L'exécutif a annoncé ce lundi aux syndicats lycéens la refonte puis suppression de Parcoursup. La plateforme d'orientation et de vœux pour l'enseignement supérieur sera réformée dès cette année avant la mise en place d'un nouveau système en 2027.
Pour aider les départements et les régions à rénover les collèges et les lycées, le gouvernement a annoncé aux syndicats 4 milliards d'euros de prêts à taux réduits dans les quatre ans à venir. En ce qui concerne les universités, 1 milliard d'euros supplémentaire va être débloqué dans les cinq prochaines années.
Le gouvernement promet la création de 15.000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, en priorité dans les filières techniques. 10.000 places en BTS, 4.000 en IUT et 1.000 dans les formations dans le domaine de la santé.
Le gouvernement envisage également de limiter à 28 le nombre d'élèves par classe en seconde, année charnière de passage au lycée. La mesure devrait s'appliquer dès la rentrée 2027 pour les établissements les moins favorisés avant une généralisation prévue en 2028. Cela devrait concerner dans un premier temps la moitié des établissements.
Sur Parcoursup, le gouvernement prévoit une refonte en 2027 et un remplacement en 2028 avec "plus de clarté et plus de visibilité", se félicitent les représentants de lycéens à la sortie de Matignon.
D'autres mesures "concrètes" ont été annoncées, concernant notamment le bâti scolaire : "Quatre milliards d'euros vont être prêtés à taux préférentiel aux régions". "Le Premier ministre va réunir les acteurs régionaux, avec des représentants lycéens et des ministres, afin de travailler autour de cela. Un milliard d'euros seront répartis pour rénover les universités", ajoutent-t-ils.
Un débat sans vote sur "l'avenir du processus d'orientation" des lycéens se tiendra mercredi à 17H00 à l'Assemblée nationale à la demande du gouvernement, a indiqué à l'AFP le ministère des Relations avec le Parlement, confirmant une information de plusieurs médias.
Alors que le président Emmanuel Macron a promis ces derniers jours aux représentants des lycées une "refonte" de Parcoursup, le gouvernement a décidé de mettre ce dossier sur le bureau des députés. Le débat sans vote, organisé sur la base de l'article 50-1 de la Constitution, portera sur "l'avenir du processus d'orientation et d'affectation des lycéens dans l'enseignement supérieur".
Le gouvernement prévoit le remplacement de Parcoursup en deux temps, cette année et l'année scolaire prochaine, ainsi que quatre autres mesures, selon des influenceuses dans le domaine de l'éducation reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu avant les organisations de jeunesse.
Une source au sein de l'exécutif a confirmé à l'AFP la mesure visant Parcoursup, la plateforme d'orientation pour les études supérieures très critiquée par les lycéens depuis le début du mouvement.
En déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a remercié "du fond du cœur" les forces de l'ordre pour leur mobilisation lors des manifestations des 17 et 24 octobre. Reconnaissant "clairement un défaut d'anticipation" lors du "samedi terrible" du 17 octobre, le chef de l'État a admis que les effectifs déployés avaient été insuffisants : "Vous avez tenu, et vous n'étiez pas assez de forces ce jour-là", a-t-il déclaré, assurant que les "leçons ont été tirées". Il a salué le "dispositif exceptionnel" du 24 octobre, qui a permis le maintien des manifestations sur des parcours modifiés, "tout en protégeant les centres-villes, les commerces et les bâtiments publics". "Plus jamais le 17 octobre. Le 24 octobre est un modèle", a-t-il ajouté.
Estimant qu'il n'est "pas normal qu'à six mois de la présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition", Emmanuel Macron a dénoncé ceux qui "se réjouissent du désordre". Il a annoncé que le dispositif serait maintenu les samedis suivants : "Si on fait bien notre travail collectivement, c'est un mouvement qui va se calmer, parce qu'on répondra aux attentes légitimes et parce que l'ordre sera tenu, mais rien n'est fait. Je vous dis ça avec beaucoup de détermination."
