Deux arrêtés anti-pesticides validés par la justice : "C'est un soutien à tous les maires ruraux"

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A Gennevilliers, la confirmation par la justice de l'arrêté anti-pesticides pris par le maire a été accueillie avec une grande satisfaction. Comme leur représentant, la majorité des habitants sont opposés à l'utilisation des pesticides dans leur commune. Au point que certains se prennent déjà à rêver que la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise fasse jurisprudence.
REPORTAGE

C'est une grande victoire pour Patrice Leclerc, le maire de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Son arrêté anti-pesticide pris en mai dernier a été confirmé, comme celui de la mairie de Sceaux, par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, ce vendredi, au nom du "danger grave pour les populations exposées" à ces produits. Il s'agit d'une première en France.

"On a pris cet arrêté pour deux raisons", détaille l'édile au micro d'Europe 1. "D’abord à Gennevilliers, les pesticides sont utilisés sur la voie ferrée, et peuvent également être utilisés par les copropriétés dans le cadre de leur entretien. Et puis, il y a une raison politique : c'est un soutien à tous les autres maires en zone rurale qui sont entourés par des champs où il y a un épandage de ces produits qui sont dangereux pour la santé des agriculteurs, et de la population". 

"Pesticides, ça rime avec problèmes de santé !"

Dans cette ville très urbaine, bastion communiste depuis l'après-guerre, le souci écologique semble très présent chez les habitants : il suffit de se promener pour voir que les jardins partagés et bio se multiplient entre les immeubles. Et il suffit de demander aux Gennevillois ce qu'ils en pensent pour en être convaincu. "Les pesticides ? C'est une grosse mauvaise habitude que les agriculteurs ont pris", estime une habitante. "Pesticides, ça rime avec problèmes de santé ! Que les politiques couchent l'interdiction dans une loi, ça nous permet de nous sentir respectés dans nos inquiétudes", confie une autre. "C'est bien, mais ça ne suffit pas ! Il faut aller plus loin", lance encore un homme croisé au détour d'une rue. 

Une longue route vers la jurisprudence

Habitants et maire poussent quasi-unanimement derrière cette interdiction et espèrent même que la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise fera jurisprudence. Mais la route est encore longue : la confirmation de l'arrêté peut être contestée en appel, puis en cassation. D'autant que le 25 octobre dernier, le tribunal administratif de Rennes a annoncé l'annulation de l'arrêté du 18 mai pris par le maire de Langouët, qui interdisait l'usage des pesticides de synthèse à moins de 150 mètres des habitations de cette commune bretonne.

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Ugo Pascolo