Contrats avec les sociétés d'autoroute : "Un scandale d'État", selon le maire de Cannes David Lisnard

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David Lisnard, maire LR de Cannes, a poussé un coup de gueule contre les contrats avec les sociétés d'autoroute, au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1. "Il y a eu un système au gré des années, de légalisation d'une situation qui se fait en déséquilibre contractuel, au détriment total des contribuables et des automobilistes", condamne-t-il.
INTERVIEW

Le maire LR de Cannes est entré en guerre contre les sociétés d'autoroute. "On est sur un scandale d'État", estime David Lisnard au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1. C'est "une problématique de réalisation de bretelle d'autoroute" qui lui a permis de découvrir "que les contrats étaient structurellement déséquilibrés".

"Un déséquilibre contractuel au détriment total des contribuables et des automobilistes." "Aujourd'hui, dès le départ, les contrats sont viciés. Il y a eu un système au gré des années, de légalisation d'une situation qui se fait en déséquilibre contractuel, au détriment total des contribuables et des automobilistes et ça, ce n'est pas acceptable", condamne-t-il.

Ce coup de gueule, David Lisnard le présente comme sa contribution au "grand débat national". Il dénonce particulièrement une opacité totale sur les contrats signés avec les sociétés d'autoroute, qui impliquent notamment des hausses régulières des tarifs de péage contre lesquelles il n'est pas possible de faire quoi que soit.

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"Que les sociétés concessionnaires gagnent leur vie, très bien. Mais..." "Les sociétés autoroutières ont le monopole. Elles encaissent les droits de péage et les redevances des stations services. Que les sociétés concessionnaires gagnent leur vie, très bien. Mais pas dans un déséquilibre aussi flagrant", poursuit-il en expliquant que les sociétés autoroutières affichent "72,8% de marge brute" : "Quand on parle en marge nette, sur une société comme Vinci-Escota, on arrive à 30%."

"Le moindre investissement se traduit par une obligation légale d'augmenter le tarif ou par une prolongation de la durée de concession. Ce n'est plus du commerce ! La notion de risque et péril qui est à la base des contrats concessionnaires est totalement bafouée. Il y a une légalisation de contrats déséquilibrés contraires aux principes généraux du droit", affirme-t-il par ailleurs.

Il réclame "un audit public" des contrats de concessions autoroutières. Pour "sortir de l'étau dans lequel l'État s'est mis plus ou moins volontairement", David Lisnard réclame "un audit public et un audit général de toutes les concessions autoroutières" et ensuite "partager ces résultats" : "On doit faire de la renégociation des contrats d'autoroute ou de la dénonciation selon les éléments qu'on trouvera. On doit en faire un objectif prioritaire."

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau