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Calliope, ce programme canadien qui aide les enfants et femmes victimes de violences sexuelles à mieux s'exprimer

[Djoudi Hamani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Face aux défaillances de la justice dans le cadre des affaires de violences sexuelles, en Bretagne, le programme Calliope est testé depuis quelques mois. Venu tout droit du Canada, ce protocole doit permettre de redonner confiance aux victimes et leur permettre de mieux s'exprimer devant la justice pour faire valoir leur témoignage. 

En pleine polémique et remise en question de la crédibilité de la justice dans l'affaire Lyhanna, en Bretagne une expérimentation porte ses fruits depuis un an et demi. Dans cette région, on teste le programme Calliope, venu tout droit du Canada, qui aide les enfants mais aussi les femmes victimes de violences sexuelles, à témoigner en justice. 

Un protocole scientifique en 10 volets qui a comme objectif d'aboutir à des témoignages à l'éloquence bluffant pour convaincre la justice. Pour y arriver, plusieurs outils sont à la disposition des encadrants. "On a pas mal d'outils, comme ce hibou qui porte une robe de juge pour symboliser la justice", explique la formatrice Emmanuelle Vinayagasoundirame. En plus de cette peluche, il y a aussi une balle anti-stress pour maitriser respiration et émotion. 

"On va travailler les émotions"

Un attirail loin d’être gadget dans le protocole scientifique élaboré et éprouvé par les canadiens, sorte de mise en condition de la victime. "On ne va jamais évoquer les faits, d'ailleurs on ne les connaît pas en tant qu'intervenant. Par contre, on va travailler les émotions", poursuit-elle. 

"La difficulté quand on a été victime de violence, c'est qu'on est moins sure de soi. On n'ose pas témoigner et la mémoire nous fait défaut aussi. donc ça permet de consolider et de renforcer le témoignage, d'être plus factuel et plus fluide. Et ca servira de preuves aux yeux de la justice", ajoute la formatrice. 

Avoir une parole plus crédible

Depuis le début de l’expérimentation, les condamnations des criminels augmentent dès que ce protocole est appliqué, grâce à des témoignages tellement crédibles "qu’ils deviennent des preuves", assure-t-on au sein de l'organisation. Et pour Laurence Brunet, qui l’a importé du Québec, il est l'heure de généraliser la technique. 

"dans l'affaire Lyhanna, si les enfants avaient été mieux accompagnés, ils auraient mieux raconté ce qui leur est arrivé et automatiquement ils auraient eu une parole plus crédible vis à vis des auxiliaires de justice", insiste-t-elle. Un protocole qui reviendrait à 1.000 euros environ par victime, le tout 7 à 8 séances pour faire émerger la vérité des faits.