Quarante chefs d'établissement ont été blessés depuis le début des blocus, selon le ministre de l'Éducation nationale. À Auchel, dans le Pas-de-Calais, l'un d'eux a été pris pour cible devant son lycée. Il a perdu connaissance, mais il a repris le travail dès le lendemain, encore sous le choc.
Un proviseur du Pas-de-Calais a reçu un tir de mortier d'artifice devant les grilles de son lycée, à Auchel, pendant un blocus. L'agression est jugée délibérée. Selon le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, 40 proviseurs ont été blessés depuis le début de la mobilisation lycéenne.
Une enquête a été ouverte pour violences volontaires sur personne chargée d'une mission de service public.
"Il a reçu ça dans le cou ou dans la tête"
Le chef d'établissement était directement visé, d'après Timothée, un élève présent sur place. "Le matin, il y avait trois jeunes devant. Ils ont allumé des gros pétards et les ont jetés sur le proviseur. Il a reçu ça dans le cou ou dans la tête, et après, il est tombé", raconte-t-il.
Le proviseur aurait perdu connaissance avant d'être pris en charge par les pompiers, puis transporté à l'hôpital. Il est pourtant retourné au lycée dès le lendemain. Son assistante de direction le dit perturbé et toujours choqué, tandis qu'un membre du personnel assure qu'il se remet doucement et qu'il fait face.
Les habitants choqués par cette violence
Cette attaque a ému les riverains de cette petite ville. "C'est inadmissible vis-à-vis du proviseur. Qu'ils manifestent, je suis d'accord, pour des raisons concrètes, mais de là à agresser les gens et à casser, je ne suis pas d'accord. C'était chaud, on aurait dit Chicago. C'est quand même triste, dans une petite ville comme ça, d'entendre des trucs graves", confie l'un d'eux.
Une riveraine avoue de son côté "avoir du mal à comprendre cette jeunesse". Le chef d'établissement visé venait tout juste d'arriver dans ce lycée.