Du requin-renard, une espèce protégée, vendue en promotion par un Intermarché

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Intermarché a annoncé avoir fait cesser les ventes de cette espèce protégée. Photo d'illustration.
Intermarché a annoncé avoir fait cesser les ventes de cette espèce protégée. Photo d'illustration. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Sous la pression d'associations de protection de l'Environnement comme Sea Shepherd, Intermarché a annoncé vendredi avoir fait cesser les ventes.

Une promotion qui ne passe pas. L'Intermarché d'Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, est sous le feu des critiques pour avoir vendu dans sa poissonnerie de la viande de requin-renard, une espèce menacée et protégée, rapporte France Bleu Pyrénées-Orientales. Comme le montrent des clichés publiés jeudi par l'association de défense de l'environnement Sea Sheperd, le poisson, dont la pêche volontaire est interdite, était vendu en promotion, à 12 euros 50 le kilo.

Cette vente en rayon d'une espèce menacée n'est pas illégale. En effet, si la pêche volontaire du requin-renard est interdite, il peut en revanche être attrapé de façon accidentelle, lors de la pêche d'autres espèces à l'aide de méthodes peu sélectives par exemple. Et la vente de sa chair n'est alors pas interdite.

Les espèces menacées "n'ont pas de protection réelle"

"C'est le côté pervers de la loi de protection. On se retrouve avec des espèces menacées dans les poissonneries", explique à la radio locale la présidente de Sea Sheperd, Lamya Essemlali. "Là, c'est Intermarché, mais c'est très commun en fait, ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel. C'est un vrai problème pour les espèces menacées, elles n'ont pas de protection réelle". 

"De regrettables initiatives isolées", selon Intermarché

Vendredi, Intermarché a annoncé avoir fait cesser ces ventes. "Suite à l'interpellation de Sea Shepherd sur la vente de requin dans certains points de vente, nous confirmons qu'il ne s'agit nullement d'une politique d'enseigne, mais de regrettables initiatives isolées", explique le groupe.

Problème, l'enseigne a remplacé le requin par du thon rouge et de l'espadon, deux espèces également défendues par les associations. "Vous voulez liquider les 'stocks' de poissons menacés?", a donc immédiatement réagi Sea Shepherd. "L'espadon et le thon rouge commercialisés à Argelès-sur-Mer sont deux espèces autorisées à la vente", a répondu Intermarché. Mais, a poursuivi le groupe, "suite à l'interpellation de Sea Shepherd France et pour agir en faveur d'une pêche et d'un approvisionnement toujours plus responsables, nous allons nous rapprocher d'experts pour établir dès septembre un plan d'action concernant les deux espèces".