Dominique souffre d'avoir perdu sa compagne mais garde espoir : "La vie n’est pas finie"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
La compagne de Dominique est décédée il y a peu de temps, des suites d’un cancer généralisé. Il évoque leurs souvenirs et raconte qu’ils étaient très vite tombés amoureux, il y a 25 ans. Au micro de "La Libre antenne", sur Europe 1, Dominique confie sa douleur et son besoin de faire son deuil.
TÉMOIGNAGE

Après 25 ans de vie commune, Dominique a perdu sa compagne. Elle souffrait d’un cancer généralisé. Au micro de Sabine Marin, sur "La Libre antenne" d’Europe 1, il évoque les souvenirs de leur rencontre et partage le message d’espoir que sa femme lui a laissé. Sachant qu’elle allait mourir, elle lui a dit de trouver une autre compagne après sa mort. Dominique se dit inspiré par sa femme et veut lui rendre hommage en composant un morceau au piano.

"Ma compagne est décédée. Elle est morte de la maladie de Koenig, une dégénérescence du pancréas qui a fini en cancer généralisé. Elle avait 58 ans. On lui a posé des implants sur le pancréas, ça n’a pas marché. On a retenté la chose, ça n’a toujours pas marché. C’est une maladie affreuse pour laquelle on n’a pas fait énormément de progrès. Il faut garder espoir. Il y a de nouvelles recherches qui portent sur d’autres thérapies qui sont prometteuses. La médecine est un art très difficile. Ce qui convient à quelqu’un ne convient pas à une autre personne.

" Il faut que la vie continue "

Je souffre de sa perte. Elle a été malade pendant un an. Elle était très lucide. Elle était médecin et je le suis aussi. De toute façon, il ne pouvait pas y avoir d’échappatoire. Elle savait très bien ce qu’elle avait.

Elle est décédée il y a peu de temps et je n’ai pas été entouré. Je n’ai pas voulu que ma proche famille s’en mêle. J’ai un frère qui est médecin, très haut placé. Je ne l’estime pas, pour d’autres raisons. J’ai beaucoup d’amis, je ne suis pas seul. 

Elle était de confession israélite. Elle voulait être enterrée à Jérusalem. Je le ferai. Je revis. En hébreu, on dit : 'La vie encore'. Elle m’a dit : 'Je vais mourir, trouve une autre compagne très rapidement.' Je ne suis pas tellement pressé. Elle savait qu’elle allait mourir. Elle m’a donné un message d’espoir. Il y a de la détresse humaine en ce moment et je pense qu’elle peut être compensée grâce à l’écoute des autres. Il faut que la vie continue pour tout le monde, sinon on est foutu. C’est un message qui s’adresse à tout le monde finalement.

J’ai besoin de faire le deuil de Marie-Jeanne. Je suis quelqu’un de très croyant. Nous sommes restés ensemble pendant 25 ans. On s’est rencontrés à la synagogue d’Enghien-les-Bains. On est tombés amoureux très rapidement. Elle était très droite. Elle était agrégée d’hébreu. Elle parlait hébreu couramment et me l’a appris. Elle était belle en plus.

Je sens sa présence. C’est un soutien. Je ne suis pas non plus complètement désespéré. Je suis quelqu’un qui peut rebondir. La souffrance est là, mais je ne suis pas tout seul. La vie n’est pas finie. Je suis pianiste. J’ai commencé à composer pour elle. Elle m’inspire."

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin