C'est une nouvelle journée délicate qui s'annonce pour les forces de l'ordre. Ce lundi 5 janvier, un jeune garçon de 15 ans a vu sa main arrachée, à Lens (Pas-de-Calais), par une grenade de désencerclement. Un cas "humainement dramatique" pour le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, et qui questionne à nouveau les moyens de force intermédiaire utilisés par les policiers.
Les instructions de Laurent Nuñez exigent ainsi un "juste équilibre entre proportionnalité des interventions et nécessaire maintien de l’ordre". Une consigne "facile à écrire, beaucoup moins à exécuter", peste un policier.
Toutes les caméras vont être braquées sur la manifestation parisienne. Au premier blessé, l’action policière risque d’être décriée. "Nous savons qu’il y a des enfants dans les cortèges, nous sommes forcément dans la retenue", assure un cadre policier qui dénonce une forme d'hypocrisie au sommet de l'État.
Pour la manifestation prévue à Paris, à partir de 14h00, quelque 2.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer un cortège qui pourrait compter entre 20.000 et 40.000 manifestants. La vigilance des autorités porte aussi sur d'éventuels "prérencards" dès la mi-journée dans plusieurs endroits de la capitale, sans déclaration préalable en préfecture.
Des dizaines de milliers de lycéens vont de nouveau manifester, ce mardi, partout en France pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement qui ne parviennent pas à baisser la température après plusieurs jours de tensions, des dégradations et des cohortes de blessés.
Pour cet "Acte III" d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l'Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris, Lyon, Marseille et une trentaine d'autres villes.