Dix ans après l'attentat de Nice, Célia Viale, qui a perdu sa mère lors de la tragédie, poursuit son devoir de mémoire tout en menant un combat pour obtenir la vérité sur les failles de sécurité et les défaillances institutionnelles.
À Nice, le 14 juillet incarne désormais la tragédie. Dix ans après l'attentat de la promenade des Anglais qui a fait 86 morts et 458 blessés, une cérémonie est prévue mardi prochain, un moment très important pour Célia. Cette jeune femme a perdu sa mère ce soir du 14 juillet 2016. Elle n'a rien oublié.
"Il y a un devoir de mémoire"
Le 14 juillet 2016, la vie de Célia Vial bascule. Sa mère est tuée dans l'attentat, son père est blessé. Dix ans après, la douleur reste intense : "Moi, mon deuil, je le fais avec moi-même. Ça ne me fait pas spécialement du bien de toute façon d'être aux hommages, honnêtement. Je le fais parce qu'il y a un devoir de mémoire à porter", explique-t-elle au micro d'Europe 1.
Pour ne pas sombrer, Célia s'est réfugiée dans son métier, l'art plastique, et continue à se battre pour connaître toutes les vérités de ce lourd dossier.
Une quête de vérité
Célia regrette la manière dont l'événement est médiatisé et commémoré : "Je regrette qu'on individualise toujours, qu'on aille sur l'émotion. Évidemment il y en a, mais il n'y a pas besoin d'en faire des caisses, on le sait. Revenir tout le temps sur la soirée, et qu'est-ce qu'on a subi, pour toujours dépolitiser le propos".
Selon elle, cette focalisation permet d'éviter les vraies questions et d'empêcher les victimes de parler des entraves institutionnelles qu'elles ont subies comme "l'accès au procès, le remboursement de leurs frais, la vérité sur les prélèvements d'organes, la vérité sur la sécurisation de la soirée", énumère Célia.
Délocalisée à Marseille, l'instruction sur l'organisation du 14 juillet à Nice se poursuit. Des perquisitions ont d'ailleurs récemment été menées dans les locaux de la mairie, de la police et de la préfecture.