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En directBlocus des lycées : «Notre priorité absolue est de protéger nos élèves», affirme le ministre de l'Éducation Édouard Geffray

[Ludovic MARIN / AFP]
Ce mardi 6 octobre marque l'acte III du mouvement de mobilisation lycéenne. Les lycéens vont de nouveau manifester partout en France pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement. Des cortèges sont organisés dans une trentaine de villes. À Paris, entre 20.000 et 40.000 manifestants sont attendus. Suivez notre direct.
«Notre priorité absolue est de protéger nos élèves», affirme Édouard Geffray

"Notre priorité absolue est de protéger nos élèves", a affirmé mardi le ministre de l'Education nationale Édouard Geffray, assurant être "en train de traiter" les revendications des lycéens qui s'apprêtent à manifester dans la journée. Le ministre a qualifié de "drame" le fait qu'un adolescent de 15 ans ait eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi.

"Depuis le début, j'ai appelé au dialogue, à ne pas encourager les blocages parce que dès les premiers jours, on a vu des éléments ultraviolents infiltrer les mouvements lycéens", a affirmé le ministre.

Il a souligné que "215 élèves ont été blessés, dans leur immense majorité par des individus violents" depuis le début du mouvement et "dans ce cas-là, il faut interpeller les individus qui mettent en danger la vie des autres", a-t-il affirmé.

Trouvant "très sain pour la démocratie sociale lycéenne qu'il y ait une manifestation" déclarée, Édouard Geffray a assuré que "(sa) préoccupation première est que les élèves et personnels soient protégés". "Les revendications lycéennes, je suis en train de les traiter", a-t-il ajouté.

Il a notamment annoncé le lancement, depuis lundi sur agora.gouv, d'une plateforme "où chaque lycéen va pouvoir poser sa contribution".

Les Écologistes appellent à manifester en blanc "pour protéger nos enfants"

Les Écologistes ont appelé élus et parents à rejoindre la mobilisation lycéenne après-midi "avec des casques blancs, des brassards blancs, des vêtements blancs, pour aller protéger nos enfants dans les manifestations", a déclaré leur cheffe Marine Tondelier.

"Toutes familles politiques confondues, on devrait avoir en commun ce souci de permettre à nos jeunes, ceux qui le souhaitent, d'exprimer leurs revendications en sécurité", a-t-elle déclaré devant un lycée de Lens (Pas-de-Calais) au lendemain d'un incident au cours duquel un élève de l'établissement a eu la main arrachée par une grenade policière, dans des circonstances restant à déterminer.

"Moi, j'y serai. Et je pense que si je suis capable d'y être cet après-midi, tout le monde peut l'être", a estimé Marine Tondelier, qui a accouché il y a moins de trois semaines d'un petit garçon. Elle est revenue à la charge contre le "problème de la doctrine du maintien de l'ordre française (...) qui permet des choses que nulle part en Europe on ne permettrait", réclamant l'interdiction des LBD.

Pour Maud Bregeon, Parcoursup est un "totem" mais "fonctionne"

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a défendu mardi le système d'orientation post-bac Parcoursup qui "fonctionne", y voyant un "totem utilisé par certains responsables politiques" en pleine accélération du mouvement lycéen.

"Le totem de Parcoursup utilisé par certains responsables politiques est un leurre", a estimé la ministre sur France 2, alors que Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin ou Dominique de Villepin demandent la suppression de cette plateforme, au coeur des revendications lycéennes.

"Parcoursup mérite peut-être certaines améliorations et je crois qu'il ne faut pas balayer la crainte que ça peut susciter chez certains élèves, mais c'est un système qui fonctionne", a développé Maud Bregeon.

Elle a ajouté que ce système, créé en 2018, avait été mis en place "pour de bonnes raisons" mais que ça n'empêchait "pas de travailler, je le redis, à la question de l'orientation, notamment de l'accompagnement des élèves".

78% des jeunes estiment que les responsables politiques "préparent mal leur avenir", selon un sondage

Près de huit jeunes sur dix (78%) estiment que les responsables politiques "préparent mal leur avenir" et 64% "ne font pas confiance" aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations, selon une enquête publiée mardi et réalisée auprès de 3.000 jeunes de 18 à 29 ans.

Selon cette enquête en ligne réalisée du 23 juillet au 5 août par Ipsos/BVA, seulement un quart des jeunes jugent que "les responsables politiques comprennent leurs difficultés quotidiennes" et "prennent des décisions qui vont dans l'intérêt des jeunes".

Seuls un quart des jeunes sont ainsi confiants sur l'avenir de la France, même si le chiffre varie du simple au double (16% contre 32%) selon qu'on est en "difficulté financière" ou "à l'aise".

Ainsi 89% pensent qu'ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes ; 86% estiment qu'ils auront davantage de difficultés à accéder à la propriété ; 84% anticipent davantage de difficultés à trouver un emploi stable. Près de huit sur dix (79%) ont déjà envisagé de construire leur vie ailleurs qu'en France, dont 34% sérieusement.

Déclaration
"Le gouvernement porte une énorme responsabilité", juge Sébastien Chenu

Le vice-président du Rassemblement national et député du Nord Sébastien Chenu était l'invité de La Grande interview Europe 1-CNews ce mardi matin. Au micro de Laurence Ferrari, il estime que "le gouvernement porte une responsabilité énorme" face à la colère des lycéens.

"Il y a plusieurs responsabilités dans ce que nous traversons aujourd'hui. D'abord, je pense que le gouvernement a une responsabilité énorme. Il n'a rien anticipé", estime-t-il au micro d'Europe 1-CNews. "Car en réalité, on est sur 40 ans d'échec du système éducatif qui sont enfin mis en lumière. Mais en réalité, les problèmes, on ne les découvre pas !", s'agace-t-il face à Laurence Ferrari.

Info Europe 1
Entre nécessité et proportionnalité, un maintien de l’ordre délicat

C'est une nouvelle journée délicate qui s'annonce pour les forces de l'ordre. Ce lundi 5 janvier, un jeune garçon de 15 ans a vu sa main arrachée, à Lens (Pas-de-Calais), par une grenade de désencerclement. Un cas "humainement dramatique" pour le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, et qui questionne à nouveau les moyens de force intermédiaire utilisés par les policiers.

Les instructions de Laurent Nuñez exigent ainsi un "juste équilibre entre proportionnalité des interventions et nécessaire maintien de l’ordre". Une consigne "facile à écrire, beaucoup moins à exécuter", peste un policier.

Toutes les caméras vont être braquées sur la manifestation parisienne. Au premier blessé, l’action policière risque d’être décriée. "Nous savons qu’il y a des enfants dans les cortèges, nous sommes forcément dans la retenue", assure un cadre policier qui dénonce une forme d'hypocrisie au sommet de l'État.

Entre 20.000 et 40.000 manifestants attendus à Paris

Pour la manifestation prévue à Paris, à partir de 14h00, quelque 2.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer un cortège qui pourrait compter entre 20.000 et 40.000 manifestants. La vigilance des autorités porte aussi sur d'éventuels "prérencards" dès la mi-journée dans plusieurs endroits de la capitale, sans déclaration préalable en préfecture.

Alerte
Un "acte III" sous très haute surveillance

Des dizaines de milliers de lycéens vont de nouveau manifester, ce mardi, partout en France pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement qui ne parviennent pas à baisser la température après plusieurs jours de tensions, des dégradations et des cohortes de blessés.

Pour cet "Acte III" d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l'Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris, Lyon, Marseille et une trentaine d'autres villes.