Invité d'Europe 1 bonjour, Olivier Vial estime que la mobilisation lycéenne évoquée dans l'émission ne suit pas le schéma habituel des mouvements de contestation. Selon lui, les revendications n'ont émergé que dans un second temps, après plusieurs jours de tensions et de violences.
Pour Olivier Vial, la chronologie du mouvement des lycéens constitue sa principale singularité. Le directeur du Ceru explique que, contrairement aux mobilisations traditionnelles, les revendications n'ont pas été à l'origine de la contestation. "Les revendications sont apparues, en réalité, après le mouvement", affirme-t-il au micro d'Europe 1 bonjour. Selon lui, la colère s'est d'abord exprimée à travers des actions de terrain avant d'être relayée par des organisations structurées. Il estime ainsi que le mouvement lycéen n'est "apparu" qu'avec l'entrée en scène des syndicats et l'expression publique de revendications identifiées.
Cette inversion du processus habituel pourrait compliquer la réponse des pouvoirs publics, juge également Olivier Vial. "Le mouvement lycéen est apparu hier seulement avec les syndicats, avec les manifestations, avec des revendications qui sont exprimées", explique-t-il au micro d'Alexandre Le Mer. D'après lui, les autorités sont généralement confrontées à des mouvements dont les demandes sont clairement formulées dès le départ. Dans le cas présent, il considère que la contestation s'est construite autour d'une colère préalable avant de se structurer progressivement autour de revendications portées dans les manifestations.