En directViolences urbaines : 350 interpellations dimanche et dans la nuit à Paris

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avec AFP
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[Nael Chahine / Middle East Images / Middle East Images via AFP]
Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi. Suivez notre direct.
350 interpellations dimanche et dans la nuit à Paris, annonce les autorités

Près de 350 personnes ont été interpellées ce dimanche et dans la nuit rien qu'à Paris, ont souligné les autorités ce lundi matin. 

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Laurent Nuñez reconnaît un "manque d'anticipation" dans la mobilisation des forces de l'ordre

Interviewé ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu un "manque d'anticipation" dans la mobilisation des forces de l'ordre lors des émeutes de ce week-end. Le locataire de la place Beauvau a remis sa démission dimanche soir au président de la République, qui l'a refusée.  "J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe", a-t-il expliqué. 

"Oui, il y a eu une perte de contrôle" de la police dans certaines villes, a par ailleurs admis Laurent Nunez.

"Nous ne lâcherons rien" pour retrouver les casseurs, assure la procureure de Paris

"Nous ne lâcherons rien" pour retrouver les personnes ayant commis des violences et pillages dans la capitale depuis samedi, en marge de la mobilisation massive du 17 octobre, a assuré lundi la procureure de Paris.

"Nous allons rester mobilisés autant de temps qu'il faudra" pour répondre à ces "actes odieux", a poursuivi Laure Beccuau au micro de TF1, notamment grâce à des investigations approfondies, sous la forme d'enquêtes préliminaires concernant "les faits les plus graves".

Laurent Nuñez a présenté sa démission à Emmanuel Macron qui l'a refusée

Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.

"C'est désolant" : Paris se réveille après une nuit de chaos

Bâtiments publics incendiés, magasins pillés, vitrines brisées, poubelles incendiées… le pays se réveille après un véritable cauchemar de violences. Ce lundi matin, à Paris, les traces des dégradations sont encore bien visibles. Dans les rues de la capitale, habitants et commerçants découvrent, impuissants, l’ampleur des dégâts notamment dans le quartier des Halles.

Parmi les premiers témoins de cette matinée, John, d’origine irlandaise, vit à Paris depuis plus de quarante ans. Face aux dégradations, il ne cache ni sa tristesse ni son incompréhension. Pour cet habitant, voir les rues de la capitale dans cet état est un véritable crève-cœur. "C’est vraiment désolant de voir une génération qui est capable de faire ça et de mettre la France par terre", déplore-t-il. Retrouvez notre article ici.

Quel est le profil des casseurs interpellés par les forces de l'ordre ?

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 2.397 personnes ont été interpellées. La plupart est majeure, près de 90% des émeutiers arrêtés. Des jeunes hommes qui ont entre 18 ans et la trentaine d'années. Et parmi eux, deux types de profils : des jeunes issus de quartiers sensibles, mais aussi des éléments radicaux d'extrême-gauche. 

""Ce qu'on a vu, c'est du pilleur d'opportunité. Et après, derrière, on a aussi des membres bien souvent d'ultra-gauche, dits blackblocs, qui eux sont des habitués de la confrontation, des professionnels qui viennent uniquement pour en découdre avec nos collègues. On n'est pas sur du lycéen ou du manifestant classique", note Hubert Gimenez, policier et délégué syndical Unité. Retrouvez notre article ici.

Sous pression, l'exécutif tente de reprendre la main après le chaos

Fragilisé et critiqué de toutes parts, l'exécutif va tenter lundi de répondre à la colère et aux craintes soulevées par sa gestion de la mobilisation du 17 octobre, qui a viré au chaos dans de nombreuses villes et tourne à la crise politique.

Sous pression, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a chargé dimanche les préfets de "protéger nos villes", jugeant "insupportable" le saccage des rues et des magasins, et a promis "toute la transparence" sur le dispositif sécuritaire, étrillé notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.

Samedi, dans le sillage de la mobilisation nationale pour le pouvoir d'achat, de nombreuses villes ont été secouées par des pillages, destructions et émeutes dont l'ampleur a sidéré le pays.

"Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre", a affirmé Emmanuel Macron, après cette journée qui s'est soldée par près de 2.400 interpellations. Près de 1.000 membres de forces de l'ordre ont par ailleurs été blessés, selon les autorités.

"Nous ressentons tous (...) de la colère, de la honte", a poursuivi Emmanuel Macron, par ailleurs soumis au feu nourri des oppositions à six mois de la présidentielle.

Couvre-feu pour les mineurs en Guadeloupe après des violences

Le préfet de la région Guadeloupe a instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.

Une interdiction de circuler pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d'un adulte exerçant l'autorité parentale, sera en vigueur de 20H00 dimanche (00H00 lundi GMT) à 06H00 lundi matin (10H00 GMT), selon un arrêté préfectoral.

Cette mesure vise "avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences", a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué.

Après les violences, professionnels du commerce et du tourisme en appellent aux pouvoirs publics

Au lendemain de scènes de vandalisme contre d'innombrables commerces dans plusieurs villes de France, dont la facture pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros, les secteurs du commerce et du tourisme ont appelé les pouvoirs publics à mettre fin aux violences et à accompagner les entreprises touchées.

Confrontés ces dernières années aux manifestations de gilets jaunes, à la pandémie de Covid-19 puis à des poussées inflationnistes augmentant leurs charges et limitant leur fréquentation, professionnels du tourisme et commerçants refusent d'être les "victimes collatérales" de ces violences, ont prévenu l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) et la Confédération des commerçants de France (CDF).

Vitrines brisées, rideaux de fer arrachés, magasins pillés, parfois incendiés, de Paris à Marseille et Lyon en passant par Saint-Etienne ou Nice... Cela pourrait être "le coup de trop" pour des entreprises déjà à la peine, craint le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France).

"La République doit protéger ses commerçants!", a plaidé dans un message publié sur LinkedIn le président de la fédération de la grande distribution (FCD), Alexandre Bompard.

Selon sa première estimation, qui couvre l'ensemble des commerces français, environ 1.500 magasins ont été la cible des violences de samedi, avec une facture qui "se chiffrera en centaines de millions d'euros".