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Invité de "La France bouge" en direct de Poitiers, vendredi, Jean-Michel Blanquer a de nouveau répondu à la proposition d'Anne Hidalgo, qui souhaite doubler le salaire des professeurs si elle était élue. Le ministre de l'Éducation nationale, qui qualifie cette proposition de "Foire du trône de la démagogie", prône cependant une revalorisation de la rémunération.
INTERVIEW

Faut-il, comme le défend la socialiste Anne Hidalgo, "multiplier par deux au moins" la rémunération des professeurs pour rendre ce métier plus attractif, notamment auprès des jeunes ? À cette question, Jean-Michel Blanquer avait déjà répondu, mi-septembre, en dénoncé la visée de cette proposition venue du PS : "On est au sommet de la démagogie ! Même Jean-Luc Mélenchon l'a qualifié ainsi, c'est dire", avait-il taclé. Invité d'Europe 1 pour la première "université école-entreprise", en direct de Poitiers, le ministre s'est de nouveau exprimé sur cette idée qui agite le débat public à six mois de l'élection présidentielle.

Une proposition "infaisable", mais… 

"J'ai dit 'Foire du trône de la démagogie' et je le répète. C'est impossible, infaisable", critique le ministre de l'Éducation nationale, tout en nuançant sa position sur cette épineuse question : "Ce qui est vrai, c'est que la tendance de cette proposition, je la partage. Il faut augmenter la rémunération des professeurs et c'est ce que nous avons commencé à faire. Ça va se passer progressivement, je l'espère, au cours des cinq à sept prochaines années." 

Jean-Michel Blanquer évoque même un possible engagement de campagne d'Emmanuel Macron, si celui-ci confirmait son intention de candidater à un second mandat : "Ça dépend évidemment du prochain gouvernement qu'il y aura après 2022 [mais] si nous devions être en responsabilité, c'est évidemment un engagement que nous prendrons", affirme celui qui est en poste depuis cinq ans.

Les enjeux du "bien-être professionnel"

De manière plus précise, "chaque année, l'objectif est d'avoir environ 500 millions d'euros en plus (cette année, c'est même 700 millions d'euros) pour commencer par revaloriser les jeunes enseignants. L'objectif, à court terme, c'est 'pas un seul professeur débutant et après en dessous de 2.000 euros par mois'", défend le ministre.

Au-delà de la question de la rémunération, le ministre dit défendre "tous les enjeux de bien-être professionnel" dans ces carrières. "Il y a douze engagements que j'ai pris dans le cadre du Grenelle de l'Éducation : comment mieux personnaliser le parcours du professeur ? Comment travailler plus en équipe ? Comment se sentir bien dans son métier ? Nous commençons à faire avancer ces engagements. Par exemple, nous sommes en train de créer l'équivalent d'un comité d'entreprise pour l'Éducation nationale et donc l'attractivité du métier de professeur." De là à satisfaire les enseignants et les convaincre en vue de la prochaine présidentielle ?