Blocus des lycées : des forces de l'ordre amères après la suspension des grenades assourdissantes

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[Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Ce jeudi, l'Éducation nationale recense près de 400 établissements scolaires "totalement ou partiellement" affectés par les blocages. Alors qu'un nouveau rassemblement est prévu à Paris, le gouvernement a cédé à l'une des revendications de La France insoumise : l'interdiction des grenades assourdissantes face aux lycéens en manifestation.

Alors que beaucoup pointent du doigt la responsabilité d'Emmanuel Macron, Laurent Nuñez nie toute influence de l'Élysée. "Je réfute que ces instructions aient été passées. Vraiment, je les réfute", a-t-il assuré, après avoir annoncé l'interdiction des grenades assourdissantes dans les manifestations de lycéens.

Le ministre de l'Intérieur explique avoir choisi cette suspension, au moins le temps de l'enquête, afin de faire la lumière sur l'incident de Lens (Pas-de-Calais), où un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par le souffle de cette arme de force intermédiaire.

"On ne va pas devenir de la chair à canon"

Toutefois, le pensionnaire de Beauvau a souhaité ménager les forces de l'ordre. "Attention, les effectifs de police et de gendarmerie doivent pouvoir se défendre. C'est irresponsable de bannir un certain nombre d'équipements", a-t-il ajouté.

Un discours qui ne convainc pas dans les rangs des policiers. "Toutes les forces mobiles perdent une arme intermédiaire supplémentaire. Si on perd toutes les armes intermédiaires, on va directement au corps à corps. Et si on ne doit pas aller au corps à corps, qu'est-ce qu'on utilise ? Notre arme létale ? On ne va pas devenir de la chair à canon", dénonce Rudy Manna, délégué national UNSA Police.

Des forces de l'ordre soutenues en bloc par la droite et par le camp nationaliste, à l'image de Marine Le Pen, pour qui Emmanuel Macron "se range, une fois de plus, du côté de ceux qui tapent sur la police".