Un streamer affirme avoir piégé, grâce à l’intelligence artificielle, des hommes soupçonnés d’intentions pédocriminelles en se faisant passer pour une adolescente lors de visioconférences. Pensant échanger avec une adolescente de 14 ans, un ancien directeur départemental du sport scolaire, a été placé en garde à vue ce mardi.
Pris la main sans le sac. Une nouvelle polémique agite les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Un internaute, suivi par une large communauté sur TikTok, affirme avoir piégé des hommes soupçonnés d’intentions pédocriminelles en utilisant des outils d’intelligence artificielle. Parmi eux, Dominique B., âgé de 66 ans, ancien directeur départemental du sport scolaire et du comité olympique en Haute-Saône, a été placé en garde à vue ce mardi.
Attention aux apparences trompeuses
Parmi les créateurs qui se sont lancés dans ce type d’opérations figure un streamer connu sous le pseudonyme "Finnyzyy", suivi par environ 160.000 personnes sur TikTok. Son procédé est toujours le même : il contacte en visioconférence des hommes adultes en se faisant passer pour une jeune fille. Pour cela, il utilise des technologies d’IA capables de modifier en temps réel son apparence et sa voix, afin de donner l’illusion d’une adolescente d’environ 14 ans.
Dans une vidéo récemment publiée, il affirme avoir piégé un homme d’une soixantaine d’années, présenté comme un ancien directeur départemental de l’Union nationale du sport scolaire en Haute-Saône. Dans la séquence, le streamer se filme simultanément derrière les coulisses, montrant à ses abonnés le dispositif utilisé. L’interlocuteur, lui, ne perçoit que l’image et la voix générées par l’intelligence artificielle, sans avoir connaissance de la supercherie.
Selon les informations rapportées par L’Est Républicain, l’homme concerné a été placé en garde à vue à la suite de ces faits. À ce stade, les éléments précis de l’enquête n’ont pas été rendus publics, et aucune décision judiciaire définitive n’a été communiquée.
Ces initiatives se multiplient sur les plateformes sociales. Elles reposent sur un principe simple, celui d'exposer publiquement des comportements jugés suspects afin d’alerter les abonnés et, dans certains cas, transmettre les éléments aux autorités. L’intelligence artificielle, notamment les outils de modification d’image et de voix, facilite désormais la mise en scène de ces dispositifs.
Ces vidéos, postées sur les réseaux sociaux, peuvent être reçues comme preuve, même si elles représentent une infraction puisqu’en l’occurrence, ce streamer affiche ces hommes à visage découvert publiquement. En revanche, elles ne suffisent pas pour ouvrir une enquête.