte contre un incendie dans l'histoire moderne de la Sécurité civile", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.
Dans le Var, l'incendie a repris. Laurent Nuñez a confirmé que ce sont "près de 1.500 hectares qui sont venus s'ajouter aux hectares parcourus par ce feu", mais selon le ministre de l'Intérieur, "la situation ne s'est pas aggravée".
Avec la levée du mistral, le Var devient une "zone à haut risque" à partir de 16h et sans doute jusqu'à 22h". Au total, 119.000 hectares ont été "parcourus par les feux" en 2026.
Le mégafeu en Gironde, qui s'est déclaré le 22 juillet à l'ouest de Bordeaux et a brûlé 42.000 hectares, est désormais "fixé" et "ne progresse plus", a annoncé samedi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lors d'une point presse.
"Même si le feu ne progresse pas, il y a encore des zones actives qui, pour certaines parties du territoire, ne permettront pas encore à date la réintégration" de toutes les personnes évacuées sur les 222.000 personnes qui avaient été évacuées de manière préventive dans 24 communes, a-t-il ajouté. Au total, 119.000 hectares ont été parcourus par les feux en France cette année.
Les verrous mis en place par les pompiers pour contenir la propagation de l'incendie dans le Var ont tenu et aucune nouvelle surface n'est impactée par le feu samedi, a annoncé le préfet du Var, Simon Babre.
"Les verrous sur les points sensibles ont tenu. Il n'y pas de nouvelle surface impactée" par le feu, a déclaré à l'AFP le préfet, lors d'un point de situation sur le sinistre qui a déjà parcouru 1.000 hectares.
Le mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares en Gironde n'est "pas fixé" samedi matin, mais "toujours contenu", après une nuit "plutôt clémente", a déclaré un officier de la communication des sapeurs-pompiers, faisant état de conditions météo "un peu plus favorables".
"Le feu n'est toujours pas fixé, il est toujours contenu, et nous travaillons pour justement aller vers un feu fixé dans les prochains jours", a déclaré lors d'un point-presse le lieutenant-colonel Eric Pitault, du Sdis 33. "Ce qui nous favorise un peu le travail, surtout, c'est que le vent, pour l'instant, nous laisse un peu de répit", a-t-il souligné, faisant état d'une "surveillance active" sur des "points chauds" situés sur le littoral entre Lège-Cap-Ferret et Lacanau.
La situation est plus difficile dans le Var où l'incendie du Gros Bessillon, pourtant fixé il y a trois jours après avoir ravagé 4.500 hectares, a repris de l'ampleur ce vendredi, avec 2.500 personnes évacuées et 1.000 hectares parcourus, a annoncé le préfet.
Les flammes, qui ont redémarré vers 13H30, ont parcouru 1.000 hectares en six heures. "Il y a eu un phénomène de rafales de mistral avec des vents orageux qui ont attisé les braises encore incandescentes", a expliqué à la presse Simon Babre.
Lors d'un entretien à l'AFP, le préfet a par ailleurs expliqué que "ce phénomène de feu qui va plus vite qu'un cheval au galop défie l'entendement et défie l'expérience des habitants". "La surface parcourue, la destruction de la forêt sont absolument dantesques", a-t-il ajouté.
Environ 2.500 habitants ont été évacués, notamment à Correns et Montfort-sur-Argens. D'épaisses fumées grises, voilant le ciel bleu, sont visibles, a constaté une équipe AFP.
Après neuf jours de lutte acharnée et 42.000 hectares partis en fumée, l'amélioration se confirme vendredi en Gironde où le mégafeu est contenu. À Bordeaux, autorités et pompiers ont bon espoir, grâce à une météo favorable, d'une maîtrise prochaine du feu sans bien sûr pouvoir évoquer de date. Et ce sont au total 198.000 personnes, sur les 220.000 évacuées après le début de l'incendie le 22 juillet, qui ont pu rentrer chez elles ou sont sur le point de le faire, soit 90%.
Du même coup, le centre d'accueil ferme ses portes au parc des expositions de Bordeaux. Quatre communes restent cependant vidées de leurs habitants, à savoir Saumos, d'où est parti ce mégafeu, Le Temple, Le Porge, commune la plus meurtrie par les flammes, et Lège-Cap-Ferret.
"La crise n'est pas finie, le feu n'est pas fixé mais on progresse. On sort la tête hors de l'eau", a salué la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, lors d'un point-presse en fin de journée.