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En directBlocus des lycées : Sébastien Lecornu demande à ses ministres d'annuler leurs déplacements dans les prochains jours

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Les lycéens qui réclament notamment des remplacements de professeurs et davantage de moyens, espèrent jouer jeudi l'"acte deux" de leur contestation, émaillée de violences, avec les étudiants qui devraient se joindre à eux. Suivez notre direct
Sébastien Lecornu demande à ses ministres d'annuler leurs déplacements dans les prochains jours

Sébastien Lecornu a demandé jeudi à ses ministres de renoncer à leurs déplacements dans les prochains jours en raison du mouvement de blocage mené par des lycéens, afin de laisser les préfets gérer la situation, a rapporté son entourage.

"Au regard de l'évolution de la mobilisation aux abords des lycées et universités, il est nécessaire d'annuler ou reporter ultérieurement vos VO (voyages officiels, ndlr) prévus cette semaine et en début de semaine prochaine, afin que les préfectures concentrent leur moyens à la gestion de la situation" et non à ces déplacements, a écrit le Premier ministre aux membres de son gouvernement, selon la même source.

Une matinée mouvementée en Seine-Saint-Denis

La matinée a été très mouvementée devant plusieurs établissements de Seine-Saint-Denis. Devant un lycée de Pantin, plusieurs jeunes, visages masqués et habillés de noirs, ont mis le feu à des poubelles. Un incident suivi forcément par une intervention des CRS et des affrontements entre forces de l'ordre et lycéens. "On n'est pas d'accord avec ce fait de cramer, mais on ne peut pas se concentrer uniquement sur ça", dénonce Simon, élève de première dans l'établissement au micro d'Europe 1. 

De nombreux lycéens dénoncent des conditions d'apprentissage dégradées, des salles insalubres, le manque d'enseignants. Mais les incidents sont nombreux  en Ile-de-France et ailleurs. Ainsi, un incendie a ravagé l'entrée d'un lycée dans le 19e arrondissement de Paris. Un proviseur a été blessé également en Ile-de-France.

Alerte
Bus, tramway et métro interrompus à Marseille

La circulation des bus, tramways et métros a été interrompue jeudi à Marseille en raison "des déprédations et des agressions de conducteurs" survenues dans la matinée sur le réseau, en marge du mouvement des lycées, a annoncé la Régie des transports métropolitains (RTM).

"L'exploitation reprendra dès que les conditions le permettront, en lien avec les forces de l'ordre", a précisé la RTM, dans un communiqué, ajoutant que l'exploitation du tramway d'Aubagne est également interrompue.

Sur les réseaux
Le ministre de l'Éducation demande que les cours soient assurés à distance dans les lycées bloqués

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a demandé dans un post X "que les cours soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocus empêchent l’accueil des élèves en toute sécurité".

Alerte
Les trams interrompus à Strasbourg pour "limiter les mouvements" des manifestants

La circulation des tramways est interrompue à Strasbourg, à la demande de l'Etat, "afin de limiter les mouvements des casseurs et manifestants", a annoncé jeudi le préfet du Bas-Rhin, alors que des dégradations se produisent devant plusieurs lycées de la capitale alsacienne.

Le préfet Amaury de Saint-Quentin a en outre interdit jusqu'à vendredi la détention, le transport et l'utilisation de mortiers d'artifices ainsi que le transport de carburant en bidon, selon un communiqué de la préfecture.

Sébastien Lecornu présidera une cellule interministérielle de crise à 13 heures

Face à la montée de la mobilisation lycéenne et aux violences qui ont émaillé plusieurs blocages, Sébastien Lecornu convoque une cellule interministérielle de crise ce jeudi à 13 heures, selon une information qu'Europe 1 peut confirmer. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et le ministre de la Justice Gérald Darmanin doivent notamment y participer.

Le hall d'un lycée détruit par un incendie à Nantes

Le hall du lycée Nelson Mandela, dans le centre de Nantes, a été détruit par un incendie jeudi matin lors du blocage de l'établissement, a constaté une journaliste de l'AFP. Un "incendie volontaire", dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché et s'est propagé sur la façade du lycée avant d'être maîtrisé, a déclaré à l'AFP la proviseure adjointe, Gaëlle Cordier. De nombreux pompiers se trouvaient sur place peu après 10 heures et des lycéens restaient devant l'établissement, a constaté l'AFP.

Jeudi, des lycées sont bloqués un peu partout en France, à Paris, Marseille, Strasbourg et Rennes où le lycée Bréquigny, le plus gros de Bretagne, était bloqué en début de matinée par un attroupement devant l'une des entrées, a constaté une journaliste de l'AFP.

Pour tenter de mettre fin à la propagation du mouvement qui a débuté mardi, Edouard Geffray a annoncé l'ouverture d'une "plateforme de concertation" à laquelle "tous les lycéens pourront contribuer". Situé sur l'île de Nantes, le lycée public polyvalent Nelson Mandela accueille plus de 1.700 élèves et étudiants, selon son site internet.

Le lycée Nelson Mandela de Nantes en feu, la présidente de la région dénonce "la volonté de semer le chaos et de tout détruire"

Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, a dénoncé ce jeudi les violences qui accompagnent les blocages de lycées. Sur les réseaux sociaux, elle affirme que le lycée Nelson-Mandela, à Nantes, a été touché par un incendie, évoquant également des départs de feu "à des dizaines d’autres endroits". Elle dénonce "la même violence" et "la même instrumentalisation politique", estimant que ces violences ne représentent pas la jeunesse française. "Aucune revendication à satisfaire, juste la volonté de semer le chaos et de tout détruire", ajoute-t-elle.

La présidente de région, qui avait déjà fait état de dégradations dans plusieurs établissements des Pays de la Loire, appelle également à soutenir les policiers et les pompiers mobilisés face aux incidents. Son témoignage intervient alors que le mouvement lycéen s’est étendu ces derniers jours, avec des blocages et des violences dans plusieurs villes, tandis que les organisations lycéennes maintiennent leur appel à poursuivre la mobilisation ce jeudi 1er octobre.

Comment les militants d’extrême gauche manipulent le mouvement

Aux origines du mouvement, le blocage d’un lycée à Créteil, lié à une problématique locale de manque de moyens. Mais très vite, un syndicat, l’Union syndicale lycéenne, classée à l’extrême gauche, y voit une opportunité. Cette organisation se revendique antifasciste, écologiste et féministe.

Sa stratégie ? Élargir le mouvement aux autres lycées de banlieue parisienne, puis à l’ensemble du territoire. Et cela fonctionne, au point d’attirer l’attention de plusieurs autres associations d’ultra-gauche devant les établissements scolaires, comme Le Poing levé, un collectif étudiant anticapitaliste, révolutionnaire et marxiste, affilié au parti Révolution permanente. Retrouvez notre article ici.

«La violence et le chaos sont le mode opératoire de LFI», clame Laure Lavalette

Le blocus des lycées n’est-il pas un prélude à ce qui pourrait se passer en mai 2027 si Marine Le Pen accédait à l’Élysée ? Depuis le début du mouvement lycéen, de nombreux élus de La France insoumise ont apporté leur soutien aux élèves mobilisés. Pour Laure Lavalette, députée RN du Var et invitée de La Grande interview sur Europe 1 et CNEWS ce jeudi, "la violence et le chaos sont le mode opératoire de LFI". Retrouvez notre article ici.

Un mouvement de plus en plus violent

Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l'Intérieur.

Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.

L'IGPN, la "police des polices", a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l'ordre sont intervenues "avec beaucoup de proportionnalité".