Coronavirus : Manu travaille en milieu hospitalier et craint pour sa relation amoureuse

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Manu travaille en tant qu’agent de sécurité en milieu hospitalier. Il craint que lui et sa compagne, qui travaille également à l’hôpital, soient affectés par le coronavirus. Au micro de "La Libre antenne", sur Europe 1, il exprime son inquiétude quant à l’avenir de sa relation amoureuse.
TÉMOIGNAGE

Manu et sa compagne travaillent en milieu hospitalier dans la région de Liège en Belgique. Lui est agent de sécurité et elle est en charge de l’accueil des patients. Ce dernier s’inquiète de l’avenir de sa relation amoureuse compte tenu de la situation actuelle. Il craint que lui et sa compagne soient affectés par le coronavirus. Manu fait part de ses inquiétudes à Olivier Delacroix, au micro de "La Libre antenne", sur Europe 1.

"Il y a un an, j’ai connu un grand bouleversement dans ma vie familiale. Mon épouse et moi avons décidé de nous séparer. J’ai fait une rencontre qui a complétement bouleversé ma vie sentimentale et ma vie de couple. Nous sommes toujours en instance de divorce. Nous étions mariés depuis 21 ans. Cela faisait 25 ans de vie commune avant de nous séparer. C’est une très belle histoire qui a apporté trois enfants.

" J’ai peur de l’avenir "

Il y a un an, j’ai fait la connaissance sur mon lieu de travail de quelqu’un. Nous avons commencé à communiquer sur les réseaux sociaux. Nous avons tissé une relation qui n’a fait que s’intensifier et s’embellir au fur et à mesure qu’elle avançait. Finalement, nous avons décidé de nous rencontrer un peu plus. Cela va faire dix mois que nous sommes ensemble. Mon épouse et moi avons décidé que ce n’était plus possible de vivre ainsi. D’un commun accord, nous avons décidé de nous séparer.

L’avenir étant incertain compte tenu de tout ce qui se passe en ce moment, j’ai peur de l’avenir et de ne pas voir notre histoire aboutir. C’est une époque assez anxiogène. Ma compagne actuelle et moi travaillons en milieu hospitalier. Je travaille dans le service de sécurité d’une des deux grandes institutions hospitalières de la région liégeoise. Ma compagne est agent administratif. Nous travaillons tous les deux en première ligne et je me dis qu’à tout moment, on peut apprendre une mauvaise nouvelle et tout peut basculer.

" J’ai très peur que l’un ou l’autre soit affecté par la maladie "

Nous ne vivons pas ensemble. On se croise au travail. J’ai très peur qu’il arrive quelque chose, que l’un ou l’autre soit affecté par la maladie. Malgré les protections que l’on a, qui sont parfois assez rudimentaires, on peut être contaminé à tout moment. Je ne travaille pas dans les soins infirmiers où la situation commence à devenir assez préoccupante.

Nous, en tant qu’agent de sécurité, nous bénéficions de masques, de gants et de gels désinfectants. Nous avons un contact éloigné avec le patient. Nous l’accueillons à distance et lui indiquons la marche à suivre. Mais parfois, en cas d’intervention incendie, nous pouvons être en contact direct avec le patient. Ma compagne s’occupe des inscriptions. C’est elle qui reçoit le patient et prend ses documents.

J’essaye de profiter au maximum de tous les bons moments que la vie peut nous offrir, comme le peu de moments que j’ai pu passer avec ma compagne, mes enfants et mon ex-femme. C’était déjà ma philosophie, parfois même à outrance. Je suis un bon vivant. J’essaye de savourer. Pour le moment j’ai tendance à être optimiste, à profiter de tous les moments de bonheur et de grâce que la vie peut nous donner, parce que je me dis qu’à tout moment, notre vie peut basculer et tout peut tomber dans le chaos."

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin