Au Bataclan, quatre ans après les attentats du 13-Novembre, la musique reprend ses droits

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Le 13 novembre 2015, l'attaque contre le Bataclan a fait 90 morts. 2:00
Le 13 novembre 2015, l'attaque contre le Bataclan a fait 90 morts. © Christophe Petit Tesson / POOL / AFP
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Quatre ans après les attentats du 13-Novembre, dont l'attaque au Bataclan à fait 90 morts, la salle renoue peu à peu avec un rythme d'événements semblable à ce qu'elle connaissait avant le concert tragique des Eagles Of Death Metal. 
ENQUÊTE

Le 13 novembre 2015, à 21h40, trois hommes pénètrent dans le théâtre du Bataclan pendant un concert des Eagles Of Death Metal et tirent à vue. L'horreur dure une trentaine de minutes, avant l'intervention des forces de l'ordre. Quatre-vingt-dix personnes vont trouver la mort dans la salle. Une année complète de fermeture, deux autres avec seulement 70 à 80 représentations par an, soit 30% de moins qu'avant le 13-Novembre, avant que peu à peu, événement après événement, la musique commence à reprendre ses droits. 

Les concerts affichent "quasiment toujours complets"

Contrairement aux autres années, une centaine de dates ont été programmées en 2019 au Bataclan, et à chaque fois ou presque "le public est là et pour le coup, tout est quasiment toujours complet", indique au micro d'Europe 1 Florence Jeux, la nouvelle directrice arrivée il y a moins d'un an. "Les gens reviennent et ça, c’est vraiment un constat qu’on fait tous les jours". Sting en 2016, Jean-Louis Aubert qui y enchaîne huit dates ce mois-ci… Beaucoup le disent, il faut faire vivre la salle, vibrer avec la musique, comme le groupe Feu Chatterton qui y a joué l’année dernière pour trois dates : "C’est délicat. Tu as beau te projeter, quand tu te retrouves sur scène, il y a des mots à nous qui raisonnent de manière inattendue et là, tu es saisi d’un frisson particulier. On a essayé aussi par décence de ne pas en faire quelque chose d’opportuniste ou de politique, par respect pour ceux qui ont perdu des gens."

(Re)Jouer au Bataclan, un cap difficile

Mais certains artistes ne souhaitent pas revenir sur le lieu du drame. "Quand les gens ont commencé à refaire des concerts, on m’a proposé de le faire. Mais je n’arrive même pas à marcher devant" la salle, a ainsi confié au micro d'Europe 1 le chanteur suisse Stephan Eicher.

Quant à la programmation de la salle, si elle a en partie changé, Florence Jeux tient à garder l’ADN du Bataclan, très punk et rock. Mais la scène s’ouvre aussi à d’autres formes d’art que les concerts, avec par exemple un festival de danse hip-hop qui a eu lieu en octobre, ou l’enregistrement d’un podcast en public avec le collectif de YouTubeurs pour trentenaires, le Floodcast. L’événement a affiché complet en cinq minutes. L'objectif de cette programmation élargie est aussi de faire venir un public différent.

Europe 1
Par Angèle Chatelier, édité par Ugo Pascolo