L'incendie massif qui a embrasé les pourtours du bassin d'Arcachon et menace désormais les abords de la métropole de Bordeaux a ravagé 42.000 hectares de "surface brûlée", a annoncé dimanche la préfecture de la Gironde, qui a évacué au total 220.000 personnes depuis mercredi.
"A 4h00 ce dimanche 26 juillet, (l')estimation de la surface brûlée (est) de 42.000 hectares", a déclaré la préfecture dans sa boucle de communication aux médias, précisant que l'autoroute A63 entre Bordeaux et l'Espagne était fermée sur 60 km. Avec l'évacuation dans la nuit de nouvelles communes situées au sud-est du Bassin ou proches de la métropole (Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios, Cestas), ce sont désormais 220.000 personnes au total qui ont été évacuées en Gironde.
Dans un message posté sur X, le Premier ministre a fait un point sur la situation concernant les incendies qui affectent plusieurs départements français. Sébastien Lecornu écrit que "près de 100.000 hectares ont déjà brûlé, un niveau sans précédent" quand une "trentaine d'incendies sont simultanément actifs sur le territoire".
Il affirme également que "face à une situation historique, la mobilisation est elle aussi historique" : "Les moyens terrestres des sapeurs-pompiers ont été massivement redéployés vers le sud-ouest. 1.400 sapeurs-pompiers, 1.500 militaires et 1.700 forces de sécurité intérieure sont désormais engagés pour lutter contre les incendies, protéger les populations et sécuriser les zones évacuées".
De plus, il indique que le "dispositif sanitaire est pleinement opérationnel". Au total, 2,5 millions de masques FFP2 seront distribués en priorité aux personnes les plus vulnérables; les opérateurs de transports sanitaires sont pleinement mobilisés et 20 ambulances du service de santé des armées sont arrivées en renfort; 3.500 lits de camp ont été acheminés afin d'améliorer la prise en charge des personnes évacuées".
La préfecture de Gironde a ordonné samedi soir 55.000 nouvelles évacuations dans des communes aux abords de Bordeaux "face à la reprise de l'incendie" qui dévaste la région depuis mercredi, a-t-elle annoncé.
Avec cette nouvelle opération, le nombre de personnes évacuées en Gironde en raison des feux franchit largement la barre des 200.000. Depuis mercredi, quelque 167.000 personnes ont déjà été invitées à quitter leur domicile ou lieu de villégiature dans la zone.
L'incendie en Gironde "sera long à combattre" et "tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration" des personnes évacuées, prévient le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans un entretien à paraitre dimanche dans La Tribune.
En Gironde, un incendie, toujours en cours, a dévoré 32.700 hectares selon un dernier bilan, et 167.000 personnes au total ont été évacuées. "Tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration. Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter. Parce qu'on évolue dans des milieux avec énormément de végétation au sol: un incendie fixé peut repartir à tout moment", a développé le ministre.
Cet incendie "sera long à combattre", a-t-il averti, "et la mobilisation des armées décidée par le président de la République est d'une grande utilité". L'armée a été appelée en renfort avec un total de 1.500 militaires mobilisés à partir de samedi soir.
Le ministre de l'Intérieur a appelé les Français à être "plus vigilants" et à "faire encore plus attention aux feux accidentels, aux jets de mégots, aux barbecues et à tout comportement à risque", précisant que "146 personnes ont été interpellées depuis le début de l'année pour des incendies volontaires ou involontaires".
Un chiffre qui "reste stable tous les ans mais, désormais, on paie ces actes beaucoup plus chèrement", a-t-il ajouté. "Nous avons énormément de départs de feu un peu partout sur le territoire national, 12.845 depuis janvier" et "dans 95 % des cas, ils sont circonscrits par des moyens terrestres et ne parcourent pas plus de 1 ou 2 hectares", a-t-il rappelé.
Laurent Nuñez a une nouvelle fois assuré que la France disposait de moyens aériens suffisants dans la lutte contre les incendies et rappelé que "deux nouveaux Canadair seront livrés en 2028", puis "deux autres appareils" en 2032.
"Mais, a-t-il ajouté, il faudra sans doute adapter au fur et à mesure la doctrine. Ce qui change tout, c'est l'étalement géographique des feux" avec un risque incendie qui concerne désormais l'ensemble du territoire hexagonal.