Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a demandé vendredi de l'aide aux parents car "dans la rue, les enfants sont en danger".
"Les parents, très clairement doivent se mobiliser et dire à leurs enfants de ne pas aller" dans les blocages, a-t-il enjoint sur BFMTV. "Maintenant ce qui compte c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu'ils sont en danger".
Quarante proviseurs ont été blessés depuis le début du mouvement de blocage des lycées, a annoncé vendredi le ministre de l'Éducation Edouard Geffray. "À ce stade, on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même", a déclaré le ministre sur BFMTV, sans entrer dans le détail des blessures les concernant.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire "payer les réparations", a-t-il dit vendredi sur RTL.
Depuis le début du mouvement, environ 2.000 personnes ont été placées en garde à vue "dont 90% de mineurs", tandis qu'un tiers des interpellés l'ont été pour des violences commises contre les personnes, a détaillé Gérald Darmanin.
À Haubourdin, dans le Nord, àquelques mètres du lycée Beaupré, le foyer du club de foot a été saccagé, les téléviseurs détruits et les vitres brisées. Juste à côté, la salle des fêtes a été pillée.
Tout a été brulé, on n’a plus aucun jeux de cartes, jeux de société. Je suis écœuré, ils ont tout cassé, ils nous ont enlevé nos rêves. À quoi ça leur a servi ? J’ai du mal à comprendre à mon âge", déplore Anita, présidente du club des aînés. Retrouvez notre article ici.
Cela fait trois jours que Clément, élève de terminale à Toulouse, n'est pas allé en cours. Il fait partie des grévistes, et pour lui, c'est un peu à la carte. "Là, je me promène avec un ami. On va aller manger dehors et tout. Bon, je devrais être en cours de mathématiques là. Ça nous laisse quelques petites journées de repos pour profiter", assure-t-il.
Clarisse est quant à elle plus assidue et n'a manqué aucune manifestation. Mais niveau revendication et culture politique, c'est encore un peu juste. "Je suis de droite, euh non, c'est juste que je confonds ma droite et ma gauche. Moi, je suis de gauche, du côté du FLN... Oh, non non, je ne suis pas sûre. Euh, LFI. Parce que c'est ma grande sœur qui me l'a dit", s'égare cette dernière. Retrouvez notre article ici.
Proviseurs agressés, dégradations, incendies... Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.
Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.
En tout, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l'ordre ont procédé à près de 2.000 interpellations, selon les autorités. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".
Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s'est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, devrait se poursuivre vendredi, le gouvernement espérant l'apaisement après avoir condamné des "violences urbaines".
A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là, en réponse à un mouvement de blocage des établissements émaillé de violences, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Intérieur.