La première adjointe PS au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré dimanche "un manque de moyens" policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale.
Le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire a évoqué sur franceinfo "un niveau de violence que nous n'avons, je crois, jamais vu" à Paris. "À l'évidence", a relevé la première adjointe, "les forces de l'ordre hier ont été débordées, notamment à certains endroits".
Yaël Braun-Pivet va proposer une commission d'enquête parlementaire sur les violences et la stratégie de maintien de l'ordre, selon un communiqué.
Selon les informations d'Europe 1, on dénombre sur l'ensemble du territoire au moins 574 blessés "légers" parmi les CRS, et 19 "plus importants". Des chiffres en cours de consolidation.
Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, a estimé dimanche à 1.500 le nombre de commerces directement touchés par les violences de la veille, pour une facture de centaines de millions d'euros.
"C'est un peu tôt" pour évaluer l'ampleur des dégâts mais "pour tout le commerce français, 1.500 commerçants ont été touchés directement" et la facture sera "très élevée", a-t-il dit sur LCI en évoquant un montant de "plusieurs centaines de millions d'euros".
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a indiqué dimanche matin sur X que 1.800 personnes avaient été interpellées dans le cadre des violences et pillages commis en France samedi et jusque dans la nuit.
Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un. Attaquer nos forces de l’ordre, s’en prendre à nos institutions, dégrader des bâtiments publics, s’introduire dans des préfectures ou des mairies, piller des commerces : rien ne peut le justifier. Au lendemain de cette journée du 17 octobre qui dans certaines villes s’est poursuivie très tard, je remercie vivement et j’apporte mon total soutien aux policiers, aux gendarmes et aux sapeurs pompiers qui, partout en France, sont intervenus dans des conditions extrêmes. Dès la mi-journée, à Marseille dès le matin, des exactions étaient commises par plusieurs milliers d’individus d’ultra gauche décider à s’en prendre à nos bâtiments publics et à prendre à partie nos forces de l’ordre. Par la suite, ils ont été rejoints par des délinquants qui ont pillés et saccagés de nombreux commerces dans plusieurs villes en France : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice, Limoges, … et bien d’autres. Pour l’heure, 1800 personnes ont été interpellées et dès aujourd’hui des enquêtes sont menées pour identifier les auteurs de ces actes pour qu’ils en répondent devant la justice. A ce stade, plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés pris dans ces scènes de violences. Ce bilan sanitaire n’est malheureusement que provisoire. Les dégâts matériels sont considérables, pour notamment plusieurs centaines de commerçants. La République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la violence.
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) October 18, 2026
"À ce stade, plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés, pris dans ces scènes de violences", a ajouté le ministre, évoquant un bilan qui "n'est malheureusement que provisoire". Laurent Nuñez se rendra lundi à Marseille, où samedi "des exactions (ont été) commises par plusieurs milliers d'individus d'ultragauche", ensuite "rejoints par des délinquants qui ont pillé et saccagé de nombreux commerces".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu va présider dimanche à 19H00 une cellule interministérielle de crise, au lendemain des violences qui ont éclaté en marge des manifestations du 17-octobre, a annoncé Matignon.
Après les ses saccages et pillages de magasins dans plusieurs villes de France, cette réunion portera sur trois volets, "économie-commerce", "assurance" et "suivi judiciaire", a fait savoir Matignon, alors que des maires, notamment de Paris, Lyon, Marseille ou Limoges demandent des engagements de la part de l'exécutif.
La patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a jugé dimanche que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez n'avait "pas d'autre issue" que la "démission", l'accusant d'avoir été "incapable de prévoir un dispositif adéquat" pour prévenir les violences en marge des manifestations du 17 octobre.
"Laurent Nuñez est manifestement dépassé par la situation, dont il a clairement sous-estimé l'ampleur", a jugé sur X la candidate à la présidentielle, arguant que "des villes entières" ont été "abandonnées aux casseurs", "pendant que des manifestants pacifiques étaient violentés".
Dans une publication sur X samedi, le Rassemblement national avait lui estimé que "dans une démocratie normale, Laurent Nuñez aurait déjà démissionné".