La hausse du prix des carburants, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, continue de faire grincer des dents, notamment chez les Français vivant à la campagne. "J'ai envie de pleurer tous les jours", a soufflé cette automobiliste à Europe 1 dans la région lyonnaise.
La hausse du prix des carburants fragilise beaucoup, dont ces Français qui habitent à la campagne. Alors qu'il n'y a (presque) pas de transports en commun, ce tiers de la population ne peut pas se passer de sa voiture pour aller travailler, faire ses courses ou emmener les enfants à l'école. De quoi impacter largement son budget. Illustration en région lyonnaise.
"La voiture, c'est mon outil de travail"
Adeline, maman de trois enfants au volant de sa voiture, est patiente pour faire le plein. Pas le choix, car la voiture est un élément clé pour la mère de famille, qui vit à la campagne, à une demi-heure de Lyon.
"Je fais beaucoup d'allers-retours pour emmener ma fille à l'école. Je vais aussi à la piscine, car ma fille fait de la natation synchronisée à Mornant. Il faut que j'aille à l'école à Irigny. Là, je vais chez le médecin à Brignais... Je n'ai pas le choix : je dois utiliser ma voiture. Je dois être à 400 euros par mois, c'est un beau budget maintenant", explique-t-elle.
Virginie habite le même secteur, sa voiture lui est tout aussi indispensable pour aller travailler : "Je suis vendeuse dans une boucherie. La voiture, c'est mon outil de travail pour aller bosser tous les jours. Je fais aussi des déplacements, donc j'ai besoin de mon véhicule tout le temps."
"Et puis, comme j'attaque à 6 heures du matin, les transports en commun, ce n'est pas possible. Là où j'habite, il n'y en a pas à cette heure-là. Le budget que ça représente ? Quasiment un bon quart du salaire. C'est énorme ! J'ai envie de pleurer tous les jours", ajoute-t-elle.
Une manifestation le 17 octobre ?
Même constat pour Célia, mère de trois enfants, qui réfléchit à stopper certaines activités. "Cela fait 7 ans qu'ils font du sport : du judo, de la danse, de la gymnastique. Et je me pose vraiment la question de les réinscrire. Est-ce que je peux faire tous ces allers-retours tous les soirs après l'école ? Parce que ça fait vraiment cher", souligne la mère de famille.
Une situation qui énerve de plus en plus de Français. "Moi, je n'ai jamais manifesté pour les Gilets jaunes. Mais là, je pense que cette année, je vais y aller au mois d'octobre. Parce qu'au bout d'un moment, il faut que ça bouge !", s'exclame Adeline.
"Ah mais moi, je suis prêt à y aller ! Parce qu'avant, on faisait le plein pour 80 euros. Là, je suis à 140. Ca fait mal aux miches ! Donc il faut que les Français fassent quelque chose", lance de son côté Michel.
Le projet de manifestation le 17 octobre commence donc sérieusement à faire son chemin dans l'esprit des Français.