Dans une publication sur X, le ministre de l'Intérieur a affirmé que "la situation demeure très défavorable" sur le front des incendies en France. Laurent Nuñez a confirmé que 42.000 hectares sont partis en fumée et que 220.000 personnes ont été évacuées depuis le début de l'incendie.
"En début de nuit, en Gironde, le feu est redevenu extrêmement virulent, imprévisible, créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l'agglomération bordelaise", a détaillé le ministre, précisant que l'incendie était "redevenu en fin de nuit plus calme". Pour combattre ce sinistre, "18 moyens aériens sont mobilisés depuis ce matin et l'A400M sera, à nouveau, engagé", a-t-il ajouté. "Au total, 2.500 sapeurs pompiers sont mobilisés dont un groupe suisse" en Gironde, aidés de "1.500 militaires", et "près de 550" le sont dans les Landes.
L'incendie survenu jeudi près de Biscarrosse dans les Landes, qui concerne dimanche 3.600 hectares contre environ 3.500 la veille, est "mieux contenu mais pas fixé", a annoncé la préfecture, qui anticipe une "journée stratégique" pour tenter de le maîtriser.
"On reste à 3.600 hectares, ce qui est vraiment encourageant, c'est un bon signal pour tout le monde avec des conditions effectivement un peu moins défavorables", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la préfecture.
Cet incendie a conduit à l'évacuation de plus de 30.000 personnes, habitants de la commune et de celles voisines de Parentis-en-Born et Sanguinet, ainsi que les occupants de deux campings de la zone, très touristique. Toutefois, 3.000 personnes évacuées ont pu regagner à partir de samedi leur domicile dans des secteurs "stabilisés".
Le trafic ferroviaire est interrompu dimanche au sud de Bordeaux jusqu'à nouvel ordre en raison de la progression de l'incendie, selon la SNCF.
À la demande de la préfecture, la circulation est coupée vers Arcachon, et jusqu'à Morcenx en direction de Dax et Mont-de-Marsan, a-t-on appris auprès de la communication de la SNCF.
Invité d'Europe 1 matin week-end, Patrick Chavada, membre de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, est revenu sur la progression au cours de la nuit de l'incendie en Gironde. Selon lui, les flammes progressent "plus lentement au bénéfice de la nuit, de la météo et du taux d'humidité qui est un petit peu monté".
Cet incendie est hors normes notamment à cause du phénomène de pyrocumulonimbus : "Ce type de feu crée des mouvements. C'est une colonne de fumée chaude qui monte très haut dans le ciel. Ça va monter très haut dans le ciel et au contact de l'air très froid, ça va provoquer des éclairs, générer des vents violents".
Des feux comme celui là sont rares en France. Selon Patrick Chavada, "on va apprendre de cette expérience-là, et ça va peut-être nous permettre aussi de revoir certaines de nos procédures, notre façon d'intervention puisqu'on se nourrit malheureusement des expériences du terrain".
Il affirme également que "pour nous, la priorité, c'est qu'il n'y a pas de blessés, il n'y a pas de morts. Les évacuations se font dans le calme et on a les maires qui sont sur le pont avec les associations agréées de sécurité civiles qui sont là aussi et pleins de bénévoles".
L'incendie massif qui a embrasé les pourtours du bassin d'Arcachon et menace désormais les abords de la métropole de Bordeaux a ravagé 42.000 hectares de "surface brûlée", a annoncé dimanche la préfecture de la Gironde, qui a évacué au total 220.000 personnes depuis mercredi.
"A 4h00 ce dimanche 26 juillet, (l')estimation de la surface brûlée (est) de 42.000 hectares", a déclaré la préfecture dans sa boucle de communication aux médias, précisant que l'autoroute A63 entre Bordeaux et l'Espagne était fermée sur 60 km. Avec l'évacuation dans la nuit de nouvelles communes situées au sud-est du Bassin ou proches de la métropole (Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios, Cestas), ce sont désormais 220.000 personnes au total qui ont été évacuées en Gironde.
Dans un message posté sur X, le Premier ministre a fait un point sur la situation concernant les incendies qui affectent plusieurs départements français. Sébastien Lecornu écrit que "près de 100.000 hectares ont déjà brûlé, un niveau sans précédent" quand une "trentaine d'incendies sont simultanément actifs sur le territoire".
Il affirme également que "face à une situation historique, la mobilisation est elle aussi historique" : "Les moyens terrestres des sapeurs-pompiers ont été massivement redéployés vers le sud-ouest. 1.400 sapeurs-pompiers, 1.500 militaires et 1.700 forces de sécurité intérieure sont désormais engagés pour lutter contre les incendies, protéger les populations et sécuriser les zones évacuées".
De plus, il indique que le "dispositif sanitaire est pleinement opérationnel". Au total, 2,5 millions de masques FFP2 seront distribués en priorité aux personnes les plus vulnérables; les opérateurs de transports sanitaires sont pleinement mobilisés et 20 ambulances du service de santé des armées sont arrivées en renfort; 3.500 lits de camp ont été acheminés afin d'améliorer la prise en charge des personnes évacuées".
La préfecture de Gironde a ordonné samedi soir 55.000 nouvelles évacuations dans des communes aux abords de Bordeaux "face à la reprise de l'incendie" qui dévaste la région depuis mercredi, a-t-elle annoncé.
Avec cette nouvelle opération, le nombre de personnes évacuées en Gironde en raison des feux franchit largement la barre des 200.000. Depuis mercredi, quelque 167.000 personnes ont déjà été invitées à quitter leur domicile ou lieu de villégiature dans la zone.
L'incendie en Gironde "sera long à combattre" et "tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration" des personnes évacuées, prévient le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans un entretien à paraitre dimanche dans La Tribune.
En Gironde, un incendie, toujours en cours, a dévoré 32.700 hectares selon un dernier bilan, et 167.000 personnes au total ont été évacuées. "Tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration. Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter. Parce qu'on évolue dans des milieux avec énormément de végétation au sol: un incendie fixé peut repartir à tout moment", a développé le ministre.
Cet incendie "sera long à combattre", a-t-il averti, "et la mobilisation des armées décidée par le président de la République est d'une grande utilité". L'armée a été appelée en renfort avec un total de 1.500 militaires mobilisés à partir de samedi soir.
Le ministre de l'Intérieur a appelé les Français à être "plus vigilants" et à "faire encore plus attention aux feux accidentels, aux jets de mégots, aux barbecues et à tout comportement à risque", précisant que "146 personnes ont été interpellées depuis le début de l'année pour des incendies volontaires ou involontaires".
Un chiffre qui "reste stable tous les ans mais, désormais, on paie ces actes beaucoup plus chèrement", a-t-il ajouté. "Nous avons énormément de départs de feu un peu partout sur le territoire national, 12.845 depuis janvier" et "dans 95 % des cas, ils sont circonscrits par des moyens terrestres et ne parcourent pas plus de 1 ou 2 hectares", a-t-il rappelé.
Laurent Nuñez a une nouvelle fois assuré que la France disposait de moyens aériens suffisants dans la lutte contre les incendies et rappelé que "deux nouveaux Canadair seront livrés en 2028", puis "deux autres appareils" en 2032.
"Mais, a-t-il ajouté, il faudra sans doute adapter au fur et à mesure la doctrine. Ce qui change tout, c'est l'étalement géographique des feux" avec un risque incendie qui concerne désormais l'ensemble du territoire hexagonal.