L'autoroute A6, fermée sur une vingtaine de kilomètres depuis dimanche en raison de l'incendie de la forêt de Fontainebleau, va rouvrir "progressivement" jeudi à compter de 20 heures, a indiqué la préfecture de Seine-et-Marne dans un communiqué.
A la veille d'un week-end de grands départs en vacances, l'A6 rouvrira mais, sur une partie du tronçon, une voie sera réservée dans les deux sens à la circulation des véhicules de secours et la vitesse limitée à 90 km/h, a précisé la préfecture.
Deux ouvriers et le gérant d'une société de travaux vont être présentés à un juge en vue de leur mise en examen pour leur implication involontaire dans le déclenchement du premier incendie en forêt de Fontainebleau, a annoncé jeudi la procureure dans un communiqué.
Ce feu, qui avait pris aux abords de l'autoroute A6 dimanche en fin d'après-midi et qui a ravagé plus de 1.500 hectares, a été déclenché par des travaux de "réparation" des glissières de sécurité, a indiqué la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik. Leur placement sous contrôle judiciaire a été requis notamment pour "destruction involontaire par incendie".
Emmanuel Macron a affirmé jeudi avoir "relancé la production de Canadair" depuis son arrivée à l'Élysée face aux critiques du RN et de LFI accusant l'exécutif d'avoir annulé en 2024 la commande de deux appareils.
"En 2017, on ne produisait plus de Canadair. Il n'y avait pas de polémique à l'époque pour savoir si c'était deux, quatre ou six. On en produisait zéro" a-t-il indiqué, en déplacement dans la forêt de Fontainebleau, dont 2.000 hectares ont été ravagés par les feux depuis dimanche.
Cette relance a été aidée "en mobilisant les autres Européens, en commandant, en mettant six pays européens ensemble pour pouvoir relancer la filière, la produire. Donc on n'a pas attendu cette crise", a ajouté le chef de l'Etat.
Avec près de 11.000 feux et 35.000 hectares touchés par les flammes, la surface brûlée en France à mi-juillet a "d'ores et déjà dépassé" le total de la saison passée, a déclaré jeudi le directeur général de la Sécurité civile.
"Pas loin de 11.000 feux" ont été enregistrés "depuis le début de l'année. Ça veut dire que depuis trois semaines, les sapeurs-pompiers dans ce pays gèrent entre 250 et 300 feux de manière simultanée", a précisé Julien Marion depuis la forêt de Fontainebleau, lors de la visite d'Emmanuel Macron. "Malgré ça, au moment où on se parle, il y a trois feux qui ont dépassé 1.000 hectares", a-t-il poursuivi.
Emmanuel Macron a annoncé jeudi la mise en place "dans les prochaines heures d'"un guichet unique" afin de collecter des fonds pour la forêt de Fontainebleau, dont 2.000 hectares ont été ravagés par les feux depuis dimanche.
"La Fondation du patrimoine, l'ONF (Office national des forêts) et la ville de Fontainebleau vont lancer dans les prochaines heures, un guichet unique pour permettre de collecter la solidarité nationale", a déclaré le chef de l'Etat, qui s'est rendu sur place à la rencontre des nombreux acteurs mobilisés. "Je compte sur chacune et chacun pour pouvoir dès maintenant donner" et permettre "de replanter, de rebâtir et de continuer de nous améliorer aussi pour que cette forêt soit encore demain mieux protégée", a-t-il ajouté.
En déplacement dans la forêt de Fontainebleau, Emmanuel Macron prévient qu'il n'y aura "aucune tolérance" pour les responsables des incendies. "Ici comme partout en France, il n'y aura aucune tolérance" pour les incendiaires "parce que c'est évidemment notre territoire national qui est attaqué chaque fois qu'un feu se déclenche", ajoute le chef de l'Etat.
Le président affirme que la France "n'a jamais été confrontée à autant d'épisodes de pression de feu un peu partout sur le territoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", avec environ 35.000 hectares déjà brûlés.
Emmanuel Macron a également remercié l'ensemble de ceux qui se sont engagés dans la lutte contre les incendies, des pompiers aux forces de l'ordre en passant par les agriculteurs ou les élus locaux, "ce qui a permis d'éviter le pire" et "de ne pas déplorer une victime".
L'incendie ayant parcouru près de 4.400 hectares de végétation depuis quinze jours dans une zone montagneuse au dessus de Die dans la Drôme, le plus vaste jamais enregistré dans le département, est désormais fixé, a annoncé jeudi la préfecture.
Ce feu avait démarré le 24 juin en pleine canicule, quand la foudre avait frappé dans le massif de Justin une zone très escarpée flanquée d'impressionnantes falaises sur la commune de Die, non loin des contreforts sud du Vercors.
Le président de la République Emmanuel Macron est arrivé à Fontainebleau ce jeudi matin, pour rencontrer et remercier les pompiers mobilisés sur l'incendie qui ravage la forêt depuis dimanche dernier.
Quelque 950 sapeurs-pompiers se sont relayés dans le massif des Trois-Pignons et dans le secteur de la Faisanderie, appuyés par trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement.
Devant les députés, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a défendu mercredi la flotte aérienne disponible en France pour lutter contre les incendies. Il a estimé qu'elle figurait "parmi les plus performantes d'Europe", face aux critiques du RN et de LFI accusant les macronistes d'avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair, appareils dédiés à l'attaque directe et massive des incendies.
En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir rester mobilisés plusieurs jours pour éviter les feux zombies.
"La tourbe nécessite beaucoup d'eau et de moyens puissants, comme les moyens aériens, pour aller noyer et viser de manière chirurgicale chaque souche", relève le colonel Avenel.
Depuis dimanche, les flammes ont parcouru au total près de 2.000 hectares de l'emblématique et fragile massif forestier, situé à 60 km au sud-est de Paris et classé "réserve de biosphère" par l'Unesco.
Emmanuel Macron s'y rendra jeudi matin pour remercier "l'ensemble des acteurs engagés sur le terrain", selon l'Elysée. Le président de la République "réaffirmera le plein engagement de l'État pour faire face à la saison exceptionnellement intense de feux de forêt que nous connaissons actuellement sur le territoire national".
Un pompier volontaire âgé de 18 ans, suspecté d'un départ de feu lundi en forêt de Fontainebleau, a été mis en examen et placé en détention provisoire mercredi soir, a-t-on appris auprès de la procureure Diane Ngomsik.
Il avait d'abord avoué avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence", avant de revenir mercredi sur ses aveux, a précisé à l'AFP la magistrate, confirmant une information de BFMTV.