En directBlocus des lycées : 71.500 personnes ont manifesté en France, 504 interpellations

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avec AFP
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Les étudiants de l'Université Panthéon-Assas ont bloqué leur établissement, ce jeudi 8 octobre. [SIMON WOHLFAHRT / AFP]
Malgré les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu mercredi, les lycéens et étudiants poursuivent leur mouvement de blocage, ce jeudi 8 octobre. Selon le ministère de l'Éducation nationale, ce sont au moins 375 établissements scolaires (soit environ 10% de ceux du pays), qui sont "totalement ou partiellement suspendus". Suivez notre direct.
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71.500 personnes ont manifesté en France, dont 24.500 à Paris

D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur, 71.500 personnes ont manifesté en France, dont 24.500 à Paris, dans le cadre de la mobilisation lycéenne. Aussi, 504 interpellations ont été menées, et 48 policiers et gendarmes ont été blessés.

Les représentants des lycéens mitigés après leur rencontre avec les ministres

Deux des représentants des lycéens reçus jeudi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur se sont dits insatisfaits à l'issue de la réunion et ont appelé à la mobilisation mardi, tandis que Renouveau lycéen a salué des "avancées".

"On nous annonce quelques miettes et sur Parcoursup on nous dit plus de transparence. Nous, on lui a dit clairement, on ne veut pas davantage savoir comment on se met à sélectionner. On veut abroger Parcoursup", a affirmé à la presse le représentant de l'Union syndicale lycéenne (USL), Marius Mesnil.

Du côté de Les Lycéens!, Louis Letoublon appelle également à poursuivre le mouvement. "Le ministre nous a fait des annonces qui, sur un sujet seulement, la démocratie scolaire, sont satisfaisantes. Sur le reste, elles ne le sont absolument pas", a-t-il déclaré, souhaitant "intensifier le mouvement pour garder le rapport de force auprès du gouvernement".

Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary - également adhérent du parti Renaissance - a lui salué "quelques avancées" et s'est dit "satisfait". "Sur la suppression du lycée d'origine sur Parcoursup, l'expertisation est en cours", a-t-il rapporté.

Un lycée en partie saccagé près de Bordeaux

Un lycée proche de Bordeaux a été en partie "saccagé" jeudi par des jeunes, en marge de la mobilisation lycéenne, provoquant plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts selon de premiers chiffrages.

Après une assemblée générale entre élèves, professeurs et direction en début de matinée, qui s'était "très bien passée" selon le proviseur, des jeunes "cagoulés et masqués" se sont introduits dans cet établissement polyvalent de Lormont, où "ils ont saccagé" plusieurs salles de classe, cassant des vitres et du matériel informatique.

"Une dizaine" d'ordinateurs, d'une valeur d'environ 3.000 euros pièce, ont été volés, d'autres endommagés. Une pièce abritant un stock de papiers coûteux, utilisés par l'imprimerie de la section graphique du lycée, a été incendiée pour un préjudice évalué "entre 100.000 et 200.000 euros".

Sur les 1.200 élèves de l'établissement, environ 500 étaient présents au moment des faits, selon le proviseur. "J'avais un groupe d'excités à l'extérieur, cagoulés bien sûr, masqués, qui lançaient des caillasses sur les forces de l'ordre", a relaté Thierry Malewicz lors d'un point-presse sur place en fin de journée.

Des incidents place de la Bastille

Des incidents sont signalés la place de la Bastille à Paris, en marge de la manifestation parisienne. Des jets de pavés et des tirs de mortiers d'artifice sur les forces de l'ordre, positionnées rue de la Bastille, ont été constatés peu après 16 heures, sans faire de blessés, rapporte une source policière à Europe 1. Un peu plus tard, vers 17 heures, un groupe de black blocs a jeté du mobilier urbain sur des forces de l'ordre, contraintes de riposter rue de la Bastille.

La place de la Bastille est remplie de monde. En accord avec l'organisateur, les agents vont escorter le départ d'un cortège vers la place de la Nation, ajoute cette source policière.

Édouard Geffray prendra la parole au 20H de TF1

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, prendra la parole au cours du journal télévisé de 20H de TF1 ce jeudi soir pour évoquer la colère lycéenne, indique une source à Matignon. Il fera état "des premières restitutions des revendications remontées par les lycéens, et annoncera de premières mesures concrètes", ajoute cette source.

Appel à la grève pour mardi 13 octobre prochain

Dans une allocution à la presse, l'intersyndicale étudiante et syndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation et de grève la semaine prochaine, plus précisément le mardi 13 octobre prochain, pour un acte V.

"Nous appelons à la grève l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, en intersyndicale, mardi", a déclaré Caroline Chevé, secrétaire nationale FSU, depuis le cortège parisien.

"Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante. "J'appelle toutes et tous à rejoindre encore plus massivement les mobilisations (...) et les manifestations dès ce mardi dans une grande manifestation sur tout le territoire".

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Le cortège parisien s'est élancé

La manifestation parisienne a débuté peu avant 15 heures.

A Lille, une mobilisation qui dure

À Lille, nouvelle journée de manifestation pour les lycéens. Le défilé s'est lancé vers 12h30 avec plusieurs milliers de lycéens, mais aussi d'étudiants et d'enseignants qui se sont rassemblés. Sur leurs affiches, les mêmes revendications que depuis le début du mouvement : "'Plus de fric pour les lycées', 'Stop aux emplois du temps trop chargés', 'Parcoursup, machine à tri social". 

