Le ministre de l'Intérieur a réagi aux images du policier roué de coups à Belfort. Laurent Nunez a assuré qu'"une enquête a été ouverte par le procureur de Belfort pour tentative d’homicide volontaire". Il ajoute que "tout sera mis en œuvre pour identifier les auteurs de cet acte abjecte".
Ces images d’une rare violence sont insoutenables.
Le policier volontairement ciblé a été hospitalisé après avoir perdu connaissance. Son état n’inspire heureusement plus d’inquiétude majeure à cette heure. Toutes mes pensées l’accompagnent.
Une enquête a été ouverte par le… https://t.co/jRONDcMUIT— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) October 2, 2026
Un policier a été violemment frappé vendredi à Belfort par des "émeutiers", a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dénonçant un "acte abject" en plein mouvement de contestation dans les lycées.
"Le policier volontairement ciblé a été hospitalisé après avoir perdu connaissance. Son état n'inspire heureusement plus d'inquiétude majeure à cette heure", a indiqué le ministre sur le réseau social X, commentant une vidéo où on voit le policier en civil jeté à terre et frappé, notamment de coups de pied à la tête.
"Tout sera mis en oeuvre pour identifier les auteurs de cet acte abject", a déclaré M. Nuñez. Il a exprimé son "total soutien aux policiers et gendarmes qui interviennent dans des conditions difficiles et quand ils engagent la force, conformément à mes instructions, ils ne font pas face à des manifestants mais à des émeutiers".
Les fait se sont déroulés vendredi à 09h15, aux abords du lycée Courbet de Belfort, alors que l'officier en civil venait d'interpeller un jeune homme, a indiqué le procureur de Belfort, Paul-Edouard Lallois, à l'AFP.
Le policier "a été pris à partie par une horde sauvage de jeunes gens qui l'ont fait tomber au sol et roué de coups de poing et de pied, notamment au niveau de la tête", a-t-il poursuivi.
Le jeune interpellé en a profité pour s'enfuir.
Des renforts de police "sont rapidement intervenus pour disperser le groupe d'agresseurs" et porter secours au policier. Celui-ci a eu "une brève perte de connaissance" et présente "plusieurs plaies" au visage.
Un adolescent de 17 ans, scolarisé au lycée Courbet, a été interpellé dans la foulée. Il n'est "pas formellement identifié comme ayant porté des coups. Les investigations sont en cours pour vérifier son implication", a précisé le procureur.
Le parquet de Belfort a ouvert une enquête pour "tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique en réunion".
À Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, dans le secteur du lycée Jean-Pierre-Timbaud, des affrontements ont eu lieu entre lycéens et forces de l'ordre, avec des tirs de mortier et des jets de pierre en réponse aux tirs de gaz lacrymogène des CRS, déployés massivement.
Face à eux, plusieurs groupes de jeunes, certains le visage masqué, tentent d'installer des barricades sur la route et mettent le feu à des palettes et à des plots de signalisation. La station de métro est fermée et l'avenue est complètement noyée dans un épais nuage de fumée et de gaz lacrymogène. De la fumée qui entre jusque dans les commerces, où plusieurs personnes, notamment des riverains, ont trouvé refuge.
C'est le cas de Cynthia et de sa fille de 14 ans. "Inquiétant, stressant pour ma fille bien sûr, parce qu'avoir des mortiers, des pétards tout le temps, c'est choquant. Je ne suis pas d'accord avec la violence. Ils manifestent pour s'exprimer de leurs droits, ils ont totalement raison. Après par contre pour dégrader, non. Parce que si vous voulez être entendu, ce n'est pas en faisant des dégradations. malheureusement que vous allez être entendus", déplore-t-elle.
Une mobilisation lycéenne contre les mauvaises conditions d'apprentissage et le manque de moyens dédiés aux établissements, qui semble donc ici avoir viré à l'émeute. À Aubervilliers, ce vendredi matin, ces scènes d'affrontement se sont répétées depuis 8h30 dans trois lycées différents situés dans le même secteur.
Le mouvement des lycées se poursuit vendredi avec 564 établissements qui "ont fait ou font l'objet d'actions ou de perturbations depuis le début de la journée", a indiqué à la mi-journée le ministère de l'Éducation nationale.
Le ministre Édouard Geffray avait indiqué plus tôt dans la matinée que près de 400 lycées (sur les 3.700 dans le pays) étaient fermés vendredi, de nombreux établissements prévoyant d'assurer les cours à distance.
