Face aux violences signalées dans le périscolaire, le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère annonce une réponse immédiate et ferme, ce lundi 13 avril lors de l'émission Europe 1 matin. Suspension systématique des animateurs mis en cause, mobilisation des maires et renforcement du recrutement sont au cœur de sa stratégie.
En réponse aux révélations de violences dans le périscolaire, le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère annonce des mesures immédiates. Invité d’Europe 1 matin, il dresse un constat préoccupant et promet une réponse ferme. "Je m’engage qu’un cas de signalement donne lieu à la suspension de la personne. C’est un frein d’urgence", a déclaré Alexandre Brugère.
Depuis la rentrée 2025-2026, le département a enregistré 45 signalements liés au périscolaire. Dans le détail, 15 concernent des faits de violences sexuelles et 25 des violences non sexuelles, allant d’agressions physiques à des insultes.
"La protection de l’enfance doit être une priorité absolue", martèle le préfet, évoquant un enjeu "civilisationnel" où "la place de la parole de l’enfant doit être centrale". Dans un territoire qui compte 65.000 enfants inscrits en périscolaire, dont 30.000 de moins de six ans, l’enjeu est considérable.
"Il faut aider les collectivités à recruter des profils de qualité dans le périscolaire"
Pour Alexandre Brugère, le scandale parisien agit comme un électrochoc. "La situation nous oblige à ne pas détourner le regard", a rapporté le Préfet des Hauts-de-Seine. Son objectif est clair : rétablir la confiance des familles dans les institutions. La mesure phare annoncée est donc la suspension systématique des animateurs mis en cause, le temps de l’enquête administrative, qui peut durer jusqu’à six mois.
Parallèlement, chaque signalement fera l’objet d’un signalement à la justice. "La priorité, lorsque l’on a connaissance d’un signalement, c’est de protéger les enfants", a-t-il insisté. Le dispositif repose également sur une mobilisation des collectivités locales, en première ligne dans l’organisation du périscolaire. Les maires sont appelés à signaler systématiquement les faits.
"C’est un travail main dans la main", souligne le préfet, se disant "absolument certain" de leur engagement. Mais au-delà de l’urgence, Alexandre Brugère pointe un problème structurel : le manque d’attractivité et de formation des métiers de l’animation. "Il faut aider les collectivités à recruter des profils de qualité dans le périscolaire", a-t-il affirmé.
Une expérimentation a été lancée dans deux communes, avec l’appui de France Travail, pour améliorer le recrutement. Pour le préfet, cette mobilisation dépasse le seul cadre du périscolaire. Elle s’inscrit dans une action plus large en faveur de la jeunesse, particulièrement exposée aux crises récentes. "Nous devons nous mobiliser d’abord et avant tout pour la jeunesse", a-t-il conclu.