Face à la multiplication des blocages et des violences dans les lycées, Ève Vaguerlant estime que la situation dépasse largement le cadre des mouvements lycéens traditionnels. Invitée d"Europe 1 Bonjour, l'essayiste et enseignante affirme que la crise actuelle relève d'un rejet profond de l'institution scolaire et de l'autorité.
Pour Ève Vaguerlant, le parallèle établi par certains observateurs entre les événements de Mai 68 et le blocage des lycées qui dégénère depuis deux jours n'est pas pertinent. "Je pense que c'est bien pire que mai 68", affirme-t-elle au micro d'Alexandre Le Mer. L'enseignante considère que les deux mouvements sont de nature différente. Si elle dit conserver "une distance critique" avec mai 68, elle estime que ce mouvement comportait malgré tout "une dimension libératrice" et "un peu positive". Selon elle, la séquence actuelle s'inscrit dans une logique tout autre.
"Là, c'est de l'hostilité pure, de la haine des institutions, du rejet encore une fois des professeurs, de l'instruction, de tout ce qu'on offre à notre jeunesse", explique-t-elle dans Europe 1 Bonjour. Alors que les blocages touchent désormais de nombreux établissements et que certaines universités commencent à rejoindre le mouvement, l'essayiste juge la situation "extrêmement inquiétante" et "extrêmement grave". Elle n'exclut pas que la contestation prenne encore de l'ampleur à l'échelle nationale, mais considère déjà que les violences observées et le rejet de l'institution scolaire constituent un phénomène plus préoccupant que la référence historique souvent avancée.