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Attentat raciste de Trappes : des hommages aux victimes dans plusieurs villes

Dimitar DILKOFF / AFP [Dimitar DILKOFF / AFP]

Plusieurs rassemblements étaient organisés ce lundi soir partout en France en hommage aux victimes de l'attentat raciste dans les Yvelines, survenu vendredi 23 octobre. Elus et représentants d'associations ont pris la parole lors de ces attroupements.

Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi 26 octobre soir notamment à Lyon, à Marseille et à Paris, en hommage aux victimes de l'attentat raciste de Trappes (Yvelines) vendredi, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Celui qui tue est responsable de son crime, ceux qui banalisent la haine ne peuvent s'exonérer de la leur. Il faut refuser que la haine devienne une opinion comme une autre", a déclaré le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet (Les Écologistes), avant une minute de silence.

Le racisme "conduit des Français à se sentir étranger chez eux. Nous devons lui répondre et répondre à toutes celles et ceux qui vivent avec cette peur : vous êtes ici chez vous votre place dans ce pays ne se discute pas", a poursuivi Grégory Doucet, lors d'un rassemblement devant la mairie.

"Un événement qui nous touche personnellement"

"Depuis le 23 octobre, cette peur" née après l'attentat du Bataclan "prend pour moi une dimension plus intime, celle d'être visée parce que je suis noire", a aussi lancé, dans une prise de parole très applaudie, Agnès Maemblé, représentante du mouvement citoyen "Lyon respirable-faisons PACTE", entourée de deux jeunes femmes brandissant deux pancartes "La négrophobie tue".

"Siamo tutti antifascisti!" ou "la jeunesse emmerde le Front national", a scandé la foule après ce dernier discours, sous une grande banderole "L'extrême droite tue". À Marseille, l'hommage s'est tenu sur le Vieux Port. "C'est un événement qui nous touche personnellement en tant que Noirs, en tant qu'Arabes on se sent complètement concernés, et surtout en tant que Français" explique Awa Kone, mère de famille de 39 ans, venue avec ses enfants.

Au micro, quelqu'un crie sous les applaudissements : "l'assassin a été armé par les groupes médiatico-politiques". "Ce n'est pas possible qu'on continue à avoir des paroles racistes libérées en continu sur les chaînes d'information", reprend Imrane Trocmé, élu local LFI.

Myriam Benahmed, militante antiraciste et décoloniale de 31 ans, rejette la position d'Emmanuel Macron expliquant que "c'est un tournant et une exception. (...). Ce n'est pas la première fois que ça arrive, et on n'en peut plus".

"Important de montrer qu'on est là"

À Paris, derrière des pancartes clamant "Non à la haine de l'autre, oui à la démocratie", plus d'un millier de personnes se sont rassemblées dans le nord de la capitale, en présence notamment du candidat social-démocrate à l'élection présidentielle Raphaël Glucksmann et du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

Membre du Réseau d'actions contre l'antisémitisme et tous les racismes (Raar), Paul Levy, 76 ans, est "là pour dénoncer un assassinat raciste odieux". "C'est très important de se mobiliser surtout quand l'extrême droite est aux portes du pouvoir", a-t-il affirmé.

"La tragédie de Trappes nous a touchés. C'est violent ce qu'il s'est passé. On a l'impression qu'avec l'actualité politique, il y a de plus en plus de tensions. Il faut s'élever contre ça, c'est essentiel. Se mobiliser avant que d'autres cas similaires se produisent", a estimé Dereck Zaté, 32 ans, assistant administratif.

"Avec les élections c'est très important de montrer aux personnes racisées qu'on est là et que si l'extrême droite prend le pouvoir, on ne va pas leur faciliter la tâche", a affirmé Kadiatou Coulibaly, conseillère de Paris, adjointe au maire du 18e arrondissement. Des rassemblements similaires sont organisés dans d'autres villes dans la soirée de lundi.

Kévin T., 39 ans, auteur présumé des faits, a tué une personne, Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine, et en a blessé cinq autres gravement vendredi dans les Yvelines, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, selon une source policière.

L'homme suit un traitement médical pour schizophrénie, selon une source proche de l'enquête, et les analyses sanguines ont révélé la présence de cannabis et cocaïne, d'après le Parquet national antiterroriste.