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Après un forage prometteur en France, la Belgique mise sur l'hydrogène naturel

Photo d'illustration
[PAUL REID / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP]

Après un forage prometteur mené en Lorraine, la Belgique a annoncé le lancement d’un programme national pour explorer son sous-sol à la recherche d’hydrogène naturel. Le gouvernement a débloqué 1,5 million d’euros pour cette phase exploratoire, espérant confirmer l’extension vers son territoire de réserves potentiellement majeures.

"Un pari". Après un forage prometteur dans l'est de la France, la Belgique a annoncé mobiliser des moyens pour sonder ses sols, à la recherche d'hydrogène naturel, une potentielle source d'énergie décarbonée.

Une prise de conscience accélérée par la découverte française

Le gouvernement belge a accepté lors du dernier conseil des ministres de débloquer 1,5 million d'euros pour lancer un programme national d'exploration, avec une première évaluation attendue dans les deux ans. Des fonds européens pourraient également financer ce projet, selon les autorités belges.

"Il y a dix mois, on me parlait d'hydrogène blanc (naturel) comme d'une chimère. Aujourd'hui, c'est une opportunité stratégique que nous devons explorer avec prudence certes mais aussi méthode et ambition", revendique le ministre Jean-Luc Crucke, chargé de la mobilité et du climat.

"La découverte récente en France d'un gigantesque réservoir naturel - estimé à 34 millions de tonnes, soit l'équivalent de 14 années de consommation électrique de la Belgique - a accéléré la prise de conscience des potentialités de l'hydrogène blanc", souligne encore le gouvernement fédéral dans un communiqué reçu lundi.

Un espoir énergétique, des interrogations environnementales

La décision des autorités belges intervient à la suite d'un forage ayant confirmé la "présence importante" d'hydrogène naturel dans le sous-sol de la Lorraine, région français frontalière de la Belgique, selon l'entreprise qui mène ces recherches. C'est à Pontpierre, village de 800 habitants situé en Moselle à une quarantaine de kilomètres de Metz, qu'a été érigée, cet hiver, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d'Autriche, pour creuser à 3.655 mètres de profondeur.

L'hydrogène naturel dissous, aussi appelé hydrogène blanc ou natif, est présent naturellement dans les eaux souterraines du bassin lorrain, selon des chercheurs, qui y voient potentiellement "la plus grosse réserve d'hydrogène naturel au monde". La Belgique espère que cette réserve s'étend dans son sous-sol.

L'hydrogène natif se forme naturellement, via des réactions chimiques, entre l'eau et des minéraux par exemple.

Il suscite un intérêt grandissant pour la décarbonation de l'industrie et des transports, alors que l'hydrogène dit "gris" est produit à partir d'énergies fossiles et que l'hydrogène dit "vert", fabriqué à partir d'électricité renouvelable, est onéreux à produire.