Avant une entrevue avec le Premier ministre, les représentants des lycéens et des étudiants commencent à s'exprimer. Marius Mesnil, co-secrétaire général de l'Union syndicale lycéenne, dit attendre "d'être écouté, enfin". Il a rappelé les revendications qu'il compte porter, parmi lesquelles "l'abrogation de Parcoursup" et "un plan d'urgence pour le bâti scolaire".
"Il n'y aura aucune concession, aucun compromis sur (nos) revendications", a ajouté Marius Mesnil. Des annonces concrètes, sous-entendu, "pas juste des petites miettes", sont réclamées par Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes).
Le Premier ministre reçoit à 14h30, à Matignon, les représentants des organisations lycéennes et étudiantes, avant une conférence de presse d'Édouard Geffray et de Philippe Baptiste à 17h30.
Plusieurs pistes sont à l'étude, le remplacement des professeurs absents, la réduction des effectifs dans les classes, l'amélioration des bâtiments scolaires et l'ouverture de places dans l'enseignement supérieur. Le gouvernement pourrait aussi annoncer des modifications de Parcoursup, afin de rendre les critères de sélection plus transparents.
Emmanuel Macron juge que samedi prochain sera "à risque", les tracés des manifestations seront hors des centres-villes.
Le chef de l'État a promis des "décisions concrètes" concernant les revendications des lycéens. Emmanuel Macron a ensuite affirmé qu'il "ne va pas ici dire ce que le Premier ministre va dire dans quelques heures".
Emmanuel Macron est attendu lundi à Marseille pour une visite surprise afin de constater le "retour de l'ordre républicain" après les violences qui ont émaillé la mobilisation citoyenne du 17 octobre, a annoncé l'Élysée.
"Le chef de l'État ira à la mairie de Marseille qui a été touchée par les violences du 17 octobre", rencontrera "des commerçants" qui ont été "victimes des pilleurs et des casseurs", a dit la présidence à l'AFP. "Il saluera et remerciera enfin les forces de sécurité intérieure qui ont permis le retour de l'ordre républicain", a-t-elle ajouté après un week-end marqué par de nouvelles manifestations mais sans incident majeur.
Selon les informations d'Europe 1, Emmanuel Macron arrivera à Marseille à 11h ce lundi matin.
Le ministre de l'Intérieur a jugé que la journée du 24 octobre avait été "maîtrisée", sans "incident grave" relevé. Laurent Nuñez rappelle toutefois le "très haut niveau de violences contre les forces de sécurité intérieure", notamment de la part de la "mouvance d'ultragauche", qui s'est "greffée au sein des cortèges".
Contrairement au 17 octobre, cette mouvance a pu, selon lui, être "cantonnée" au sein des cortèges.
Laurent Nuñez assure que la situation "ne va pas vraiment changer" ces prochains jours en raison de la colère sociale. Il affirme que "bien sûr" les couvre-feux vont se poursuivre dans le pays. Le ministre de l'Intérieur précise que ces décisions seront prises en lien avec les maires et les préfets locaux.
Le bilan de ce week-end a été dressé par Laurent Nuñez, avec 267 blessés parmi les forces de l'ordre, "pour la plupart légers" mais aussi trois graves, et "plus de 250 manifestants" selon une estimation du ministère de l'Intérieur.
Le ministre de l'Intérieur a annoncé sur BFMTV que les forces de l'ordre ont procédé à "1.435 interpellations" lors des manifestations de ce week-end "sur l'ensemble du territoire national".
Après les violences du 17 octobre et la mobilisation de ce samedi 24 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit ce lundi les organisations lycéennes et étudiantes.
De leur côté, les forces de l'ordre, éprouvées après deux samedis difficiles, s'inquiètent de nouvelles journées de mobilisations.
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