Certaines personnes sont-elles plus résilientes que d'autres ?

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Dans "Le Son de Vie", le podcast Europe 1 Studio porté par Sébastien Guyot, des hommes et des femmes victimes d'un traumatisme racontent leur chemin vers la résilience. Mais que signifie ce terme ? Le psychiatre Gérard Lopez nous éclaire. 
PODCAST

Comment se relever quand on a survécu à un attentat, une grave maladie ou des violences familiales ? Comment inventer la vie d'après ? Dans "Le Son de Vie", le podcast Europe 1 Studio imaginé par le journaliste Sébastien Guyot, des hommes et des femmes, victimes d'un traumatisme, racontent, au travers des sons qui les ont aidés, leur chemin vers la résilience. Mais que recouvre précisément ce terme qui vient du verbe "resilire" qui signifie "rebondir" en latin ? Gérard Lopez, psychiatre, co-fondateur de l’Institut de victimologie de Paris, nous explique.

 

Quelle est votre définition du mot "résilience" ?

Gérard Lopez : La résilience est le fait de rebondir lorsque l'on est confronté à une situation difficile, que ce soit des maltraitances, un deuil, un abandon, un viol, un inceste, un attentat, une maladie...C'est une notion qui a été développée par les Anglo-saxons il y a une trentaine d'années avant d'être introduite en France, il y a 25 ans. 

Certaines personnes sont-elles plus résilientes que d'autres ? 

G.L. : Oui, il y a des personnes qui rebondissent plus facilement que les autres. Cela dépend de multiples facteurs comme le caractère, la personnalité de l'individu. Par exemple, la personne égocentrique, égoïste, est, par définition, moins sensible aux évènements extérieurs et a tendance à se relever plus facilement. Une personne qui a un sens de l'humour développé pourra aussi en théorie plus aisément dépasser son traumatisme. 

Mais ce sont d'abord et surtout les facteurs externes qui vont jouer sur la capacité d'un individu à se relever. De manière générale, une personne élevée dans un climat de sécurité avec des parents soutenants, résistera mieux à l'adversité. Celle qui a subi des traumatismes répétés durant son enfance aura plus de difficulté à aller de l'avant quand une nouvelle épreuve survient.

Être entouré, c'est la clé pour surmonter un traumatisme ?

G.L. : Oui un individu soutenu par un proche, un psychologue, un ami, un membre de la famille, un professeur ou une association s'en sortira toujours mieux que s'il est isolé. Le lien social est un facteur de résilience tout comme le fait d'être reconnu par la justice, être écouté par un psychologue ou un psychiatre mais aussi par ses proches quand c'est possible. 

 

 

Trois conseils si vous avez été victime d’un traumatisme :

Frapper à la porte d'une association. De nombreuses associations viennent en aide aux victimes de violences ou de traumatismes. C'est notamment le cas de France victime ou de la FNCIDFF, le centre National d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles. Ces associations ont un rôle déterminant : elles écoutent, offrent un accès au droit et peuvent aussi orienter, si nécessaire, vers un psychologue ou un psychiatre. 

Aller voir un spécialiste du psychotraumatisme. Être accompagné par un spécialiste formé peut être un vrai atout pour avancer sur le chemin de la résilience. Les psychologues ou psychiatres spécialistes des psychotraumatismes utilisent des techniques (EMDR, thérapies cognitives et comportementales, hypnose) reconnues par le recherche scientifique comme efficaces dans le lutte contre les traumatismes. 

Ne pas rester isolé. C'est l'une des clés pour surmonter un traumatisme : ne pas se couper des autres. Les activités qui créent du lien comme le sport, ou la musique, peuvent ainsi être une vraie bouée de sauvetage pour un individu en souffrance.

Europe 1
Par Europe 1 Studio