 Parmi les jeunes présents dans le cortège, beaucoup estiment ne pas avoir été entendus par le Premier ministre. "Pourquoi attendre la fin du mois d'octobre pour prendre des décisions ? C'est encore dans une vingtaine de jours ! On peut agir maintenant aussi. Moi je manifeste aussi parce qu'il y a une bonne ambiance avec les manifestants, c'est agréable, on a l'impression d'être utile à la cause", conclut un jeune homme au micro d'Europe 1.

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Un "plan d'urgence" sur les remplacements d'ici "quelques heures ou quelques jours"

Le ministre de l'Education Edouard Geffray a indiqué jeudi qu'il présenterait un "plan d'urgence" sur la question du non-remplacement d'enseignants absents, une des préoccupations exprimées par les lycéens mobilisés, d'ici "quelques heures ou quelques jours".

Sur le remplacement des enseignants, "on a un plan d'urgence, dont j'aurai l'occasion de détailler des données précises d'ici probablement quelques heures ou quelques jours", a-t-il déclaré à la presse à Reims, après y avoir rencontré des élèves du lycée professionnel Raymond Kopa. A propos de sa rencontre avec les trois principales organisations lycéennes dans l'après-midi, il a indiqué qu'il comptait notamment "leur expliquer ce qu'on a fait sur la question des remplacements".
 

La police n'a "pas un armement disproportionné", selon la porte-parole du gouvernement

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a maintenu jeudi que la police n'avait "pas un armement disproportionné" face au mouvement lycéen et que les jeunes n'étaient "pas en danger" face aux forces de l'ordre, alors que les critiques se multiplient sur la gestion sécuritaire du conflit par le gouvernement.

"Non, on n'a pas un armement disproportionné en France", a martelé la ministre sur franceinfo, soutenant que "les policiers lorsqu'ils sont face à un lycée avec un blocage, font la part des choses" et agissent avec "proportionnalité" et "discernement".

Elle a comparé les jeunes grièvement blessés dans les manifestations, notamment le mineur de 15 ans qui a eu la main arrachée par une grenade assourdissante, aux "plus de 700 policiers et gendarmes blessés" depuis le début du mouvement à la mi-septembre.

Les cours à distance sont aussi perturbés par les bloqueurs

Musique, hurlements, mauvaises blagues et moqueries. Ces cyberblocages rendent rapidement les cours en ligne complètement inaudibles et poussent certains enseignants à laisser tomber. "Je suis désolé pour les autres, mais j'arrête. Tant pis, je vous souhaite une bonne journée", peut-on lire sur un chat. 

Une continuité pédagogique bien difficile, voire impossible à maintenir face à cette contestation virtuelle, regrette Maxime Reppert, vice-président national du syndicat des lycées et collèges. "Perturber des cours en distanciel, c'est avant tout perturber les autres élèves sans qu'il y ait une visibilité comme il peut y avoir dans le cas de rassemblement devant les établissements", insiste-t-il.

À Marseille, les forces de l'ordre organisent leur présence sur le terrain avec l'aide de la vidéoprotection

Organiser la présence policière sur le terrain pour éviter les débordements et la violence, c'est la principale mission des forces de l'ordre. "Nous ne pensions pas que le mouvement partirait si vite", ont confié hors micro, des policiers qui font tout pour reprendre le dessus sur le mouvement lycéen, avec l'aide de la vidéosurveillance.

"Sur toutes les grosses affaires, nous avons réussi à interpeller très rapidement les auteurs et, très souvent, grâce aux caméras de vidéoprotection. Nous avons pu le voir avec l'affaire de la jeune femme qui a été brûlée au visage par un jeune de 15 ans. C'est grâce aux caméras de vidéoprotection que l'on a pu le retrouver", affirme Rudy Manna, porte-parole du syndicat Alliance Sud. Retrouvez notre article ici.

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375 établissements affectés ce matin par les blocages

Les cours sont "totalement ou partiellement suspendus" dans 375 établissements scolaires sur les 3.700 établissements que compte le pays, selon les chiffres prévisionnels du ministère de l'Éducation jeudi matin.

"224 établissements connaissent une fermeture totale et 151 rouvrent partiellement", a déclaré le ministère soulignant que "94% des établissements sont donc ouverts, soit totalement, soit partiellement".

Deux jours après une forte mobilisation mardi pour demander plus de moyens, les lycéens et étudiants sont de nouveau appelés à manifester jeudi, alors que le gouvernement multiplie les signes d'apaisement pour mettre fin à la crise.

Jeudi matin, le ministère a annoncé que le nombre d'établissements où les cours sont totalement ou partiellement suspendus était en baisse de 30% comparé à la veille, mercredi. L'Union étudiante a appelé dans un message sur X à bloquer jeudi matin les lycées et campus, puis à rejoindre des rassemblements devant les préfectures d'Ile-de-France entre midi et 14 heures.

Peu après une rencontre avec le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, la porte-parole du syndicat étudiant, Sabrine Kharbach, a de son côté appelé à rejoindre la place de la Bastille à 15 heures.