Comment un agent infiltré dans les réseaux djihadistes a permis de déjouer des attentats

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© GERARD JULIEN / AFP
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Trois hommes comparaissent à partir de lundi devant la cour d’assises spéciales de Paris pour avoir fomenté des attentats en décembre 2016. Le projet avait été déjoué notamment grâce à un agent de la DGSI infiltré dans les réseaux internet, et notamment la messagerie Telegram, de djihadistes.

C’est une histoire digne d’un film d’espionnage qui sera racontée à partir de lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris, devant laquelle trois hommes comparaissent à partir de lundi. Celle de deux projets d'attentats terroristes avortés grâce à la sagacité d'un agent infiltré des services secrets. L'histoire remonte à décembre 2016, en région parisienne, quand un agent de la DGSI a contrecarré les plans des terroristes.

Un Français parti en Syrie en 2014 tombe dans le panneau

"On veut quatre Kalash’ avec quatre chargeurs pour chacune des armes, et des munitions". C'est cet échange intercepté sur la messagerie cryptée Telegram par un agent de la direction de la sécurité intérieure, qui a permis d'éviter un possible attentat. Le policier infiltré au cœur des réseaux djihadistes avait pour nom de code Ulysse et avait fait croire à ses interlocuteurs qu'il pourrait leur fournir le matériel.

Parmi ses contacts figure un Français parti en Syrie en 2014, qui tombe dans le panneau. Trois mois après leur premier échange sur la messagerie, il propose un rendez-vous et une remise d'espèces dans la fente d'une tombe du cimetière du Montparnasse, à Paris. Les armes déposées en échange de la transaction sont placées par les policiers dans la forêt de Montmorency.

Les cibles désignées : les Champs-Elysées ou le 36, quai des Orfèvres

L'attente dure toutefois plusieurs mois pour les enquêteurs, qui devront patienter jusqu'à ce que des contacts soient interceptés entre la Syrie d’un côté et des personnes sur le sol français susceptibles de passer à l'acte, de l’autre. Les cibles désignées : les Champs-Elysées ou le 36, quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire à l'époque.

Finalement, trois hommes seront interpellés. Quant au policier infiltré, ils devraient témoigner par visioconférence, visage caché, durant le procès. Pour protéger son identité.

Europe 1
Par Chloé Triomphe, édité par Rémi Duchemin