Le feu a endommagé les entrées de deux lycées parisiens en plein mouvement de contestation de lycéens en France, a constaté vendredi matin un photographe de l'AFP.
Les sapeurs-pompiers de Paris sont intervenus au lycée Léonard de Vinci dans le XVe arrondissement (sud de la capitale) pour éteindre les flammes au pied de la grille d'entrée.
Dans le sud-est de Paris, dans le XIIIe arrondissement, l'entrée d'un lycée professionnel a été noircie par les flammes après qu'un feu de vélo et de poubelles s'est propagé aux grilles de l'établissement, a indiqué la préfecture de police.
Les sapeurs-pompiers de Paris ont éteint le feu vers 07H55, selon la même source.
Les portes d'entrée et les marches menant au lycée professionnel Gaston-Bachelard dans le XIIIe arrondissement ont été endommagées, et quelques vitres cassées par l'incendie, selon un photographe de l'AFP.
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke a estimé vendredi à "entre 25 et 30 millions d'euros" les dégâts provoqués par les violences liées au blocage des lycées, répétant que les "casseurs" devront être "pénalisés" financièrement.
"On est dans l'estimation, et, à date, nous sommes entre 25 et 30 millions d'euros" de dégâts, "entre les établissements, les abords des établissements et les véhicules attaqués", a déclaré le président LR de la Région sur la radio franceinfo. Selon lui, 93 lycées restaient fermés vendredi sur un peu plus de 300 dans la région.
Il a également affirmé que les services de la région procédaient à "l'identification" des "fauteurs", travaillant "main dans la main dans ce sens avec les forces de l'ordre, y compris avec la préfecture".
"Ils se mettent en scène, il y a beaucoup de vidéos sur les réseaux sociaux, on a aussi des captations de nos vidéo-surveillance, et des vidéos faites directement dans les établissements", a-t-il détaillé.
Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a demandé vendredi de l'aide aux parents car "dans la rue, les enfants sont en danger".
"Les parents, très clairement doivent se mobiliser et dire à leurs enfants de ne pas aller" dans les blocages, a-t-il enjoint sur BFMTV. "Maintenant ce qui compte c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu'ils sont en danger".
Quarante proviseurs ont été blessés depuis le début du mouvement de blocage des lycées, a annoncé vendredi le ministre de l'Éducation Edouard Geffray. "À ce stade, on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même", a déclaré le ministre sur BFMTV, sans entrer dans le détail des blessures les concernant.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire "payer les réparations", a-t-il dit vendredi sur RTL.
Depuis le début du mouvement, environ 2.000 personnes ont été placées en garde à vue "dont 90% de mineurs", tandis qu'un tiers des interpellés l'ont été pour des violences commises contre les personnes, a détaillé Gérald Darmanin.
À Haubourdin, dans le Nord, àquelques mètres du lycée Beaupré, le foyer du club de foot a été saccagé, les téléviseurs détruits et les vitres brisées. Juste à côté, la salle des fêtes a été pillée.
Tout a été brulé, on n’a plus aucun jeux de cartes, jeux de société. Je suis écœuré, ils ont tout cassé, ils nous ont enlevé nos rêves. À quoi ça leur a servi ? J’ai du mal à comprendre à mon âge", déplore Anita, présidente du club des aînés. Retrouvez notre article ici.
Cela fait trois jours que Clément, élève de terminale à Toulouse, n'est pas allé en cours. Il fait partie des grévistes, et pour lui, c'est un peu à la carte. "Là, je me promène avec un ami. On va aller manger dehors et tout. Bon, je devrais être en cours de mathématiques là. Ça nous laisse quelques petites journées de repos pour profiter", assure-t-il.
Clarisse est quant à elle plus assidue et n'a manqué aucune manifestation. Mais niveau revendication et culture politique, c'est encore un peu juste. "Je suis de droite, euh non, c'est juste que je confonds ma droite et ma gauche. Moi, je suis de gauche, du côté du FLN... Oh, non non, je ne suis pas sûre. Euh, LFI. Parce que c'est ma grande sœur qui me l'a dit", s'égare cette dernière. Retrouvez notre article ici.
Proviseurs agressés, dégradations, incendies... Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.
Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.
En tout, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l'ordre ont procédé à près de 2.000 interpellations, selon les autorités. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".
Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s'est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, devrait se poursuivre vendredi, le gouvernement espérant l'apaisement après avoir condamné des "violences urbaines".
A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là, en réponse à un mouvement de blocage des établissements émaillé de violences, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Intérieur.