Calais : les routiers à nouveau inquiets face à "la pression migratoire"

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Fin juin, un conducteur polonais d'une camionnette était mort dans un accident provoqué par un barrage de migrants sur l'autoroute A16. © AFP
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Plusieurs fois cette semaine, des migrants ont installé en pleine nuit des barrages constitués de troncs d'arbre sur la rocade menant au port de Calais.

La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) du Pas-de-Calais s'est alarmé vendredi de la reprise de la "pression migratoire" à Calais et a réclamé des "sanctions dissuasives". "Les transporteurs routiers de marchandises subissent toujours les conséquences de la présence migratoire à Calais: barrages routiers, intrusions sur les sites des entreprises calaisiennes, dégradation des remorques et des marchandises", a dénoncé la FNTR dans un communiqué de presse. "L'autoroute ferroviaire est également trop souvent attaquée. (...) La pression migratoire s'accentue de nouveau et nous notons une montée de l'agressivité envers nos personnels", ajoute le communiqué.

Un conducteur mort dans un accident provoqué par un barrage de migrants. Plusieurs fois cette semaine, des migrants ont installé en pleine nuit des barrages constitués de troncs d'arbre sur la rocade menant au port de Calais, l'un des plus importants d'Europe. Cette pratique avait été inaugurée à l'époque de la "Jungle", démantelée en octobre 2016 et qui a compté jusqu'à 7000 personnes selon les chiffres officiels. Fin juin, un conducteur polonais d'une camionnette était mort dans un accident provoqué par un barrage de migrants sur l'autoroute A16, une première dans le Calaisis.

"Les assureurs risquent de ne plus couvrir les marchandises transportées". La FNTR du Pas-de-calais, qui rassemble plus de 600 entreprises du secteur, dénonce également le coût des réparations des dégâts occasionnés par les migrants (grilles découpées, bâches lacérées, marchandises dégradées...). "Les assureurs risquent de ne plus couvrir les marchandises transportées devant la répétition des sinistres", redoute le syndicat. En outre, la FNTR regrette la "quasi" absence de poursuites judiciaires. "Le fait de pénétrer dans un véhicule pour se rendre clandestinement en Angleterre doit être rendu délictuel et des peines dissuasives (interdiction de territoire, emprisonnement....) doivent être appliquées", estime-t-il.

Près de 450 personnes présentes à Calais. De nombreux migrants, originaire notamment de la Corne de l'Afrique et d'Afghanistan, désireux de rallier l'Angleterre, tentent régulièrement de monter dans des camions qui prennent les car-ferries partant de Calais pour Douvres. Selon le dernier décompte de la préfecture mi-septembre, le nombre de migrants présents à Calais et ses environs s'élève à 450 personnes.