Au moins 100.000 patients ont passé la nuit sur un brancard depuis janvier

Une surcharge des urgences entraîne "une augmentation de la morbi-mortalité de 9% à trois jours", selon la SFMU. Image d'illustration.
Une surcharge des urgences entraîne "une augmentation de la morbi-mortalité de 9% à trois jours", selon la SFMU. Image d'illustration. © PATRICE COPPEE / AFP
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Europe1.fr avec AFP , modifié à
Depuis janvier, un dispositif permet aux urgentistes de répertorier chaque matin le nombre de patients ayant passé la nuit sur un brancard, alors que les syndicats s'inquiètent de la surcharge des urgences. 

Au moins 100.000 patients ont dû passer la nuit sur un brancard dans un service d'urgences depuis début janvier, faute de lits d'hospitalisation disponibles, a estimé mercredi le syndicat Samu-Urgences de France, dénonçant un "scandale sanitaire".

Pour alerter les pouvoirs publics sur le problème de surcharge des urgences, le syndicat a mis en place, depuis le 6 janvier, un dispositif baptisé "No bed challenge", permettant aux urgentistes de répertorier avant 10h chaque matin le nombre de patients ayant passé la nuit sur un brancard.

La surcharge des urgences augmente "la mobi-mortalité de 9% à trois jours". "Environ 150 services d'urgences, sur les 650 existants, ont déclaré régulièrement ces patients", soit un quart des établissements, et au total "36.000 patients" ont à ce jour été comptabilisés, a expliqué le président de Samu-Urgences de France, François Braun, lors d'une conférence de presse au Congrès "Urgences 2018", organisé avec la Société Française de médecine d'urgence (SFMU). Si certains services français "n'ont pas ce problème", "on peut facilement multiplier ce chiffre par trois", et donc estimer qu'au moins "100.000 patients aujourd'hui ont passé la nuit sur un brancard" depuis janvier, a-t-il précisé.

Des études scientifiques ont montré qu'une surcharge des urgences entraîne "une augmentation de la morbi-mortalité de 9% à trois jours, et de plus de 30% pour les patients les plus graves", a déclaré de son côté la présidente de la SFMU, Agnès Ricard-Hibon. 

Le syndicat pointe du doigt, "en amont" des urgences, la "défaillance de la médecine de ville à assurer la continuité des soins" mais aussi, "en aval", l'impossibilité "d'hospitaliser facilement des patients devant la surcharge des services de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), et l'incapacité d'obtenir des lits disponibles".

Congés estivaux et canicule pourraient aggraver la situation. Samu-Urgences de France souhaite aussi mettre en place un indicateur sur les patients "qui auraient pu être pris en charge ailleurs et se sont retrouvés aux urgences", a-t-il conclu, se disant "inquiet" à l'approche de l'été, les périodes de congés et de canicule risquant d'aggraver la situation.