Bilan d'un an de télémédecine : le mouvement s'accélère après un décollage tardif

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L'Assurance maladie dresse ce jeudi le bilan du système de téléconsultations, lancé il y a un an. Après des débuts timides, les patients sont de plus en plus nombreux à se laisser convaincre. 

C'était il y a tout juste un an. Le 15 septembre 2018, l'Assurance maladie lançait son système de "téléconsultations" afin de faciliter l'accès aux soins des patients qui habitent loin de leur médecin traitant ou qui peinent à prendre rendez-vous chez un spécialiste. Elle dresse ce jeudi le bilan de cette première année.

Depuis septembre dernier, 60.000 téléconsultations ont été recensées en France. Elles sont remboursées par la Sécurité sociale à condition que le généraliste qui la réalise soit le médecin traitant ou que le spécialiste connaisse le patient. Le chiffre n'a rien de spectaculaire lorsqu'on le compare aux 350 millions de rendez-vous médicaux pris chaque année, mais la dynamique est bonne, dit-on du côté de l'Assurance maladie. En effet, de 2.000 en janvier dernier le nombre de consultations à distance a bondi à 10.000 par mois depuis cet été. 

C'est en Île-de-France que ces médecins nouvelle génération sont le plus nombreux. Les deux tiers d'entres eux sont des généralistes plutôt jeunes, à l'image de leurs patients qui manient sans peine les nouvelles technologies. Parmi les 30.000 personnes qui ont utilisé la téléconsultation depuis septembre 2018, un tiers a moins de 30 ans, et plus de la moitié a moins de 40 ans. 

Un système pas si facile à mettre en place 

Stéphane Pinard exerce à Belle-Île en mer, et fait partie des praticiens connectés. Il tente d'organiser pour ses patients des consultations à distance avec des spécialistes du continent. Mais ce n'est pas toujours facile, explique-t-il au micro d'Europe 1 : "J'aimerais bien mettre en place un dépistage des cancers de peau, mais il fait que je trouve un dermatologue qui accepte de nous consacrer des plages horaires et de s'équiper." Et ce n'est pas tout. "Si j'ai des patients qui viennent devant la station de téléconsultation, il faut que quelqu'un soit présent physiquement, le former..."

Pour accélérer le mouvement, les infirmiers libéraux auront, dès l'année prochaine, droit à un bonus financier pour assister leurs patients, souvent âgés et sans ordinateur, pendant les consultations à distance. Idem pour les pharmaciens qui installeront des cabines de téléconsultations dans leur officine. 

 

Europe 1
Par Eve Roger, édité par Laetitia Drevet