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En directBlocus des lycées : 564 établissements perturbés depuis ce matin, annonce le ministère de l'Éducation

Des incidents ont eu lieu à Lyon, Marseille ou Paris, ce vendredi matin, notamment devant le lycée Montaigne. [Basile Dubouis / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]
La mobilisation des lycéens pour réclamer plus de moyens au sein de leurs établissements continue ce vendredi. Un mouvement marquée par de nombreuses violences urbaines et l'implication de La France insoumise. Suivez notre direct.
564 établissements perturbés vendredi, annonce le ministère de l'Éducation

Le mouvement des lycées se poursuit vendredi avec 564 établissements qui "ont fait ou font l'objet d'actions ou de perturbations depuis le début de la journée", a indiqué à la mi-journée le ministère de l'Éducation nationale.

Le ministre Édouard Geffray avait indiqué plus tôt dans la matinée que près de 400 lycées (sur les 3.700 dans le pays) étaient fermés vendredi, de nombreux établissements prévoyant d'assurer les cours à distance.

Les entrées de deux lycées parisiens endommagées par le feu

Le feu a endommagé les entrées de deux lycées parisiens en plein mouvement de contestation de lycéens en France, a constaté vendredi matin un photographe de l'AFP.

Les sapeurs-pompiers de Paris sont intervenus au lycée Léonard de Vinci dans le XVe arrondissement (sud de la capitale) pour éteindre les flammes au pied de la grille d'entrée.

Dans le sud-est de Paris, dans le XIIIe arrondissement, l'entrée d'un lycée professionnel a été noircie par les flammes après qu'un feu de vélo et de poubelles s'est propagé aux grilles de l'établissement, a indiqué la préfecture de police.

Les sapeurs-pompiers de Paris ont éteint le feu vers 07H55, selon la même source.

Les portes d'entrée et les marches menant au lycée professionnel Gaston-Bachelard dans le XIIIe arrondissement ont été endommagées, et quelques vitres cassées par l'incendie, selon un photographe de l'AFP.

Entre 25 et 30 millions d'euros de dégâts en Auvergne-Rhône-Alpes

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke a estimé vendredi à "entre 25 et 30 millions d'euros" les dégâts provoqués par les violences liées au blocage des lycées, répétant que les "casseurs" devront être "pénalisés" financièrement.

"On est dans l'estimation, et, à date, nous sommes entre 25 et 30 millions d'euros" de dégâts, "entre les établissements, les abords des établissements et les véhicules attaqués", a déclaré le président LR de la Région sur la radio franceinfo. Selon lui, 93 lycées restaient fermés vendredi sur un peu plus de 300 dans la région.

Il a également affirmé que les services de la région procédaient à "l'identification" des "fauteurs", travaillant "main dans la main dans ce sens avec les forces de l'ordre, y compris avec la préfecture".

"Ils se mettent en scène, il y a beaucoup de vidéos sur les réseaux sociaux, on a aussi des captations de nos vidéo-surveillance, et des vidéos faites directement dans les établissements", a-t-il détaillé.

Le ministre de l'Education demande l'aide des parents car "dans la rue, les enfants sont en danger"

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a demandé vendredi de l'aide aux parents car "dans la rue, les enfants sont en danger".  

"Les parents, très clairement doivent se mobiliser et dire à leurs enfants de ne pas aller" dans les blocages, a-t-il enjoint sur BFMTV. "Maintenant ce qui compte c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu'ils sont en danger".  

"40 proviseurs blessés", selon le ministre de l'Education

Quarante proviseurs ont été blessés depuis le début du mouvement de blocage des lycées, a annoncé vendredi le ministre de l'Éducation Edouard Geffray. "À ce stade, on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même", a déclaré le ministre sur BFMTV, sans entrer dans le détail des blessures les concernant.

Gérald Darmanin veut faire "payer les réparations" aux parents

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire "payer les réparations", a-t-il dit vendredi sur RTL.

Depuis le début du mouvement, environ 2.000 personnes ont été placées en garde à vue "dont 90% de mineurs", tandis qu'un tiers des interpellés l'ont été pour des violences commises contre les personnes, a détaillé Gérald Darmanin.

"Tout a été brulé" : la colère des habitants d’Haubourdin, face à la violence des lycéens

À Haubourdin, dans le Nord, àquelques mètres du lycée Beaupré, le foyer du club de foot a été saccagé, les téléviseurs détruits et les vitres brisées. Juste à côté, la salle des fêtes a été pillée. 

Tout a été brulé, on n’a plus aucun jeux de cartes, jeux de société. Je suis écœuré, ils ont tout cassé, ils nous ont enlevé nos rêves. À quoi ça leur a servi ? J’ai du mal à comprendre à mon âge", déplore Anita, présidente du club des aînés. Retrouvez notre article ici.

Autour des lycées, des jeunes aux revendications particulièrement floues

Cela fait trois jours que Clément, élève de terminale à Toulouse, n'est pas allé en cours. Il fait partie des grévistes, et pour lui, c'est un peu à la carte. "Là, je me promène avec un ami. On va aller manger dehors et tout. Bon, je devrais être en cours de mathématiques là. Ça nous laisse quelques petites journées de repos pour profiter", assure-t-il. 

Clarisse est quant à elle plus assidue et n'a manqué aucune manifestation. Mais niveau revendication et culture politique, c'est encore un peu juste. "Je suis de droite, euh non, c'est juste que je confonds ma droite et ma gauche. Moi, je suis de gauche, du côté du FLN... Oh, non non, je ne suis pas sûre. Euh, LFI. Parce que c'est ma grande sœur qui me l'a dit", s'égare cette dernière. Retrouvez notre article ici.

Matignon condamne des "violences urbaines" et incrimine LFI

Proviseurs agressés, dégradations, incendies... Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.

Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.

En tout, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l'ordre ont procédé à près de 2.000 interpellations, selon les autorités. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".

Un mouvement qui doit se poursuivre vendredi

Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s'est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, devrait se poursuivre vendredi, le gouvernement espérant l'apaisement après avoir condamné des "violences urbaines".

A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.

Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là, en réponse à un mouvement de blocage des établissements émaillé de violences, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Intérieur.