Condamné à de la prison ferme pour corruption, Nicolas Sarkozy va faire appel

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Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance dans l'affaire des "écoutes". © ERIC PIERMONT / AFP
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L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été condamné à 3 ans de prison dont un an ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes", qui avait éclaté en 2014, deux ans après son départ de l'Elysée. Son avocate a indiqué qu'il allait faire appel.

Nicolas Sarkozy est devenu lundi après-midi le premier ancien président de la Ve République condamné à de la prison ferme, à un an pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes". En milieu d'après-midi, son avocate, Jacqueline Laffont, a indiqué que l'ex-chef de l'État allait faire appel de cette décision. Dans cette affaire, les conseils de Thierry Herzog, Hervé Temime et Paul-Albert Iweins, ont annoncé qu'ils avaient d'ores et déjà formé un appel, qui est suspensif.

Après ce "jugement extrêmement sévère" et "totalement infondé et injustifié", Nicolas Sarkozy "est calme mais déterminé à poursuivre la démonstration de son innocence", a assuré Me Jacqueline Laffont.

Un "pacte de corruption"

Dans un premier temps, ni l'ancien président de la République ni son avocate n'avaient commenté la lourde condamnation prononcée par le tribunal correctionnel de Paris : trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis - une peine aménageable.

Les juges ont prononcé la même sanction pour l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert et l'avocat historique de l'ex-président, Thierry Herzog, assortie pour ce dernier d'une interdiction professionnelle de cinq ans. Gilbert Azibert et Thierry Herzog ont en outre été reconnus coupables de violation du secret professionnel.

Nicolas Sarkozy, qui a été "garant de l'indépendance de la justice, s'est servi de son statut d'ancien président (…) pour gratifier un magistrat ayant servi son intérêt personnel", a déclaré la présidente, Christine Mée, estimant que le "pacte de corruption" était bien constitué.

La droite dénonce un "acharnement judiciaire"

Les prévenus "ont porté gravement atteinte à la confiance publique en instillant dans l'opinion l'idée selon laquelle les procédures devant la Cour de Cassation (...) peuvent faire l'objet d'arrangements occultes destinés à satisfaire des intérêts privés", écrit le tribunal dans sa décision, ajoutant : "Ce dévoiement (...) exige une réponse pénale ferme".

Le tribunal est resté en-deçà des réquisitions du parquet national financier (PNF), qui avait demandé quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme pour les trois prévenus. Le patron de ce parquet financier, Jean-François Bohnert, était présent en personne pour le jugement. Les réactions n'ont pas tardé à droite de l'échiquier politique, où l'on a dénoncé un "acharnement judiciaire" et la "sévérité" de la peine.