Un millier d'établissements bloqués, plus de 1.900 interpellations : la violence est encore montée d'un cran ce jeudi en marge des blocages de lycées. À Lyon, certains élèves, sans forcément y prendre part, voient dans ces exactions un moyen de faire avancer leur cause.
Le hall d'un établissement incendié à Nantes, des proviseurs agressés à Marseille, en Normandie ou encore à Orléans, des attaques incessantes contre les forces de l'ordre : la journée de jeudi a été marquée par une nouvelle flambée de violences dans toute la France. Le mouvement de blocage touche désormais un millier d'établissements et a donné lieu à pratiquement 2.000 interpellations.
Un lycée lyonnais visé par des feux de poubelles
À Lyon, le lycée Lumière, dans le 8e arrondissement, en a fait les frais ce jeudi matin. Des feux de poubelles ont embrasé la façade de l'établissement, endommageant le portail et les murs de l'entrée.
Devant les grilles, pas de condamnation. Chez certains lycéens domine une forme d'acceptation de cette violence, ou du moins la conviction que ces dégradations et ces incendies, même s'ils n'en sont pas les auteurs, servent in fine leur cause.
"On est obligés de faire de la merde pour se faire écouter"
Une élève de seconde énumère ses griefs : "On a un manque d'effectifs en termes d'enseignants, de CPE. On a des salles toutes petites, on est plus d'une trentaine par salle, il fait chaud, on transpire tous, les salles puent." Elle pointe aussi le prix de la cantine : "4,55 € le repas, tu multiplies, ça fait 25 € la semaine, c'est super cher."
Ces raisons justifient-elles la violence ? "En soit, non, admet-elle. Mais à la fin, on a manifesté, on ne nous a pas écoutés, rien n'a changé. Nous, on doit niquer un lycée pour se faire comprendre. En fait, on est obligés de faire de la merde pour se faire écouter." Des propos qui n'augurent rien de bon pour la suite du mouvement.
90 lycées attaqués en Auvergne-Rhône-Alpes
Dans la seule région Auvergne-Rhône-Alpes, 90 lycées ont été attaqués depuis le début de la semaine, pour des dégâts estimés entre 25 et 30 millions d'euros.
La région a annoncé préparer le dépôt de 400 plaintes contre des casseurs. Elle entend également supprimer toutes les aides qu'elle leur versait jusqu'ici, notamment pour les transports et la cantine.