À 18 ans, Nathanaël Combary a été reçu au ministère de l'Éducation nationale dans le cadre du mouvement de protestation des lycéens, en tant que président du conseil d'administration de Renouveau lycéen, une organisation qui veut représenter les intérêts des élèves du secondaire. Il est toutefois pointé du doigt par La France insoumise pour ses engagements politiques.
Il est une figure du mouvement lycéen qui ne fait pas l'unanimité, notamment auprès de la gauche radicale. Nathanaël Combary, étudiant de 18 ans, est président du conseil d'administration de Renouveau lycéen, un syndicat qui entend défendre les intérêts des élèves du secondaire.
Le jeune homme a été reçu le 2 octobre dernier au ministère de l'Éducation nationale avec d'autres représentants des lycéens. À la sortie, il a salué "une écoute et un dialogue qui a été restitué et renoué", et dénoncé "les violences urbaines", appelant à "s'en désolidariser complètement".
Un "faux lycéen" pour Jean-Luc Mélenchon
La veille, Nathanaël Combary avait répondu aux questions de Pascal Praud sur Europe 1, dans l'émission Pascal Praud et vous. Comme d'autres porte-parole de lycéens, il avait pris fait et cause pour les revendications, notamment les emplois du temps surchargés, la vétusté et la mauvaise isolation des bâtiments. Il estimait que les blocages des lycées étaient "l'illustration concrète que le dialogue (avait) été rompu" avec les autorités.
Malgré tout, celui qui est désormais un étudiant subit les foudres des partis de gauche radicale, et notamment La France insoumise. Sur X, le leader du mouvement et candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, l'a qualifié samedi 3 octobre, au lendemain de sa rencontre au ministère de l'Éducation, de "faux lycéen mis en scène par BFM".
Et maintenant voici le faux lycéen mis en scène par BFM. Nathanaël Combary. Il dit que les revendications des lycéens ne sont pas écoutées. Mais Nathanaël dénonce le mouvement lycéen qui "dérape". Il est contre la violence "abjecte" et dénonce la récupération politique par LFI... Mais Nathanaël n’est pas lycéen. Il est membre de la campagne électorale de... Gabriel Attal. Il est également employé de Minerva, une agence de com macroniste présidée par Louis Jublin, conseiller de Gabriel Attal. Le monde est petit en macronie. Donc Nathanaël dénonce la récupération politique... tout en étant payé sans le dire par un parti politique du gouvernement et son candidat. Ne soyez pas comme Nathanaël. Restez honnête et franc. Assumez vos idées. Ne servez pas Macron ni sa police de la pensée.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 3, 2026
Comme d'autres personnalités politiques, il est reproché à Nathanaël Combary d'être proche de Gabriel Attal, le président du parti présidentiel Renaissance et également candidat à la présidentielle de 2027. "Il est membre de la campagne électorale de Gabriel Attal. Il est également employé de Minerva, une agence de com' macroniste présidée par Louis Jublin, conseiller de Gabriel Attal. Le monde est petit en macronie", a taclé Jean-Luc Mélenchon.
"Je suis adhérent au parti Renaissance, je ne l’ai jamais caché"
Ces reproches ont poussé l'intéressé à réagir. Également sur X, Nathanaël Combary a affirmé qu'il avait été victime de "centaines de messages d'insultes et de menaces", et a confirmé qu'il était adhérent au parti Renaissance. "Je ne l'ai jamais caché", a-t-il ajouté.
Ces dernières heures, j'ai reçu des centaines de messages d'insultes et de menaces. Je vois ce qui est écrit sur moi, jamais je n'aurais imaginé un tel déferlement au sujet de mon engagement en faveur de la jeunesse. Je souhaiterais y réagir. Je suis en effet adhérent au parti Renaissance, je ne l’ai jamais caché. Renouveau lycéen a été fondé en 2021 par des jeunes venus de tous les horizons politiques : LFI, NPA, LR, PS, Renaissance, mais aussi des jeunes sans parti ou simplement peu intéressés par la politique. Nous partageons une charte de valeurs commune et, malgré nos différences, nous travaillons ensemble. Nous nous sommes réunis parce que nous refusons l’idée qu’il faille choisir un camp pour avoir le droit de défendre les lycéens. Notre seul combat, c’est la réussite des élèves, partout en France. Je ne suis effectivement plus lycéen : je suis étudiant depuis la rentrée 2026. J’ai continué à porter la voix des lycéens, c’est parce que les nouveaux représentants lycéens ne sont toujours pas élus. Comme chaque année, il est d’usage d’attendre que les élections des Conseils de Vie Lycéenne se soient déroulées pour renouveler les dirigeants des organisations lycéennes. C’est le cas pour le président de l’Union Syndicale Lycéenne comme pour le président de l’association Les Lycéens!. Enfin, je ne suis pas communicant pour Minerva. J’y ai commencé un stage le 31 août 2026 et, avant ma première prise de parole, j’ai cessé mon activité de stagiaire au sein de cette entreprise. Je n’ai jamais caché mes engagements. Je continuerai à défendre mes convictions et la cause lycéenne avec la liberté que Renouveau Lycéen me permet d’avoir, ce qui n’est pas le cas partout.
— Nathanaël Combary (@NDAcombary) October 3, 2026
Le jeune étudiant a aussi expliqué pourquoi il continuait "à porter la voix des lycéens". "Les nouveaux représentants ne sont toujours pas élus. Comme chaque année, il est d’usage d’attendre que les élections des Conseils de vie lycéenne se soient déroulées pour renouveler les dirigeants des organisations lycéennes", a-t-il souligné. Le jeune homme de 18 ans a également démenti être communicant pour Minerva, comme l'en accuse Jean-Luc Mélenchon.
Son profil tranche avec celui d'un autre représentant des lycéens, Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne et lui aussi bachelier depuis peu. Ce dernier, proche de LFI, défend les blocages et les manifestations, et appelle à poursuivre le mouvement, dénonçant une "violence inouïe" de la part des forces de l'ordre. Il estime que cette mobilisation ne souffre d'"aucune instrumentalisation" politique.